Souvenir et Référence PC-Engine – Setzer

Souvenir : le Marché aux Puces

Quand j’avais 10-12 ans, mon père et moi allions régulièrement au grand Marché aux Puces de Marseille, le dimanche. Nous nous levions tôt et nous arpentions toutes les allées. Nous avions tellement nos habitudes que nous nous étions créé une sorte de circuit que nous reproduisions inlassablement.

Moi, ce que je cherchais, c’était des jeux vidéo pas cher. Je ne savais pas comment ça se passait dans le reste de la France, mais à l’époque, aux Puces de Marseille, il y avait beaucoup de « marchandises tombées du camion« . Peut-être qu’aujourd’hui, les portes des remorques ferment mieux…
Quoi qu’il en soit, par un beau dimanche ensoleillé (Hé ! c’est Marseilleuh !), un vendeur de cartouches NES nous dit :

« Si vous voulez, j’ai d’autres jeux vidéo »

Règle n°1 : ne pas paraître trop intéressé. Mon père lui répond donc, tranquillement :

« Oui, allez, faites voir… »

Et là, la gars sort une PC Engine GT
Difficilement, j’ai réussi à appliquer la règle n°1. Mais bon, il fallait la jouer cool, même si j’étais intérieurement en fusion. Mon père, lui, savait parfaitement ce que c’était. Dans ces années-là, bien avant l’arrivée de la 3D, il lisait mes magazines et avait repéré la GT. Je me demande même s’il ne la voulait pas plus que moi…

Finalement, après quelques palabres, mon père a acheté la console avec une dizaine de jeux pour 1500FF, soit environ moitié prix. Et croyez-moi, j’ai largement amorti la somme investie ! J’ai joué, joué et joué encore, pendant des dizaines, des centaines d’heure. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est ce moment d’adrénaline au détour d’un stand. Ce sensation d’avoir trouvé un trésor, ce sentiment de triomphe en le ramenant à la maison. Quand je pense à la tristesse des vide-greniers d’aujourd’hui, je me demande ce qu’il en est des Puces de Marseille

Référence : Toy Shop Boys

En rapport direct avec mon souvenir, laissez-moi vous parler de Toy Shop Boys. C’est un jeu qui faisait justement partie du lot acheté aux Puces.
Il s’agit d’un shoot’em up dans  lequel votre « vaisseau » est en fait trois jeunes garçons a qui on a volé leurs jouets. Pour les récupérer, il fallait traverser quelques niveaux et descendre beaucoup de petites voitures, de robots et d’ours en peluche !

Le système de jeu était vraiment génial ! En effet, vous pouviez à tout moment switcher entre les trois garçons pour changer d’armes. Le premier avait un tir classique, droit et puissant. Le deuxième tirait des boomerangs faibles mais à tête chercheuse. Quant au troisième, il faisait tournoyer une sorte de protection autour du trio. Et avec quelques upgrades, l’écran pouvait vite se retrouver rempli de projectiles colorés et d’explosions.

Avant d’y jouer, tout ce que je connaissais, c’était la NES et le Commodore 64. Bien sûr, il s’agissait de très bonnes machines qui m’ont régalé pendant des années. Mais là, la PC-Engine proposait quelque chose de coloré, de fluide, avec une musique entrainante. Et puis peut-être qu’à mon âge, j’étais encore un peu gamin et que ce monde imaginaire m’a transporté là où Salamander et Bombjack n’aurait jamais pu aller.

Aujourd’hui encore, c’est un automatisme. Quand, à Gamebox, nous avons évoqué le thème de la PC-Engine, j’ai immédiatement eu en tête cette musique aussi niaise qu’entrainante. Je me suis tout de suite revu, avec ma casquette rayée, dire à Gamma qu’il n’aurait jamais mes jouets !

 

 

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