Red Dead Revolver : I wanna be a rockstar

Mon colt, mon précieux

Je me souviens encore de ce qui s’est passé comme si c’était hier.
Mon père, Nath Harlow, venait de passer quatre-vingt dix jours à prospecter un filon d’or qu’un vieil édenté farfelu lui avait indiqué après plusieurs whiskys. Tout ça, c’était au saloon de Brimstone, une ville puante et poussiéreuse. Mais il avait une femme et un fils à nourrir, et la récolte précédente avait été mauvaise à cause de la sécheresse. Nous n’étions pas malheureux… mais il rêvait d’autres choses pour sa famille.
La chance lui avait sourit et, finalement, il avait pu revenir les poches pleines. La suite est à jamais gravée dans ma mémoire.
Je me nomme Red et je suis le seul survivant du massacre de ma famille.

Un flingue pour les gouverner tous

Nous y sommes. 2004, année de l’avènement d’une légende qui, à l’heure des rumeurs d’un Red Dead Redemption 2 (troisième épisode de la série quoiqu’on en dise), ressurgit du vieux coffre que j’avais enterré au fond d’une mine du grand canyon (et ouais, chez Gamebox on ne lésine pas sur les moyens : on envoie les chroniqueurs à l’autre bout du monde, armé d’une flasque de whisky et d’un vieux colt) et me permet de vous conter l’histoire d’un jeu au succès méconnu malgré ses 1,5 million d’exemplaires vendus.

Sorti sur PS2 et Xbox, il s’agit d’un jeu qui a failli ne jamais voir le jour. Capcom en a débuté le développement avec l’idée de profiter des nouvelles possibilités techniques pour sortir un nouveau Gunsmoke (1985), mais a laissé tomber pour cause de, je cite : “manque d’originalité” (et là je dis manque de jugeote de la part de Capcom).
En 2002 le jeu réapparait, le flambau ayant été repris par le studio de Terry Donovan, Gary Foreman, Sam & Dan Houser et Jamie King, le bien nommé studio Rockstar, et plus précisément par Rockstar San Diego. L’ambition première est de transposer à l’écran et de la meilleure manière possible, l’univers du farwest, du western spaghetti des années 60/70, le tout avec la touche d’irrévérence et de folie caractérisant la firme.

Alors que l’on aurait pu s’attendre à un monde ouvert, genre qui devient à la mode à cette époque, Rockstar décide d’aller à contre-courant et de chapitrer intégralement son histoire. Là où ça se complique, c’est que ces chapitres n’ont pas forcément de rapport direct entre eux. Le tout se feuillette comme un journal, un peu comme si votre arrière grand père cow-boy avait eu la bonne idée de consigner toute sa vie de chasseur de primes pour la postérité.
Chasseur de primes ? Et oui, rien de tel qu’un bon massacre parental pour se vouer corps et âme à la cause et à la… vengeance…

Excusez moi, c'est par où le saloon?

 

Et dans un prototype les lier

Prototype.
Pourquoi ce mot ? Simplement parce que c’est la première chose qui m’a sauté aux yeux lorsque j’y ai joué… en 2014… après être tombé dessus par hasard… enfin, après quelques recherches !
Il faut dire qu’en 2013, un ami m’avait gentiment prêté  sa Xbox 360 et Red Dead Redemption, que j’ai alors goulument dévoré et exploité de fond en comble, jusqu’à ne plus avoir aucun défi à me mettre sous le coude, si ce n’est de faire le tour de l’immense carte, à pied, avec un couteau… Là, je me suis dit : “Freddy, file dehors respirer de l’air frais et tuer deux ours et vendre leurs peaux. Tu ne peux plus rester enfermé comme ça devant ton écran !”.

Je n’ai jamais croisé d’ours… ils ont eu de la chance ! Mais revenons à nos moutons… enfin, à nos bisons.

Prototype, parce que tout, sans exception, dans Red Read Revolver apparaitra ensuite dans Red Dead Redemption mais avec des graphismes sublimés et un monde ouvert hors-normes, bien plus somptueux que n’importe quel GTA, grouillant de vie, d’évènements uniques et aléatoires.
(NdMoi : et ce n’est pas Setzer qui me dira le contraire… ou alors je le provoque en duel)
(NdSetzer : je suis d’accord, je ne dirai donc pas le contraire… et puis j’ai peur du duel…)
On pouvait déjà voir, à l’époque de Red Dead Revolver que tout était là, sous nos yeux, seulement limité par la technique des consoles de l’époque. Pour moi, Rockstar a livré une sorte de titre-test, pour voir si le western prenait, et je ne pense pas me tromper quand on voit le résultat. Des duels au bullet time en passant par l’introduction du jeu qui résonne au début et à la fin de Red Dead Redemption, en faisant un détour par la classique attaque de train de voyageurs/marchandises et jusqu’au combat acharné pour sauver une demoiselle en détresse susceptible de prendre feu pendant que des bandits nous attaquent, et j’en passe… tout était là, toutes les innovations et tout les poncifs du genre qu’un fan pouvait attendre.
C’est un peu comme si Rockstar San Diego, à l’origine des deux opus, avait voulu tester et valider un concept précis par chapitre, dans ce premier épisode. Mais le must de cette ressemblance reste le physique du héros. Voyez par vous-même.

Le visage du héros visible sur la jaquette de Red Dead Revolver

Le visage du héros visible sur la jaquette de Red Dead Revolver

...et voici le visage du héros de Red Dead Redemption... frères jumeaux adeptes de la scarification?

…et voici le visage du héros de Red Dead Redemption… frères jumeaux adeptes de la scarification?

Le fils caché de Clint également? ...après du moment que ça reste en famille...

