Souvenir & Référence de Baston – Julien

Référence

La première fois laisse toujours un souvenir impérissable, et c’est ce qu’a fait Street Fighter II Turbo.

La Super Nintendo vient d’investir le salon familial, quoi de mieux qu’un jeu de baston comme Street Fighter II Turbo pour l’honorer ? Il y a dès lors quelque chose de totalement subjectif à parler de ce jeu qui m’a fourni des sensations qu’aucun autre du genre n’a su me procurer. Un jeu qui rendit pour toute une génération le hadoken aussi célèbre que le kaméhaméha.

Si j’ai, désormais, bien du mal à retenir le nom des personnages des jeux auquel je joue (Trevor, Michael et ??? Antigueille !), je peux citer sans mal les combattants de Street Fighter II Turbo, leur nationalité et l’on me mettrait une manette de Super Nintendo en mains, je n’aurais aucun problème à sortir les coups spéciaux de chacun d’entre eux.

De gauche à droite : Ryu, Honda, Blanka, Guile, Balrog, Vega, Ken, Chun LI, Zanghief, Dhalsim, Sagat et Bison. Certes, y'en a moins que chez les Pokémon.

De gauche à droite : Ryu, Honda, Blanka, Guile, Balrog, Vega, Ken, Chun LI, Zangief, Dhalsim, Sagat et Bison. Certes, y’en a moins que chez les Pokémon.

Le pouce gauche encore endolori à force de quarts de tour frénétiques, je découvris à l’époque une pratique odieuse encore largement répandue. Plutôt que de sortir un vrai nouveau jeu, autant ressortir le même agrémenté de quelques nouveautés. C’est ainsi que j’appris que Capcom sortait un « Super » Street Fighter II… J’ignorais que je bénéficiais moi même d’une version « Turbo » me permettant de jouer les quatre boss.

Soudainement devenu obsolète, mon Street Fighter II Turbo vit la concurrence d’autres jeux arriver, au fil des anniversaires et des Noëls. Mais il restera pour moi la référence du versus fighting.

La vorace Blanka s'attaque à Ryu dans sa jungle brésilienne.

La vorace Blanka s’attaque à Ryu dans la jungle brésilienne.


Souvenir

Eté 1996, Valras plage. La mer Méditerranée, la plage, le sable qui, emporté par le vent, fouette les mollets, le soleil, le musée du jouet et… la borne d’arcade du camping.

Ayant eu au domicile familial une console de salon très jeune, ou du moins bien avant d’avoir l’autorisation parentale de m’échapper pour trouver ailleurs une activité vidéoludique, la période des bornes d’arcade m’est assez étrangère.

Pourtant, alors que les plaisirs estivaux s’enchainent, je découvre la borne d’arcade Fatal Fury : King of Fighters dans la salle de jeux du camping, près du baby-foot, m’attirant irrémédiablement. Je sollicite ma mère pour glaner les dix francs nécessaires, mais me fait éconduire. Qu’importe, il y a trois semaines de vacances pour la convaincre. Sinon, la plage est à deux pas et je pourrai y faire un nouveau château de sable.

Le temps passe et, un poil lassé de cette mer qui ne monte ni ne descend, je tanne ma mère pour obtenir le pécule convoité, d’autant que j’ai dégoté un ami éphémère qui ferait un partenaire idéal pour un jeu de baston.

L'objet convoité...

L’objet convoité…

Les derniers jours de vacances approchent et… enfin ! Ma mère cède, ou peut-être valorise-t-elle simplement ma ténacité. Je galope vers la salle de jeux, dix francs en poche, prêt à nourrir la borne avide de monnaie, qui fait défiler sans arrêt des images de démonstration pour appâter les amateurs de pixels.  Je ramène mon copain temporaire et c’est parti !

Je perds la première confrontation, mais toujours plein d’enthousiasme, j’enchaîne sur… une nouvelle défaite. Puis une troisième. Bon, je change de personnage pour renverser la situation : rien n’y fait. Je suggère à mon camarade de lui, changer de perso et… Ho non, il repend le même et ajoute une énième victoire à sa série… Pire, plus les oppositions s’enchaînent, plus j’ai l’impression de prendre des branlées… C’est là qu’un garçon plus âgé s’approche et, après avoir observé une nouvelle victoire de mon pote – devenu pour moi plutôt agaçant en l’espace de dix minutes – me dit sobrement :

« – C’est normal que tu perdes, tu joues contre l’ordinateur.
– Ben non, c’est juste que mon pote est trop fort. »

Se tournant alors vers mon camarade :

« – Tiens, n’appuie sur rien pour voir. »

Et là, incroyable, son personnage continue de bouger ! Hum… et il est bigrement doué en plus. Face à ma stupéfaction, le garçon avisé prend les commandes et commence à rivaliser avec le combattant autonome… Je réalise ma méprise et n’ose même pas déloger celui qui vient de prendre ma place, s’appropriant, quelque part, les sous durement obtenus. La sensation de honte m’accable un peu et, pour me consoler, signale à mon compagnon d’infortune que jamais il ne m’aurait battu si c’eut été lui qui jouait…

Bien sûr, j’ai dit à ma mère, avec une certaine amertume, que j’avais passé un super moment. Il s’agissait d’une de ces fois où j’ai beaucoup grandi en peu de temps.

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