Pourquoi je n’aime pas les survival horror – PH & Mellow

PH : Setzer veut qu’on parle des Survival Horror, mais moi c’est pas vraiment mon truc… Pour certains, c’est le foot, pour d’autres c’est les maths. Moi le genre horrifique, en général, c’est pas vraiment ma tasse de thé. Et toi ?

Mellow : C’est pas mon truc non plus. Pourtant j’aime bien me faire peur ! En plus, j’étais persuadé de n’avoir pas joué à beaucoup de jeux du genre, et je me rends compte que si. Par contre, je n’en ai presque pas fini.

PH : Moi, comme toi. Et comme plein d’autres joueurs je pense. J’ai joué à plusieurs Resident Evil par exemple, et paradoxalement, j’ai bien aimé. Mais c’est à peu près tout. En vérité il y a une bonne raison : je suis trop réceptif à la peur provoquée par ces jeux. Et toi ?

Mellow : Moi c’est surtout que ça finit toujours par me saouler. Soit les développeurs confondent gore et horreur et ça me file la gerbe. Soit c’est le gameplay qui m’ennuie…

C’est la peur qui mène le jeu

PH : A l’époque, j’ai rarement joué tout seul à Resident Evil. Par la suite, que ce soit avec Code Veronica, Rebirth ou Zero, je les ai tous commencés, mais jamais terminés. Pourtant, je reconnais toutes leurs qualités ! Mais ça me fiche les chocottes, donc je suis tendu, donc je ne m’amuse pas.

Ma santé quand je joue à toutes ces conneries...

Ma santé quand je joue à toutes ces conneries…

La saga RE est pourtant loin d’être ce qu’il y a de pire ! Par exemple, Silent Hill avait mis la barre nettement plus haut point de vue malaise et ambiance dérangeante. D’ailleurs, je ne l’ai terminé qu’en 2015 !
J’avais même commencé Silent Hill 2. Mais le passage de la PS1 à la PS2 a rendu les graphismes plus réalistes et l’ambiance encore plus pesante, je n’ai donc pas été très loin… J’aurais aimé poursuivre l’aventure, mais en être l’acteur, c’était trop me demander !
La violence ne me dérange pas, mais la tension, le stress, l’inconnu, je n’aime pas. En fait contrairement à toi, je déteste me faire peur !

Mellow : Moi j’adore ! C’est vraiment grisant d’avancer sans savoir ce qui va surgir au coin de la rue, sentir l’adrénaline monter… Dans Project Zero, j’avais l’impression que la température baissait dans mon salon quand les fantômes arrivaient.
Dans Alien Isolation, le bip du détecteur te prévenait sans rien révéler. Je savais que l’alien arrivait mais ni d’où, ni comment. Le stress montait au rythme des bips qui accélérait… Cette peur-là est géniale et hyper immersive.

1, 2, 3, soleil !

J’ai plus de mal avec le gore. Voir des vers grouiller sur des morceaux de corps humain, des monstres dégoulinant d’immondices ou des gerbes de sang partout, ça a tendance à m’écœurer. Un simple fantôme au visage pâlichon me fichera plus la trouille qu’une nuée de zombies dégueulasses. Et souvent les Resident Evil, Silent Hill ou Dead Space ont eu tendance à abuser des effets gores plutôt que de la surprise, de mise en stress face à un adversaire invincible qui nous traque…

C’est le gameplay qui casse l’ambiance

Mellow : Mais selon moi, les survival sont des jeux voués à échouer. Pour apprécier un jeu, il faut que je puisse plonger pleinement dans l’aventure, la vivre intensément. Et pour cela, il ne faut pas que le gameplay me rappelle qu’on est dans un jeu. Il faut qu’il soit fluide, naturel et c’est là le problème

L’un des codes du survival horror, c’est la démarche lente et lourde du protagoniste. Je suis conscient que l’objectif est d’empêcher le joueur de fuir facilement ou de poser une ambiance pesante jusque dans les mouvements. Mais moi, ça me plombe l’immersion !
Depuis quand faut-il quinze secondes pour faire demi-tour et se barrer quand un monstre énorme surgit devant vous ? Et pourquoi ne puis-je sauter par-dessus cette table pour échapper à un zombi qui avance à deux à l’heure ? Pire !!! Même quand je cours,c’est un petit footing tranquille plutôt qu’une course effrénée pour ma survie !

Et si ça ne suffit pas à pourrir l’immersion, les développeurs ont pensé à ajouter quelques énigmes tordues ! Et pourquoi dois-je ramasser tout un tas de conneries pour activer un mécanisme compliqué ? Tout ça pour m’enfoncer plus loin dans un manoir que je veux fuir? Avouez que ça baisse méchamment le trouillomètre, non ?

« Un exercice sur les couleurs, c’est bon pour votre cerveau. » Dr. Kawashima

Capcom, conscient de ces mécanismes lourdingues, a fluidifié l’ensemble. Resident Evil 4 est arrivé et j’ai adoré ! Il a révolutionné le jeu d’action… mais a tué le survival. Un titre comme Dead Island n’a rien d’un survival, c’est un jeu d’action avec des zombies.

PH : Je comprends ce que tu veux dire sur la lourdeur des déplacements, mais ça ne me gêne pas trop. C’est un code du genre, un fait qu’on accepte, tout comme dans certains jeux, tomber dans l’eau signifie la mort. Et puis les survival n’ont pas le monopole des soucis de maniabilité. Regarde les premiers Tomb Raider ! Ou des jeux plus anciens comme Alex Kidd ou Indiana Jones sur Master System. S’ils sont difficiles, c’est en partie à cause de leur maniabilité pourrie. Mais là encore, je le sais donc je l’accepte.

Concernant les énigmes, moi ça me plait. Parce que 1) j’aime bien me prendre la tête, et 2) pendant que je pose des bijoux sur un mécanisme d’horloge du XVè siècle, le Némésis me fout la paix !

Chargement de la suite de l’article.

Non, moi ce qui me sort le plus de ces titres, ce sont les temps de chargement. Les fameuses portes des RE, passe encore. Mais les « beaux » écrans noirs qui durent 30 secondes, si ce n’est pas plus, bonjour le retour à la réalité !

Conclusion funeste ou espoir impossible?

Mellow : En fait, je pense que je ne trouverai jamais un survival-horror capable de me séduire jusqu’à son terme. Ce sont ses fondements qui me posent problème. A moins qu’un petit génie ne parvienne, un jour, à créer une atmosphère retranscrivant la sensation de vulnérabilité du joueur tout en le laissant agir avec fluidité et dynamisme.

PH : Ce qui est marrant, c’est que ce sont pour des raisons tout à fait différentes que toi et moi ne jouons pas (ou plus) à ces jeux là. Pour ma part les développeurs peuvent bien faire tout ce qu’ils veulent, le problème c’est moi !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *