Les Jeux Vidéo Expliqués A Ta Mère – Chapitre 3

Vous êtes encore là ? Cool ! C’est que la rubrique vous plaît, alors ?!
Tant mieux, parce qu’aujourd’hui, on continue avec trois nouvelles questions ! Par contre, mea culpa, dans mon dernier article, je vous avais annoncé que je répondrai à la question « A quoi je joue si je veux débuter ?« , mais heureusement que Noëlie était là pour me recadrer et me dire, avec cet amour immodéré qu’elle me porte : « Mais non, tête de con ! Y a des questions plus importantes ! Comme… »

 

Les Jeux Vidéo rendent-ils violents ?

Et effectivement, c’est une question que se posent la quasi-totalité des mamans quand elles voient leurs gentils chérubins éclater des têtes, à grands coups de kalachnikov, sur écran plat.
Alors, une bonne fois pour toutes, comprenez bien que non, les jeux vidéo ne rendent pas violents. Ils peuvent exciter ou donner des idées, mais ils ne développent en aucun cas la violence qui pourrait exister chez un enfant (ou un adulte, d’ailleurs…).
Je ne vais pas vous assommer avec des études et des chiffres que vous ne retiendrez pas. Ce n’est pas le propos de ma rubrique, mais si ça vous intéresse vraiment, vous en trouverez plein sur Internet. Quoi qu’il en soit, n’oubliez jamais que le Jeu Vidéo est un loisir comme un autre et que, s’il mène à des dérives, il n’en est jamais (ou rarement) la cause. Si votre fille est anorexique, ce n’est pas parce que vous cuisinez mal ou qu’elle fait la difficile. C’est parce qu’elle souffre d’un problème plus grave et plus profond. Il en va de même pour votre enfant « violent » : le jeu vidéo peut être un symptôme et mais jamais une cause.
En fait, c’est plutôt logique, si vous y pensez deux minutes… La guerre n’est pas née avec le Jeu Vidéo. La violence est présente partout, même dans les pays où il n’y a pas de Micromania. Est-ce que tous les petits garçons qui jouaient Aux Gendarmes et aux Voleurs sont vraiment devenus des gendarmes et des voleurs ?

Quoi que vous en pensiez, votre enfant n’est pas bête et il sait faire la part des choses entre le réel et l’imaginaire. Et si ce n’est pas le cas (ce qui peut arriver), c’est à vous, en tant que parent, de le recadrer.
Bref, vous m’aurez compris : il faut vous poser les bonnes questions. Si votre enfant est violent, l’est-il toujours si vous lui coupez l’accès aux jeux vidéo ? N’existe-t-il pas d’autres comportements qui pourraient faire penser à un problème sous-jacent ?

Enfant soldats

Pas sûr qu’ils aient une Playstation…

 

Les Jeux Vidéo isolent-ils du reste du monde ?

Désolé d’en décevoir certains, mais, là aussi, la réponse est non.
En fait, ma réponse sera quasiment la même que la précédente : les jeux vidéo sont un symptôme et pas une cause.
L’exemple le plus courant, depuis quelques années, ce sont ces gamins qui jouent en ligne (sur Internet, donc, souvenez-vous !) pendant des heures, quitte à ne pas dormir. Du coup, ils tombent de sommeil à l’école, ne parlent plus à personne et restent des heures dans leurs chambres, même quand vous leur dites qu’il fait beau et que ce n’est pas un temps pour rester enfermés.
Accuser les jeux de les avoir endoctrinés, c’est la solution de facilité. Réfléchissez et demandez-vous plutôt « pourquoi ces personnes cherchent-elles à fuir la réalité ?« . C’est vrai, non ? « Pourquoi veulent-elles vivre dans un autre monde ? »
Que ce soit avec raison ou pas, certains préfèrent passer du temps dans un monde auquel ils participent, un univers dans lequel ils se sentent importants. Pour eux, c’est toujours mieux que d’affronter des parents intrusifs, des profs chiants, un patron autoritaire ou des camarades agressifs.

A l’inverse de cet exemple un peu extrême et pathologique, nous vivons aujourd’hui dans un monde hyper-connecté. Que ça plaise ou non, beaucoup de choses se passent sur Internet et un nombre conséquent de personnes se sont rencontrés sur ces mêmes jeux en ligne, tissant des liens durables d’amour ou d’amitié.
Prenez votre humble serviteur (moi, quoi !) qui a rencontré l’amour sur un réseau social (Pixwoo, en l’occurence) et qui participe à ce site sans avoir jamais rencontré la plupart des autres membres dans la « vraie vie« .

Rageclavier

Vous les reconnaissez, vos autistes ?

 

 

Les Jeux Vidéo rendent-ils bêtes ?

Vous les voyez s’abrutir devant leur écran et vous vous demandez comment leur cervelle n’a pas encore coulé par leurs oreilles, hein ?
Et bien rassurez-vous, les jeux vidéos ne rendent pas idiots ! Bon, après faut pas pousser, ils ne rendent pas plus intelligents non plus.
C’est vrai qu’ils n’ont pas une image noble, néanmoins, ils peuvent s’avérer éducatifs, ou tout du moins instructifs.
Educatifs avec les logiciels du même nom, qui reprennent, par exemple, le programme scolaire sous forme ludique (Adibou fut un des plus célèbres), ce qui facilite souvent l’apprentissage.
Instructifs avec des titres qui vous apprennent des choses ou, encore mieux, qui vous poussent à vous améliorer.
A titre personnel, j’ai appris l’anglais grâce aux jeux vidéo. Les jeux à plusieurs joueurs développent votre esprit d’équipe ou, parfois, votre capacité à diriger un groupe. Certains RPG (appelés Tactical-RPG) nécessitent un réel sens de la stratégie. La saga du Professeur Layton fait appel à votre réflexion avec des énigmes inspirées des tests de QI.
En fait, plutôt que de rendre bête, beaucoup de titres se jouent plus avec le cerveau qu’avec les doigts !

Et une fois de plus, n’oubliez pas que le Jeu Vidéo est un loisir comme un autre et qu’il n’est pas interdit de jouer ET de s’instruire à coté, que ce soit en lisant, en sortant ou en discutant avec du monde.

 

EternalS

Derrière son image de manga coloré, Eternal Sonata est un jeu qui vous apprendra tout sur la vie de Frédéric Chopin.

 

 

Au travers de ces trois questions, une réponse commune apparaît : non, le Jeu Vidéo n’est pas dangereux. Il s’agit d’un loisir tout à fait normal, totalement compatible avec d’autres centres d’intérêts et une vie équilibrée.
Si des dérives existent, elles sont souvent le signe d’un malaise – voire d’un mal-être – beaucoup plus profond. Si vous êtes témoins de telles dérives, ne prenez pas peur et posez-vous les bonnes questions. Ou encore mieux, allez discuter avec la personne concernée : peut-être qu’elle n’attend que ça, que vous vous intéressiez à elle.

 

3 commentaires

  1. Freddy mars 22, 2015 8:03   Répondre

    Un excellent article, très intéressant.

  2. Nicolas mars 22, 2015 8:11   Répondre

    En complément, je me permets de mettre le liens de notre podcast sur le sujet :

  3. Julien mars 25, 2015 8:37   Répondre

    Par rapport à ta deuxième question, je tiens à noter une fonction utile du jeu vidéo pour les parents.

    Lorsqu’un bambin joue une manette en main, Papa et Maman savent où il se trouve. Et il est assez facile de vérifier qu’il joue.
    Lorsqu’un bambin joue en bas de la cage d’escalier… d’ailleurs, est-il bien là bas ? Et que peut-il bien faire ?…

    Je lisais il y a peu une quelconque étude expliquant que le périmètre d’évolution d’un enfant était passé de quelques kilomètres à quelques centaines de mètres en quelques décennies (les nombreux « quelques » sont là pour témoigner des carences de ma mémoire, mais vous aurez compris l’idée). Doisneau aurait aujourd’hui bien du mal à photographier des têtes blondes déambulant en ville. Le jeu vidéo a contribué à cet effet.

    Certains affaires d’enlèvement ont sans doute contribué à ce que les parents apprécient voir leur chérubin scotché devant l’écran plutôt que zoner dehors à des heures indues.

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