La musique adoucit les joueurs – PH

Sans cesse repousser les limites du Jeu Vidéo n’est pas exclusif aux graphismes. Depuis longtemps, de nombreuses bandes-sons ont sublimé les titres qu’elles illustrent. Mais certaines l’ont fait en sortant des sentiers battus !

Oooooh, Mariaaaaa !

Malgré une technique limitée, la musique de jeu vidéo est rapidement devenue incontournable. Déjà à l’époque, certains compositeurs ont tenté de reproduire des ambiances précises. Un des plus beaux exemples est sûrement le passage de l’opéra de Final Fantasy VI. A cause de ces fameuses limitations, presque toute la séquence repose sur la qualité de la musique de Nobuo Uematsu. C’est donc elle qui donne vie aux pixels, qui traduit les sentiments des acteurs et, surtout, qui fait vibrer le joueur.

D’autres ont essayé de reproduire des titres célèbres. Par exemple, Rock’n Roll Racing qui, comme son nom l’indique, reprend quelques grands classiques du hard rock, tels Highway Star de Deep Purple ou Bad To The Bone de George Thorogood. Moins connu, Biometal est un shoot’em up sur fond de remixes du premier album du groupe de dance 2 Unlimited !

Vous êtes plutôt opéra, rock ou électro ?

Electro power

Mais illustrer un opéra par de la musique d’opéra, des courses de voitures déchaînées par du hard rock ou un jeu futuriste par de la musique électronique, si réussis soient tous ces morceaux, n’a rien de très original.

Un autre compositeur de génie a marqué à jamais la musique de jeux, c’est Yûzô Koshiro. Il est notamment connu pour avoir composé les BO des Streets Of Rage sur Megadrive. Inspiré par les musiques des boîtes de nuit de l’époque, il a composé une bande-son unique à base de house et de techno, saupoudrée de funk, de jazz et de hip-hop. Compte tenu des restrictions techniques de l’époque, Koshiro opère un véritable tour de force, tant du point de vue musical que de la programmation

Autre jeu à l’identité forte, Wipeout a également marqué l’histoire de la musique JV. Mais comme écrit plus haut, illustrer un jeu futuriste par de l’électro n’a rien d’extraordinaire.
En fait, le coup de génie vient de l’appropriation du nouveau support de l’époque : le CD-ROM. C’est ainsi que l’on se retrouve à courir sur fond de Chemical Brothers, Prodigy et autres grands noms de l’électro. Et même si ces musiques n’ont pas été conçues spécialement pour le jeu, leur style est en adéquation avec une expérience dès lors transcendée.
L’utilisation des célébrités du monde de la musique deviendra alors plus habituelle, de David Bowie pour The Nomad Soul jusqu’aux stations radios des GTA.

Streets Of Rage – Wipeout 2097 – The Nomad Soul

No, no, no, there’s no limit !

Plus tard, c’est la Dreamcast qui développera une certaine originalité pour ses musiques de jeux.
On se souvient notamment de l’utilisation des voix comme instrument de musique dans les compositions décalées de
Takenobu Mitsuyoshi pour Daytona USA.
Mais je pense que les joueurs se souviennent avant tout de l’OST de Jet Set Radio. Déjà marquée par une identité visuelle forte, l’identité sonore l’est tout autant. Jet et ses amis taggent les rues sur fond de hip-hop, de funk, de house et de rock, le tout parfois mélangé et à forte connotation japonaise. A l’image du jeu, la bande-son de Jet Set Radio est excentrique et fun.

Dans un style différent mais tout aussi assumé Madworld, (Wii) est un beat’em all particulièrement violent qui a marqué les yeux ET les oreilles. En effet, son OST est intégralement composée de chansons orientées hip-hop, la puissance vocale du rap étant parfois mélangée à celle de guitares électriques saturées. L’alchimie fonctionne à merveille et offre une œuvre tout à fait singulière.

Daytona USA – Jet Set Radio – Madworld

Les exemples de musiques originales dans le JV ne manquent pas. Le hip-hop illustre parfaitement le côté street de Street Fighter 3. Il y a également l’utilisation du flamenco dans Ace Combat Zero. Quant à Metal Gear Solid 2, c’est autant la musique holywoodienne de Harry Gregson-Williams que le jazz de Norihiko Hibino. Et bien sûr, on pourrait détailler la variété des arrangements de la version Khan Super Session, spécialement composée pour la sortie console de Soul Edge.

Street Fighter 3 – Ace Combat Zero – Metal Gear Solid 2 – Soulblade

Le point commun à toutes ces OST, c’est qu’en les écoutant, on oublie totalement qu’elles appartiennent à des jeux. Et c’est probablement là la plus belle preuve de leur qualité.


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