Les traumatisés du Nanoréseau

mo5-2

Cet article s’adresse à tous les traumatisés du programme Informatique pour tous (IPT pour les intimes) lancé par l’Education Nationale en 1985, par Laurent Fabius, à l’époque Premier Ministre. Je dis traumatisés parce que je me souviens avoir vu des choses que je ne pensais même pas possible à l’époque. Il faut dire qu’on était trèèès loin d’avoir admis l’informatique dans nos moeurs. Certes, l’Education Nationale n’en était pas à son coup d’essai , mais l’informatique restait un loisir réservé aux fans de sciences. Coup de chance, mon père en faisait partie et j’avais eu la chance d’être un brin initié à ce truc. Mais revenons-en à notre sujet !

Un exemple de Nanoréseau avec ici des TO7/70

Un exemple de Nanoréseau avec ici des TO7/70

Pour faire un Nanoréseau il nous faut :

MO5 NR, version modifiée du MO5 Classique

MO5 NR, version modifiée du MO5 Classique

– Des ordinateurs ! C’est un peu bête dit comme ça, mais ça peut être un plus. Et là, on a bien senti le partenariat avec Thomson ! La grande majorité des Nanoréseaux étaient équipés de Thomson MO5 (photo en tête d’article). Je sais que nombreuses ont été les critiques envers les micros Thomson. Pour ma part, j’estime que le MO5 était une très bonne machine pour apprendre ! Le réseau n’était pas fiable, c’est vrai (on va y revenir…), mais le crayon optique était une bonne idée (peu suivie, mais bonne à mon goût). Les claviers gommes des premiers temps ont rapidement été remplacés par des claviers mécaniques (deuxième bonne idée). Par la suite, j’ai même eu la chance de voir un Nanoréseau avec des MO6 (comme un MO5, mais avec un lecteur de cassette intégré).  Initialement, les Nanoréseaux étaient prévus avec des TO7, rapidement remplacés par des MO5 (plus petits), puis des MO6 et enfin des MO5 NR (version remaniée du MO5, avec la cartouche réseau intégrée)

1361916866

– Un serveur. Ok, j’appelle ça un serveur et c’est une hérésie, je vous l’accorde. Mais, dans mon école, le réseau était géré par un Bull Micral. Arrêtez de courir partout, le Bull Micral était un PC (8086 si ma mémoire est bonne) équipé d’un magnifique écran monochrome (tout en nuances) et d’un superbe lecteur de disquettes 5″ 1/4. Je crois que je me souviendrai toujours du jour où mon instituteur à déchiré la protection plastique de la disquette, pensant qu’il fallait mettre le disque directement dans le lecteur… Oui, c’était ça aussi le programme informatique pour tous : des instituteurs malheureusement pas formés du tout !
Nan, parce que je me moque, mais encore une fois, il faut revenir à l’époque pour comprendre qu’il n’était pas du tout évident d’utiliser correctement une disquette. D’ailleurs je crois me souvenir d’une affiche, dans les couloirs de l’école, sur laquelle on présentait une disquette. Ça montre bien à quel point on était en pleine découverte !
Bref, le Bull Micral n’était pas une mauvaise machine en soi (un clone de l’IBM PC, quoi..), qui présentait l’avantage d’être une machine française.

Le crayon optique de Thomson (Ici la première génération)

Le crayon optique de Thomson (Ici la première génération)

Des cartes réseaux. Bon, là on touche un des plus mauvais points de ce programme. Les MO5 étaient reliés au réseau via une cartouche à insérer à l’arrière de la machine. Autant vous dire qu’avec des enfants de 6 ans, la cartouche ne faisait pas la maline (même avec des enfants plus vieux d’ailleurs). Bref, ça plantait régulièrement… C’était sympa pendant l’apprentissage du Basic^^

La cartouche réseau, responsable de nombreux plantages...

La cartouche réseau, responsable de nombreux plantages…

C’est bien joli, mais on fait quoi maintenant?

