Souvenir et référence de l’espace – Laurent

Il y a des moments où tu te dis: « si je ne fais rien, je vais le regretter« … Et ce mois-ci, c’est LE moment pour moi de partager ma passion pour l’espace. Je me souviens bien de ce jour de 1982 où un ami de mes parents m’a offert un livre sur la conquête spatiale, narrant les exploits russes et américains dans la course aux étoiles des années 60 et 70 (Jean-Paul, si tu lis ce texte, encore merci).
Biberonné aux succès cinématographiques des années 80 (Blade Runner, E.T., La Guerre des Etoiles), j’ai basculé corps et âme dans la S.F. et, grâce aux jeux vidéo, j’ai pu être combattant, explorateur, space marine et continuer à vivre mes aventures dans la peau de Jim Raynor ou d’un chevalier Jedi.

Mon souvenir : Epic

A la toute fin des années 80, les magazines de jeux vidéo (Joystick, Tilt, Gen 4) présentent le jeu ultime pour les fans de S.F : Epic.

L'intro d'Epic, mélange de 3D et d'images fixes

L’intro d’Epic, mélange de 3D et d’images fixes

Si les 16/32 bits enfoncent les stars de la génération précédente (C64, Amstrad CPC…), elles manquent encore de puissance pour afficher des jeux 3D de qualité, c’est-à-dire riches visuellement et dotés d’une animation fluide et rapide. Il faut être très calé en maths et en programmation pour créer un moteur 3D très efficace. Et ça tombe bien, Phil Allsopp et Russ Payne, développeurs de génie du studio Digital Image Design entrent dans cette catégorie.

Tout le monde avait été impressionné par le « simulateur » (je mets des guillemets car le côté ludique était bien plus marqué que le côté simulation) F-29 Retaliator. On n’avait jamais vu ça sur Atari ST et Amiga.
Alors quand Epic est annoncé, en 90, tout le monde bave d’envie devant les photos d’écrans. Le moteur de F-29 a été amélioré, les animations sont annoncées comme exceptionnelles, et le jeu est présenté comme étant GoldRunner 3D, une version 3D d’un des plus célèbres shoot’em up de l’Atari ST.

Ok, ca fait dépouillé, mais c'était sublime à l'époque

Ok, ca fait dépouillé, mais c’était sublime à l’époque

Au fil du temps, le jeu évolue pour s’appeler EPIC. On passe d’un jeu de tir à un jeu plus sophistique, avec une histoire plus riche, des scènes cinématiques, bref on tient LE space opera qu’on attendait.

Les mois passent, le jeu est « pour bientôt ». En 90, sort la bombe Wing Commander (voir ci-dessous), mais pour PC seulement (et pas le PC de monsieur-tout-le-monde, il fallait une bête de course hors de prix). Pas grave, on attend, on note les références à nos séries et films cultes (Star Wars bien sûr, mais aussi Star Trek ou Galactica). On remarque que, pour la première fois dans un jeu 3D, les objets sphériques sont REELLEMENT sphériques.

Et on patiente encore deux ans pour qu’enfin, début 92 le jeu sorte ! Les notes des magazines sont stratosphériques : 19/20 dans Tilt, 93% dans Gen 4. Les enfants, ca va déchirer !

On met frénétiquement la première disquette, on allume l’Atari ST, et l’intro nous fait pleurer de bonheur. C’est beau, c’est animé, la musique symphonique nous rappelle les odyssées cinématographiques des salles obscures.
On se lance, le tableau de bord est sobre et fonctionnel, l’animation est super fluide. Génial ! Et là, le drame… Quand le nombre d’objets à l’écran augmente, l’animation ralentit, saccade et la maniabilité devient très moyenne, jusqu’à ce qu’on se rapproche du vaisseau ennemi, car le nombre d’objets visibles diminue, et forcément ca se remet à aller vite et à être fluide. Déroutant… Il faut un peu s’accrocher pour maîtriser l’engin, mais on y arrive.

Bon là ca va vite, mais quand il y du monde, çà rame (snifff)

Bon là ca va vite, mais quand il y du monde, çà rame (snifff)

Les missions s’enchainent, entre combats dans l’espace (plutôt longs car il faut détruire vraiment beaucoup d’ennemis) et missions sur des planètes (très courtes car l’espace de jeu est très réduit). Sachez que je ne suis pas un joueur très talentueux ni très expérimenté, mais j’ai bouclé le jeu en 4 heures… Oui 4 heures seulement, car les missions, non contentes d’être répétitives, sont en nombre très limité 🙁

Bref, Epic est un souvenir frustrant: beaucoup d’attente, une présentation excellente mais un gameplay trop limité… Dommage !

Référence : Wing Commander

A l’automne 1990 un mètre-étalon de la simulation de combat spatial sort sur PC. Ces machines, chères à l’époque, visaient un public plus adulte, et comptaient d’excellent jeux de rôles ou de simulation. Wing Commander, lui, montrait que le PC pouvait faire tourner d’excellents jeux d’action. Sobrement sous-titré « The 3-D Space Combat Simulator« , c’est le premier jeu à mériter ce titre. Il offrait des graphismes incroyables (en 3D texturée), une immersion totale dans un univers très crédible (quoique très pompé sur Star Trek et Star Wars), des cinématiques agréables, des musiques qui variaient en fonction de l’action et surtout un gameplay démentiel. Le jeu était très maniable, les missions riches et variées, bref on se sentait vraiment l’âme d’un pilote de chasseur galactique.

Wing Commander 1:Du jamais vu

Wing Commander 1:Du jamais vu

Si Wing Commander est une référence pour moi, c’est aussi grâce à ses suites et dérivés. Wing Commander II : Vengeance of the Kilrathi était excellent, même s’il n’apportait pas grand chose de neuf. Wing Commander 3 : Heart of the Tiger fut l’un des premiers jeux à proposer du contenu intéressant sur CD, avec de nombreuses séquences filmées qui apportaient beaucoup au scénario. De plus, ces scènes avaient la bonne idée d’être jouées par des acteurs célèbres : Malcom McDowell, John Rhys-Davies et, bien sûr, Mark « Luke » Hamill. Hélas, Wing Commander IV poussa plus loin les curseurs côté séquences filmées (avec des décors réels et non plus des images de synthèse) mais sans innover côté gameplay. Les mauvaises langues diront qu’on jouait pour voir la fin du film… Côté dérivé, citons l’excellent Privateer, plutôt orienté aventure.

Les Kilrathis de Wing Commander 2 (les méchants, donc)

Les Kilrathis de Wing Commander 2 (les méchants, donc)

Les décors en image de synthèse, ca pique un peu quand même (Wing Commander III)

Les décors en image de synthèse, ca pique un peu quand même (Wing Commander III)

Mon dieu que c'était beau (Wing Commander IV)

Mon dieu que c’était beau (Wing Commander IV)

Enfin, preuve que la saga n’est pas terminée, cette année devrait voir sortir le demi-frère de Wing Commander, j’ai nommé Star Citizen… avec Chris Roberts à la manœuvre !


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