L’histoire de Psygnosis

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On lit souvent que Psygnosis a été fondé sur les cendres de la compagnie Imagine (pour les plus anciens d’entres nous, ce nom doit sûrement vous dire quelque chose). Imagine était une société, créée en 1982, dont l’ascension fut au moins aussi rapide que sa chute en 1984. A la mise en faillite d’Imagine, une partie du personnel a rejoint Ocean – ancien concurrent – et une autre partie va rejoindre Psygnosis, une société que vient de créer Ian Hetherington, l’ex-directeur financier d’Imagine (en partenariat avec Jonathan Ellis).
Psygnosis vise clairement les 16/32 bits (Atari ST et Amiga), et aligne quelques jeux comme Brataccas, Deep Space, Arena et Barbarian. Ces quatre titres ne portent pas encore réellement la signature Psygnosis, mais permettent à la boîte de se faire un nom. Psygnosis eut une double idée de génie, à savoir favoriser le concours de studios indépendants pour la conception des jeux tout en imposant une patte graphique particulière.

Menace, un des premiers gros succès de DMA Design

Menace, un des premiers gros succès de DMA Design

Un enchainement de succès
Menace, sorti en 1988 sur Amiga, il est le premier jeu d’un futur grand nom du JV: Dave Jones… Quoi, ça ne vous dit rien ?! OK, si je vous dis DMA Design, Lemmings, GTA, ça vous revient ?
Bref, ce shoot’em up avait tout pour plaire : Tony Smith aux graphismes (qui s’occupa également des graphismes de la suite de Menace : Blood Money) et surtout David Whittaker à la bande-son (qui a fait la musique de petit jeux comme Shadow of the Beast, Xenon, Speedball…)…Une petite pépite quoi ! Cette même année marque aussi l’arrivée de Ballistix, une sorte de Speedball en moins réussi, mais si j’en parle, c’est surtout parce que ce jeu a été réalisé par Reflections, à qui nous devons… Shadow of The Beast. Notez que ces deux titres sont sortis (comme d’autres) sous le label Psyclapse. Il faut savoir qu’à cette époque, Psygnosis séparait les jeux faits en interne de ceux venus de studios indépendants. Petite anecdote : Psyclapse est le nom d’un des derniers jeux d’Imagine (qui fut annulé d’ailleurs).

Le logo de Psyclapse

Le logo de Psyclapse

Je parlais de la patte graphique de Psygnosis, celle-ci fut grandement appuyé par Roger Dean, initialement illustrateur pour des groupes comme Yes, il conçut les jaquettes de la plupart des jeux Psygnosis.

Killing Game Show sur Amiga

Killing Game Show sur Amiga

1989, c’est l’année de sortie de Shadow Of The Beast (cf encadré en fin d’article). Sachez simplement que si il y a bien un titre mythique sur Amiga, c’est celui là !!! Psygnosis tient enfin son titre phare, et forcement tout commence à s’accélérer l’année suivante en 1990. Cette année-là, les derniers titres estampillés Psyclapse sortent, puisque, par la suite, plus de chichi : tous les jeux sortiront sous label Psygnosis ! Ce ne sera pas encore l’année de tous les hits mais la Psygnosis Touch commence à faire son effet. Malgré tout, quelques pépites : The Killing Game Show (connu aussi sous le nom de Fatal Rewind sur Megadrive), un jeu où vous dirigez une sorte d’ED-209 (mais si, le bipède dans Robocop !) et dans lequel vous devez trouver la sortie d’un tableau avant qu’il ne se remplisse d’acide… Rythmé, assurément difficile, mais techniquement impeccable.
Autre merveille : Shadow of the Beast II, sans scrollings renversants, mais avec des graphismes léchés, une musique sublime et un plaisir de jouer… A essayer, mais pas sur Atari ST qui souffre toujours des mêmes problèmes de conversion (pas de musique, graphismes ternes…). A noter aussi la sortie en 1990 de l’excellent Nitro, un jeu de voiture vu de dessus, dans des décors apocalyptiques (et Clint Eastwood en guise d’avatar ! Comprenne qui veut ^^). Après, certains jeux comme Awesome sont des cas à part. Techniquement au top, mais malheureusement un peu plat à mon goût. La griffe est là, mais il manque le petit quelque chose en plus.

Et arrive Lemmings

Une démarche unique pour un jeu culte : Lemmings

Une démarche unique pour un jeu culte : Lemmings

Ce jeu là, on ne l’attendait pas… En tout cas pas de la part de Psygnosis ! En effet, je parlais de la patte graphique et de l’ambiance des jeux et force est de constater que Lemmings ne colle pas du tout à leur style. On dira ce que l’on veut, mais ce n’est pas le plus beau jeu du moment…
Un autre reproche à ces messieurs de DMA : pourquoi avoir supprimé le Oh no ! sur la version ST ? Hein ? Pourquoi ? Pourquoi on n’avait pas droit à ce petit cri tout mignon quand on faisait exploser un lemming ?!Pour moi qui ai découvert Lemmings sur ST, ça fait du bien d’en parler.
Pffiou… ça soulage vous pouvez pas savoir ! Bref, heureux de ce succès, un add-on sorti la même année : Oh No ! More Lemmings. Toujours cette année, sort un autre titre méconnu, mais qui mérite son moment de gloire : Leander (The Legend of Galahad sur Megadrive). Un jeu de plate-forme avec une musique juste sublime (jetez un coup d’œil à cette video : http://www.youtube.com/watch?v=mROgK7srbDM ), ce jeu de Traveller’s Tales vaut vraiment le détour.
Puis vint le cas d’Aquaventura, un shoot’em up en 3D au développement long et douloureux. Beaucoup d’ambition et de volonté pour un titre sorti dans l’indifférence générale, pas vraiment raté, mais loin d’être à la hauteur de ce qui était annoncé…