L’avantage avec le MO5, c’est qu’à l’allumage de la bête on se retrouve – comme pratiquement tous les ordinateurs de l’éopque – directement sur un interpréteur de commandes en Basic (un écran avec un curseur, quoi !). Le Basic 1.0 de Microsoft pour le MO5 était franchement bien (j’ai appris dessus^^). De plus, le clavier présentait des raccourcis pour taper les commandes. Là encore, c’était une pratique courante sur les ordinateurs de l’époque. Je ne me souviens pas de tout, mais 4 programmes m’ont particulièrement marqué pendant les cours d’informatique :

dcnanomo5_201107

– Le Basic donc. Pas besoin de revenir dessus : c’est un langage de programmation permettant de faire tourner quelques programmes fait maison. Là, le manque de formation était flagrant ! Je me souviens avoir vu mon instituteur se prendre la tête sur la fonction GOTO. Cette fonction, simple au demeurant, permettait de se rendre directement à une ligne de notre programme (par exemple GOTO 20 nous envoyait à la ligne 20). Bref, sur le clavier du MO5, il y avait les raccourcis de fonction GO et TO qu’il fallait taper à la suite pour former GOTO. Je crois que pendant une heure, il a insisté en pensant que la fonction de renvoi était TOGO… Je ne me moque pas, je souligne le fait que les soucis ne venaient pas que des ordinateurs !

– Le Logo. Ahhh, voilà quelque chose que j’ai eu bien du mal à comprendre ! Au milieu de l’écran, un petit triangle qu’on appelait Tortue (ne me demandez pas pourquoi!). Cette tortue, on pouvait la faire avancer, reculer, tourner… Bref on bougeait notre tortue sur l’écran au travers de lignes de commandes tel AV10 ou TD90 (Avance 10 et Tourne Droite 90), etc… Bon, je ne vais pas rentrer dans l’histoire du language Logo, mais sachez que l’idée de ce langage était d’avoir une approche constructive, afin de mieux appréhender l’apprentissage des langages de programmation. C’était rigolo quand même !

x_l06

Colorpaint. LE logiciel de dessin de la gamme Thomson. Très bon au demeurant, mais qui souffrait des limitations techniques du MO5. Oui, les Thomson ne savaient pas afficher plus de deux couleurs par carré de 8*8 pixels. Autant vous dire que cela limitait grandement mes inspirations d’artistes^^ Le logiciel était bien et même si le crayon optique n’était pas d’une précision diabolique, il permettait de s’amuser quand même en dessinant.

c1

Androïdes. Ne cherchez pas, Androïdes était la version Thomson de Lode Runner ! Mais si ! Lode Runner, le jeu de Broderbund où il fallait échapper à des robots (androïdes, donc…) en creusant des trous. C’était le petit moment de détente…

androides2

En résumé

Le programme Informatique Pour Tous n’était pas si mal. L’apprentissage via le MO5 n’était pas une mauvaise idée, même s’il a beaucoup souffert de la comparaison avec le programme américain, qui présentait des machines avec une souris et non un crayon optique. Je vous rassure, étant donné la qualité des souris Thomson, on a échappé au pire ! Le manque de formation était aussi inacceptable, surtout quand on voit le gâchis que cela a provoquer, certains professeurs allant jusqu’à refuser d’utiliser le matériel.

4 commentaires

  1. GERMOND ALAN DE DREUX 28100 décembre 7, 2014 11:04   Répondre

    jais eu le bonheur de conétres le MO5 a l’age de 6 et 7 ans je parle de sa s’ètai en 1986 et 1987 j’aité a l’école en irepanssen sa fais tres bizare le bon que l’informatique a fais je joué avec le MO5 sans savoir que salé ertres le pere de nos ordinateur d’aujour’dhuis

  2. DECKARD avril 7, 2015 10:21   Répondre

    Pour le bien de l’humanité, je vais réécrire le texte de Germond Alan de Dreux 28100, sans faute d’orthographe (mais sans corriger les tournures de phrase très maladroites) :

    « J’ai eu le bonheur de connaître le MO5 à l’âge de 6 et 7 ans ; je parle de ça : c’était en 1986 et 1987, j’étais à l’école. En y repensant, ça fait très bizarre le bond que l’informatique a fait. Je jouais avec le MO5 sans savoir que ça allait être le père de nos ordinateurs d’aujourd’hui. »

  3. Setzer octobre 8, 2015 8:48   Répondre

    Merci pour les corrections Deckard.
    Et merci à Germond pour son commentaire !

  4. Fred avril 3, 2019 9:48   Répondre

    J’ai appris les rudiments de la programmation en LSE, Langage Symbolique d’Enseignement, un cousin francophone du Basic pas mal du tout, et j’ai pu écrire ma première application quasi-professionelle pour MO5 avant d’entrer en école d’ingénieur en informatique… école où – soit dit en passant – il n’y avait pas encore de PC. Tout ça fait très « siècle dernier » mais beaucoup d’algorithmes puissants encore utilisés de nos jours datent de cette époque voire avant…
    Bravo aux pionniers, et malgré les

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *