Histoire de boules et cinématiques

(Grande inspiration… HOP, ça démarre)

Souvenir

8 bits, 16 bits, on le sait tous, ce n’est pas la taille qui compte mais la manière dont on s’en sert. L’important c’est le concept et la qualité, l’efficience avec laquelle tout est mis en place. Preuve en est, à notre époque, le nombre de jeux vides d’âme qui camouflent la médiocrité de leur concept à grand renfort de 3D flamboyante, d’effets spéciaux en tout genre, de durée de vie artificiellement allongée, mais il n’y a pas que du mauvais, loin de là.

Le problème avec ces jeux que l’on classe désormais au rang de rétro, plus de par la technologie qui leur donne vie que par le concept, le scénario ou encore la mise en scène, c’est que j’en ai tout un tas de souvenirs et me contenter d’un seul ne serait pas représentatif. Il y a eu tous ces jeux en arcade, tous ces jeux toutes consoles confondues. Mais aussi loin que remontent mes souvenirs, tout avait débuté avec un flipper. Je vais donc faire une mini entorse et prendre le risque de me faire renvoyer et passer à tabac par le rédac’chef et le chef lui-même en faisant barrage à mon corps défendant contre la suprématie totalitariste du sujet du mois (Aïe ! ils me frappent déjà) et vous parler de mes deux souvenirs, le premier entrainant le second.

  • Le flipper Kiss :
Kiss... plus qu'une pub Coca-Cola, plus qu'un groupe : un flipper !

Kiss… plus qu’une pub Coca-Cola, plus qu’un groupe : un flipper !

Jim Patla, ce nom ne vous dira peut-être rien mais derrière lui se cache l’un des concepteur/designer de flippers parmi les plus anciens et les plus réputés. Il débuta dans les années 60 chez Bally, LA grande marque de flipper de l’époque (avec Williams évidemment; Williams Electronics Games pour être précis). Prenant ses marques sous la tutelle de Ted Zale (à ne pas confondre avec un boxeur ayant existé du nom de Tony Zale, parfois surnommé Thade ou Ted), il fut parmi les plus prolifiques créateur de flippers tel Mata Hari ou encore l’adaptation de Space invaders en flipper.

Jim Patla à gauche et Paul Faris à droite. Ce dernier s'est entre autre occupé de l'artwork sur l'adaptation en flipper de Retour vers le futur... Nom de Zeus !

Jim Patla à gauche et Paul Faris à droite lors de la Pinball Expo 2011 dans l’état d’Illinois aux USA. Ce dernier s’est entre autre occupé de l’artwork en 1990 sur l’adaptation en flipper de Retour vers le futur… Nom de Zeus !

Le flipper Kiss était très basique avec la traditionnelle tirette pour la rampe de lancement et seulement quatre bumpers au centre de la table, agrémentée par quelques « targets » sur les côté. Rien d’exceptionnel donc et pourtant ce fut sans doute le flipper sur lequel je passais le plus de temps lors de ma jeunesse. J’avais la chance d’avoir des parents aimant la bonne bouffe et se faire plaisir lorsqu’ils pouvaient se le permettre (donc pas souvent). Mais les fois où c’était le cas, c’était la majeur partie du temps dans une galerie marchande d’un centre commercial Euromarché (qui devint Continent par la suite, puis Carrefour encore à ce jour). Par l’extérieur, à l’arrière du centre commercial, on accédait au restaurant où deux frères officiaient, l’un comme serveur/tenancier et l’autre comme cuistot. Ils étaient accompagnés d’un chien, une dalmatienne nourrie de sucre, de meringue, de morceaux de viande et autres cochonneries que les clients attendris (comme la viande) voulaient bien lui donner. Forte de ce régime, elle partit le ventre plein et en pleine santé à l’âge de dix-neuf printemps, à une époque où les animaux dans un restaurant ne choquaient ni ne posaient de problèmes à personne.Entre temps j’avais eu à loisirs de la connaitre avant le restaurant, par le bar qui se trouvait à l’étage et où, en fin de semaine, mes parents appréciaient de prendre un café. Ce bar était accessible par la galerie marchande donc. A l’intérieur se trouvait l’objet du délit : mon premier flipper avec monnayeur en francs, en pièce de un, de deux ou de cinq ou de dix, mais je ne me souviens plus très bien pour ces deux derniers.
Le projet Kiss débuta le 25 avril 1978, il faudra plus d’un an pour concevoir le flipper, entre la paperasse pour la licence d’utilisation du nom et de l’image et donner une solution technologique aux idées posées sur le papier, nous ne sommes qu’aux balbutiements de l’informatique je le rappelle.
La fabrication du flipper Kiss débuta en juin 1979, 17000 unités furent produites.

  • Le flipper Pin-Bot sur NES (mais pas que) :

Par la suite je découvris ou gré des pérégrination de mes parents d’autres flippers dont un qui me marqua particulièrement : Pin-Bot (ou PIN-BOT suivant les packaging).
Nous sommes en 1986 et la société Williams, citée précédemment, sort un flipper fabuleux, un flipper qui me laissa à l’époque rêveur : Pin-Bot était né.

Je n’eus malheureusement qu’une seul fois l’occasion de l’essayer en vrai, mais à l’époque je possédais la NES et, comme vu dans le magazine du club Nintendo de l’époque, mes vœux ne tarderaient pas à être exaucés… ou presque.
Il fallut que j’attende trois ans après les faits, soit 1990, pour enfin approcher l’objet convoité. Manette en main grâce à Rare (la boite derrière Jetpack, RC Pro-Am, Snake Rattle’n Roll, Solar Jetman, Donkey Kong Country, Perfect Dark, Killer Instinct, etc…) et là je pris une double claque : un aller-retour comme on dit.
L’aller fut négatif car graphiquement, cela ne payait pas de mine comparé au souvenir que j’avais du Pin-Bot mais en même temps que pouvait-on demander à une NES ? Des graphismes photo-réalistes ? un jeu moche comme un Pit-Fighter porté sur une console 8 bits ?
Non c’était logique après tout et m’en accommodais.

L'écran se coupait en deux lorsque la boule était sur le haut du tableau laissant toujours visible les deux flips du bas de l'écran

L’écran se coupait en deux lorsque la boule était sur le haut du tableau laissant toujours visible les deux flips du bas de l’écran

Puis le retour de baffe arriva.
Je me pris au jeu, aidé par les sons synthétisés et finis par exploser les scores tout en me laissant surprendre par les variations de teintes lors des changements de niveau et plus encore par la fluidité des boules de flipper. Mais plus encore je fus étonné lorsque je vis mes boules se transformer (oui, je suis comme ça) pour devenir des cubes aux formes légèrement courbées (oui, je sais ça impressionne). Je ne sais combien d’heure j’ai passé à l’écumer mais sans doute au moins autant que Pro Pinball The Web en 1995 sur PS1 (jeu en abandonware soit dit en passant).

Référence

Il ne peut, à mes yeux là aussi, n’y avoir qu’une seule référence tant mon expérience s’est faite sur tout un tas de chef d’œuvre et parler de Mario Bros, Zelda ou Zaxxon est bien facile, stéréotypé et déjà vu. Alors si je devais donner une référence sur des jeux 8/16 bits parmi d’autres je dirai Megadrive et je dirai FlashBack.
Pourquoi ce jeu ?
Nous sommes en 1992 et bientôt l’ère de la 3D dominera tout et je trouvais cette montée en puissance très palpitante et stimulante. Je ne jouais pas sur PC à l’époque, non je préférais les consoles. J’avais bien évidemment vu Another World sur PC et je n’imaginais pas qu’un jeu semblant de loin à la croisée des genres entre ce dernier et les jeux classique en 2D fait de sprites, de scrolling, etc… puisse voir le jour sur ma chère Megadrive. Et là je fus chamboulé par ce jeu, ses graphismes, ses scènes cinématiques, son ambiance, ses animations à couper le souffle, son scénario à la Total Recall… le tout par les compatriotes de Delphine Software : Benoist Aron, Philippe Chastel, Paul Cuisset, Frédéric Savoir, etc…

Bienvenue dans la jungle !

Bienvenue dans la jungle !

Et puis, je suis assez fier d’avoir, à l’époque, trouvé tout seul comme un grand (et par hasard) cette faille dans le jeu lors du premier niveau. Sur la droite du niveau en bord d’écran il suffisait de tourner vers la gauche, là, manette en main je partais en courant (enfin pas moi mais mon personnage à l’écran), faisais demi-tour immédiatement toujours en courant, je sortais de l’écran et finalement je faisais planter le jeu avec un bel écran noir et des tas de chiffres que j’avais recopié sur la feuille ci-dessous pensant détenir tel un trésor un secret dont j’étais le seul et unique détenteur.

Désormais vous aussi vous détenez ce code... sans tenir compte de ma rature d'enfant.

Désormais vous aussi vous détenez ce code…


1 commentaire

  1. Tof avril 4, 2016 11:00   Répondre

    Pinbot Très bon jeux sur nes c’est que du bonheur

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