Hired Guns sur Amiga

Hired Guns sur Amiga

Cette période propice au développement de la société laisse place à pas mal de bon titres, comme Bill’s Tomato Game, un jeu de réflexion sympa et un peu barré, à base de placement d’objet créant un parcours pour… une tomate ! Shadow of The Beast III, un épisode un peu spécial, avec une ambiance différente et un héros à chapeau (!!).
On a aussi eu droit à Lemmings 2 : The tribe – qui reste un Lemmings malgré ses nouveautés – ou encore Perihelion, RPG complexe à prendre en main, mais terrible une fois maîtrisé, et Hired Guns, qui se présente comme Dungeon Master mais jouable à quatre (excellent !).

A la fin de Commodore et l’arrivée du CD-Rom, Psygnosis fit coup double en se faisant racheter par Sony pour y développer pour la future Playstation (notamment Wipeout et Destruction Derby). Il faut dire que jusque-là, c’était la grande histoire d’amour avec l’Amiga, l’un offrant une vitrine technologique de la machine que l’autre lui offrait comme tremplin, mais pour moi, il était impératif de revoir la direction à prendre, la patte si particulière s’étant perdue en cours de route. Attention, je n’ai pas dit que les jeux étaient mauvais, mais il faut bien admettre qu’on était loin d’un Shadow of the Beast, par exemple. Ceci dit, ils ont quand même lancé des petits studios comme Raising Hell (devenu Bizarre Créations) ou encore DMA Design (devenu Rockstar).

Les oubliés de Psygnosis.

Cutty Poo

Cutty Poo

Je parlerai surtout de deux jeux : Gore et Cutty Poo de DMA Design. Annoncé en même temps que le jeu Walker (qui verra le jour, lui !), Gore avait tout pour plaire : des sprites immenses, un scrolling sur plusieurs plan, un gameplay bien barbare et un scénario qui vous oblige à zigouiller tout le monde. Le deuxième, Cutty Poo, n’est pas du même acabit, puisque vous devez conduire des sortes de petites peluches appelées Tribbles (Lemmings, vous avez dit Lemmings ?) hors de danger du méchant Dr Mallet et de son gros marteau.
Deux projets qui, à mon goût, aurait valu le coup d’être terminés.

Gore

Gore

A propos de Shadow of the Beast

Shadow of the Beast et son scrolling à tomber! (Même si on ne le vois pas sur l'image^^)

Shadow of the Beast et son scrolling à tomber! (Même si on ne le vois pas sur l’image^^)

Comme je l’ai dit, si il y a bien un jeu qui restera la marque de fabrique de Psygnosis,c’est bien Shadow of the Beast. Ma première rencontre avec « la bête », c’était en Angleterre pendant un voyage scolaire. A l’époque je disposais d’un Atari STe et la guerre faisait rage entre nous et les possesseurs d’Amiga. Dans une boutique d’informatique, je tombe sur la running demo de ce jeux, et là… ben là, la claque quoi !!! Car il ne faut pas s’y tromper, le premier atout, c’est la qualité visuelle, avec un scrolling différentiel, des graphismes fins (quoique répétitifs) et une bande-son impeccable.
Bon, niveau scénario, c’est pas du Shakespeare, mais nous sommes en 1989, et ce genre de détails ne pèse pas lourd sur la qualité d’un jeu.
Il fut adapté sur pas mal de support (Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64, FM Towns, ZX Spectrum, Master System, Megadrive, PC Engine, Super Nintendo, Lynx). Perso, je n’ai joué qu’à trois versions : Amiga, Atari ST et Megadrive. Seulement voilà, si l’ensemble fonctionne plutôt pas mal , c’est avant tout grâce au hardware de l’Amiga. Par exemple la version ST réalisée par Eldritch the Cat, ne présentait aucune musique et un graphisme fade (la palette de couleur de l’Atari étant limitée à 16 couleurs). Tout de suite, l’expérience de jeu est bien moins intéressante, car au final, Shadow of the Beast n’est qu’un beat-em all difficile enrobé dans une technique irréprochable…

 

2 commentaires

  1. Laurent janvier 18, 2014 1:01   Répondre

    C’est vrai que la patte « psygnosis » était mytique… D’ailleurs, 2 oublis dans l’article : Agony et Microcosm, qui ont chacun marqué leur époque. Agony reste à mon avis le plus beau jeu jamais sorti sur Amiga, éclatant Beast ou Lionheart.
    Malheureusement, ils ont aussi sorti des purges immondes, comme par exemple Carl Lewis Challenge…

  2. Nicolas janvier 18, 2014 1:24   Répondre

    Ah bah oui, j’ai zappé Agony, honte à moi! Je réparerais cet oublis sous peu. Quand à Microcosm, même si les graphismes faisait baver et que l’attente était énorme, ce n’est qu’un « Rail Shooter » C’est vrai qu’il faisait figure de vitrine pour Psygnosis a une époque…

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