J’ai rejoué à… Colony Wars (PS)

Bienvenue dans le futur !
Nous sommes au 41ème siècle et la Terre telle que nous la connaissons s’apprête à faire un bond en avant.

En effet, c’est à cette époque (le 20ème siècle, pas le 41ème ) que Psygnosis, société phare et productive des années 90, décide d’attribuer au genre humain la création du passage intergalactique, du moteur à téléportation, et – plus près de nous – de la prolifération d’un virus bien connu propre à gangréner et embraser tout l’univers : NOUS !
Je vais donc vous parler de ma passion pour la trilogie Colony Wars, l’un d’un premier space opera digne de ce nom sur Playstation. Nous somme en 1997.

LE CONTEXTE

Tandis que l’homme colonise à outrance et pille sans aucune considération les ressources de l’univers, la Terre s’est auto-proclamée Empire Terre. Survient alors une bribe de soulèvement par des gens aspirant, le pense-t-on, à changer l’état d’esprit de cet empire devenu dictature. Souvent renvoyée dans ses buts, la révolte ne fit que grossir pour finalement se doter d’un arsenal conséquent jusqu’au moment crucial de l’histoire : la bataille de Bennay. Ce fut la première victoire laissant espérer un avenir plus radieux, où les biches et les faons s’amuseraient dans la neige tandis que Panpan parlerait de ses copines à M. Hibou (mais je m’égare, j’y reviendrai plus tard). Et c’est là que nous entrons en jeu, recruté comme pilote dans cette opposition qui se nomme désormais Ligue des Mondes Libres.

LE CONTENU

Je ne vous parlerai pas plus du scénario car c’est un peu compliqué et mieux vaut le vivre directement. Mais c’est surtout que nous sommes ici devant un précurseur du genre : le space opera à embranchements multiples. Et lorsque l’on aborde le multiple, Dieu seul sait (moi en l’occurrence) que nombre de titres s’y sont brisé les dents, la mâchoire et les os du corps avec. Dans un autre genre, prenez Deus Ex Human Revolution et dites-vous qu’à côté de Colony Wars, il ferait pâle figure tant il est linéaire. Mais cela n’en reste pas moins un excellent jeu que j’apprécie particulièrement, seulement les choix et résultats de missions dans Colony Wars seront d’autant plus importants qu’ils influenceront directement le déroulement du prochain chapitre, qui sera totalement différent et sans possibilité de retour en arrière.
Pour imager le scénario, imaginez un arbre généalogique et vous aurez une bonne approche de ce qu’est le jeu… rayer la dernière, nous sommes sur du rétro gaming alors imaginez-vous devant l’écran de fin d’Out Run et vous aurez une bonne image de la complexité du jeu en imaginant que c’est bien plus complexe qu’Out Run.

CW vengeance
Là où le premier épisode de la trilogie frappe fort, cest qu’il intègre une base de données sans précédent pour un jeu Playstation, non seulement en version texte affiché à l’écran mais également en version audio et en français ! Et quelle base : vaisseaux (ami et ennemis), géo-politique et militaire de chaque système solaire, de chaque planète et même de chaque satellite. Autant dire une encyclopédie complète d’un monde créé de toute pièce ou presque. Jusque-là seul le PC pouvait se targuer de proposer un tel échantillon de possibilité et un tel univers (Chris Roberts si tu nous regardes… ouiiiiiii je suis entrain de parler de Wing Commander bande d’ignorants néophytes).
Autre chose intéressante augmentant l’aspect tactique du jeu,  la nécessité de détruire les boucliers de l’ennemi à l’aide d’armes spécifiques avant de pouvoir causer des dommages à son intégrité via des armes plus létales et impressionnantes. Mine de rien, couplé à un radar 3D digne de ce nom et une vue cockpit immersive, le jeu était transcendé pour les consoleux de l’époque.
Et il fallait bien évidemment une difficulté aux petits oignons… non… aux petits lardons (ça évitera à plus d’un de pleurer) pour que ces embranchements multiples offrent un vrai challenge, ce qui fut aussi le cas pour chacun des trois épisodes. Vous allez me dire « il ne parle que des points forts et/ou positifs de la saga… » et bien non car meilleur on est et plus vite on cherchera les failles… et il y en avait malheureusement…

LES FAILLES

Commençons par cette chose dérangeante : les ralentissements.
Rappelons que le premier opus fut le seul de la saga à tenir sur deux CD et que si la console permettait des résolutions allant de 256×224 à 640×480 pixels, Psygnosis opta pour cette dernière et tant mieux pour nous !
Donc si les ralentissements étaient rares sur le premier opus en 1997, le second volet (1998) dénommé Vengeance fut un peu plus suspect par moment, tant est si bien que même si cela pouvait encore passer et être mis sur le dos de la gourmandise de la console, il n’en restait pas moins qu’un CD avait disparu et qu’il n’y avait plus de base de données aussi fournie, que ce soit textuelle ou auditive…
Le pardon s’éloignait de plus en plus… ce que le troisième opus (2000) confirma avec une animation à la ramasse. Mais attention ! Le tout restait tout de même jouable, et ils n’en demeuraient pas moins de très bons jeux.
Le second opus introduisit nombre de nouveautés et d’améliorations attendues par les joueurs, comme la notion d’upgrade de vaisseaux (par un système de roues colorées à plusieurs niveaux), des graphismes et des textures plus travaillés ou encore la possibilité de survoler le sol des planètes. Bien qu’anecdotiques, ces passages n’en demeurent pas moins épiques (surtout face à de gigantesques araignées robotisées), mais lors de ces phases terrestres, le clipping était en deçà de ce à quoi l’on pouvait s’attendre sur Playstation.
A titre de comparaison, regarder tourner Virtua Racing sur Megadrive, c’est un peu mieux que ça mais pas trop.

CW red sun

THE END

Le troisième épisode permit de clôturer la saga de fort belle manière, malgré les aspects négatifs (mais je chipote) cités plus haut. A noter un boss de fin de jeu plutôt original pour l’époque, assez conséquent et compliqué à abattre. Je ne vous ai clairement et volontairement pas parlé d’autres points positifs concernant ces trois épisodes car il faut bien comprendre qu’à l’époque, pour un joueur qui comme moi n’était qu’un consoleux exclusif, découvrir Colony Wars fut une claque, non seulement visuelle malgré les pixels, mais également en termes de sensations, avec un sentiment de liberté quand on volait dans toutes les directions, de petitesse face à cet univers et ses vaisseaux démesurés, une jouissance non dissimulée (et cela n’a rien de sexuel) devant chaque explosion parsemée de centaines de paillettes scintillantes, mais aussi une claque sonore, avec de grandes compositions classiques placées aux bons moments, des bruits de lasers et autres tous dignes des meilleurs films S-F.

Comment le petit gamer que j’étais pouvait résister à tant de déballage ? Et finalement, que dire devant les cinématiques ? Rien, juste se taire et baver.
Vous l’aurez compris, l’heure de la rébellion a sonné de nouveau. Je dois vous abandonner afin de préserver l’univers et votre liberté : je repars de ce pas dans mon vaisseau, combattre l’ennemi après un énième visionnage de la maman de Bambi se faisant abattre, car oui, un tel crime ne peut rester impuni (je vous avais prévenu).


4 commentaires

  1. Setzer octobre 16, 2014 9:11   Répondre

    Ce serait pas un peu l’ancêtre de Mass Effect ?
    Sinon ça fait toujours plaisir d’accueillir un nouveau chroniqueur et une nouvelle rubrique !
    (bien que tout ça soit bien loin de mon niveau d’excellence, mais je ne peux pas vous en vouloir d’essayer, mortels…)

  2. Freddy Faisy octobre 16, 2014 9:34   Répondre

    Lettre ouverte à Setzer :
    Bonjour à toi, « Dieu Alcasetzer », tout d’abord saches que j’apprécie qu’entité de l’Ether ose descendre parler et juger le simple mortel que je suis, ton niveau d’excellence n’a d’égal que la vanité fourbe et perfide qui te caractérise en tant que Dieu. Je ne m’offusquerai donc pas de tant d’aplomb mesquin à louvoyer les flancs de mon écriture dans cette tendre et courte diatribe. Je ne m’offusquerai pas non plus de ces molles parenthèses, semblant de réflexions et comparaisons, à notre encontre. Je ne peut que m’incliner devant ta suprématie, oui cette suprématie de l’arrogance divine que je dédaigne d’un coup net et précis à la base de ton effervescence de petit cachet acide acétylsalicylique.
    Cordialement, votre obligé.
    😉
    Bon sinon plus sérieusement, j’ai hésité à mettre mass effect en comparaison mais au final il n’y a pas de phase terrestre dans Colony wars, au sens de Third person shooter. On débute toujours par l’écran de sélection des vaisseaux, puis un superbe temps de chargement comblé par une scène de sortie de hangar/port stellaire/porte inter-spatiale de son propre vaisseau.
    Merci pour l’accueil en tout cas ^_^
    Signé : votre Dieu à tous (le seul et l’unique)

  3. Setzer octobre 19, 2014 5:46   Répondre

    Pffff… pourquoi, de toutes ces formes de vie inférieures, j’attire toujours les plus bavardes… 😉

    Effectivement, Freddy, je ne pense pas que la puissance de la PS aurait pu offrir des phase de TPS (ou alors sur 12 CD !). Mais au niveau de l’esprit du jeu, ça ressemble bien à du ME.
    Du coup, j’ai bien envie de me le dégoter et de l’essayer…

  4. Freddy Faisy octobre 19, 2014 7:39   Répondre

    Tout à fait. J’ai la trilogie chez moi sur PSone. Lavantage, je peux y jouer sur la PS2 ou avec émulateur sur PC. L’autre avantage, il n’y a aucune difficulté à trouver les ISOs de nos jours sur le net mais on en trouve encore pas mal à la revente sur le net et dans certains magasins type EASYCASH (c’est comme ça que par un heureux hasard j’avais re-dégoté les deux kingdom hearts et plus récemment Ace Combat the Belkan war).

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