Le fils caché de Clint également? …après du moment que ça reste en famille…

You shall not pass

Et non, vous ne passerez pas car, je vous préviens, je suis armé !
Oui, oui, je m’adresse à vous ! Car la classe chez Rockstar c’est de proposer des choses que d’autres ne font pas ou moins bien. Et là, non content de disposer d’un arsenal conséquent, à base de flingues et fusils, de dynamite, de cocktails Molotov, d’arc et flèches, vous disposez également d’une chose on ne peut plus rare pour ce type de jeu et pour l’époque :
UN MODE DEUX JOUEURS !

Quoi? Ce n’est pas assez? Alors soyons fous :
UN MODE QUATRE JOUEURS AVEC LE MULTITAP DE LA PS2 !

(vidéo de crazy4gamerZ, la seule valable que j’ai pu trouver du mode 4 joueurs, n’ayant pas de multitap à disposition)

 

Trois mode de jeu sont alors proposés : Zenith (pour un duel au soleil…), Crépuscule (le plus riche gagne) et Chasseur de primes (celui qui atteint la limite de prime imposée gagne). Le tout dans des  arènes, ruines de village mexicain ou autre avec un concept précis : gagner une manche ou tuer un ennemi, c’est s’offrir une carte à jouer à ramasser sur le terrain. S’offrir cinq cartes à jouer c’est prendre le risque de former une combinaison au poker et de s’octroyer des bonus divers et variés (armes/santé/améliorations/etc…) et avec l’argent, vous savez quoi ? Vous pouvez acheter tout plein de choses en boutique : des herbes médicinales ou de la nourriture, et même des personnages contre lesquels se battre en duel.
Notez cependant que vous pouvez tirer sur les cartes pour les faire exploser : simple et vicieux, donc irrésistible (on ne se refait pas). Ce qui est assez motivant comme système, eut égard à la difficulté du jeu parfois rédhibitoire pour cause de foutoir à l’écran.

Oui, il faut bien parler un peu de ce qui fâche, le jeu n’étant pas exempt de défauts.

Ce qui frappe, tout d’abord, c’est l’aspect graphique. Celui-ci oscille entre un aspect granuleux, des textures baveuses et un level-design un peu vide par endroit. On retrouve la patte graphique d’un GTA San Andreas , sauf que Red Dead aurait mérité beaucoup mieux, de par son déroulement en chapitres et non en monde ouvert.
Non pas que le moteur du jeu ne soit pas à la hauteur, non. Je pense qu’il s’agit simplement d’un parti pris pour permettre d’incorporer tout le contenu du jeu sans le dénaturer. Le Angel Game Engine ne fut peut-être pas utilisé de la plus belle façon qui soit, mais sans doute de la meilleure à la vue des capacités techniques des supports. En cela, merci à Josh Needleman, designer de son état et concepteur en chef sur le jeu, pour son travail formidable.
Hommages ou plagiats, même les écrans de chargement se payent le luxe de faire référence à un film (Soleil Rouge, 1971, que je vous conseille).

Second point que j’hésite à critiquer car, d’un côté, il permet de retranscrire cet aspect chaud, poussiéreux et sec  du farwest, mais, de l’autre, il peut être affreusement dérangeant, me donnant l’impression d’une myopie perpétuelle ou du moins d’une fatigue visuelle persistante.
Nous parlons ici du flou qui entoure l’écran. Parfois discret, il peut s’avérer gênant dès lors que l’on est en plein combat acharné contre une horde de clowns bandits (sic), oblitérant une partie du champ de vision du joueur qui, derrière son écran, ne fera que pester de ne pas les voir arriver. Rockstar à réussi à retranscrire la DMLA dans un jeu !

La maniabilité n’est quant à elle ni plus ni moins que celle que l’on retrouve dans le projet Old West Project (renommé Red Dead Redemption en 2009) croisé à celle d’un GTA et d’un Max Payne pour ce qui est du bullet time nommé dans le jeu : Dead Eye. Un petit temps d’adaptation était nécessaire mais rien de dérangeant.

Il ne nous reste plus qu’à aborder deux points important pour l’immersion, le scénario et le son/la musique.
Si jamais vous avez un souvenir de vieux westerns et de l’ambiance qui s’en dégageait, jamais un jeu n’avait jusqu’alors retranscrit si merveilleusement tout cela. Et ce méfait n’est de la responsabilité que d’une personne : Patrick Whitaker. Il eu la géniale idée de ne reprendre que des bandes originales de films s’étalant de 1965 à 1996, soit de westerns spaghettis tels Minesotta Clay, Un dollaro tra i denti ou encore de L’ultimo mercenario en passant par le légendaire Nevada. Que des films qui, qualité d’image mise à part, n’ont pas pris une ride. Et les bruitages du jeu ne sont pas en reste. Merci à Jeffrey Whitcher et Mark Loperfido,pour le travail exemplaire effectué.
Exemplaire je vous dis !

Un dollar entre les dents... n'est pas ce qu'il y a de plus hygiénique...

Un dollar entre les dents… n’est pas ce qu’il y a de plus hygiénique…

 

Et bien me voici de retour

Je me nomme Red Harlow, ça vous le savez déjà…
Ce que vous ne savez pas, c’est ce qu’il s’est passé entre l’assassinat de mes parents et ces lignes que vous êtes en train de lire. Ce que vous ne savez pas c’est que je suis devenu chasseur de primes, que j’ai le colt de mon père à jamais gravé au creux de ma main et que ma vengeance sera exécutée, quoiqu’il arrive et à n’importe quel prix.
Vous voulez savoir ce qu’il s’est passé ? C’est simple…
Rejoignez moi à Brimstone. Jouez à Red Dead Revolver.

Welcome to Brimstone

Welcome to Brimstone


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