Vous avez peut-être raté… Shinrei Jusatsushi Taromaru (Saturn)

Derrière ce nom imprononçable pour nous, pauvres non-nippons, se cache un des jeux les plus rares et les plus chers de la Sega Saturn. Souvent traduit par Psychic Killer Taromaru, le jeu a été édité par Time Warner Interactive en 1997. Et malgré son anonymat en dehors de certaines communautés de fans, il y a beaucoup à raconter.

Des fois que vous tombiez dessus… par hasard…

 

Comme quoi, par exemple ?

Et bien, en fait, tout ce qui concerne ce jeu est unique.
Pour commencer, il s’agit d’un des rares jeux (avec Virtua Racing Saturn) a avoir été créé par la branche japonaise de Time Warner Interactive. Et quand on voit les autres titres édités par cette société (Rise of the Robots, Primal Rage, Return Fire,…), on comprend mieux le statut d’exception de SJT. D’ailleurs, comme la bougie qui brille plus intensément avant de s’éteindre, Time Warner Interactive a sorti le jeu juste avant de fermer définitivement.

D’ailleurs, c’est probablement pour cela que seulement 7500 exemplaires ont été édités : histoire de limiter les frais. Ce qui nous donne donc un jeu rare à trouver.
Autre singularité, un des designers est Hiroshi Iuchi. Ce nom ne vous dit probablement pas grand chose, mais il s’agit tout de même d’un ancien de Treasure. Société connue pour la qualité de ces jeux d’action (Gunstar Heroes, Alien Soldier,…), ses méthodes ne conviennent plus à Iuchi qui la quitte en 1995. A la suite de son départ, il ne participera qu’à un seul jeu avant de revenir chez Treasure. Vous l’avez deviné, ce jeu c’est SJT !
Alors, a-t-il posé une bombe avant de retourner au bercail ? Son talent était-il trop lourd à porter pour Time Warner ?

Plus sérieusement, ce qui est sûr, c’est que cet aparté lui aura été bénéfique, puisque par la suite, il participera à tous les hits de Treasure, comme Radiant Silvergun, Sin and Punishment ou Ikaruga.
Pour résumer, nous avons donc affaire à un jeu qui ressemble à du Treasure, édité par un studio dont c’est la seule pépite et qui a fermé juste après la publication d’un petit nombre d’exemplaires. Toute cette rareté continue de faire monter le prix du jeu en flèche. A titre indicatif, un SJT se trouve aujourd’hui aux environs de 1000$. Et si en plus de ça, c’est un bon jeu…

 

Et il est bon ou pas ?

Très bon. Ou en tout cas très bon dans son genre.
Il s’agit d’un jeu d’action à scrolling horizontal en 2D. Ou plutôt en 2.5D, puisque les sprites 2D évoluent dans des éléments de décors en 3D.Pour les gros bourrins, ça veut dire que t’avances et tu tues les ennemis. Oui voilà : comme dans Streets of Rage ou Double Dragon. Sauf que là, vous avez le choix entre le ninja Taromaru et le bonze Enkai. Dans les deux cas, vous devrez utiliser vos pouvoirs pour vaincre les monstres et les démons qui ravagent le Japon féodal.

Et comme l’indique le nom du jeu, vos armes seront vos pouvoirs psychiques. Dans la grande tradition des jeux Treasure (même si ce n’en est pas un), SJT propose un gameplay atypique. Ici, au lieu de bêtement balancer vos shurikens, vous disposez d’un réticule de visée qui cible automatiquement l’ennemi le plus proche. Une fois locké, vous pouvez lui assener un bon éclair en travers la gueule.
A la manière d’un R-Type, vous disposez également d’un tir chargé pour infliger plus de dégâts d’un coup. Un autre de vos pouvoirs consiste à hypnotiser un ennemi pour qu’il se batte à vos côtés. Mais bon, il faut avouer que de tous vos pouvoirs, celui-ci est le moins intéressant…

En réalité, la plus grande subtilité du gameplay est l’utilisation de votre aura. Un bouton du pad permet de déclencher pendant un court instant, autour de votre personnage, une aura d’invincibilité. Ça n’a l’air de rien, mais une fois maitrisée, cette feature change complètement votre façon de jouer.

Pour le reste, on est dans un jeu d’arcade ultra-classique. On court, on tire, on esquive, on passe au niveau suivant.
A ce propos, une autre originalité de SJT est de ne pas couper le déroulement du jeu en stages distincts. Quand vous battez un boss, vous continuez d’avancer, sans transition, ni carte, ni cinématique. C’est peut-être un détail, mais ça apporte un plus au dynamisme du jeu.

Et les défauts ?

Le premier est la difficulté induite par la maniabilité. Celle-ci étant plutôt originale, il faut un temps d’adaptation pour jouer correctement. Du coup, certains passages deviennent vraiment compliqués. Par exemple, comme vous ne contrôlez pas le réticule, il se peut qu’il ne vise pas l’ennemi que vous souhaitez éliminer. Et quand vous êtes dans une mêlée, ça devient vite ingérable !
Le deuxième défaut est la durée de vie. Alors certes, les jeux typés arcade ne sont pas réputés pour leur longueur, mais une fois le jeu maitrisé, vous pourrez le terminer en une demi-heure environ. Vu le prix d’achat, ça fait cher la minute ! Mais bon, d’un autre côté, la replay value de ce genre de titre est toujours énorme, vu qu’on y rejour régulièrement avec beaucoup de plaisir.

La technique constitue un autre problème, bien qu’il soit mineur. La Saturn ne fait pas des étincelles et les graphismes comme l’animation ne sont pas au top. Et même si la machine a toujours été difficile à dompter, on sent que la marge de progression n’a pas été exploitée.
Et bien sûr, pour terminer, le défaut majeur : le prix ! En admettant que vous tombiez sur une super affaire, ça vous coûtera quand même quelques centaines d’euros. Il faut donc être un gros collectionneur… ou tricher. Pour cela, vous avez deux solutions : trafiquer votre console pour qu’elle lise les jeux gravés ou passer par un émulateur.
Personnellement, j’ai fait mon choix… et ça fait 3 mois que je mange des pâtes.

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