Les jeux en kit

Mon âge ne cesse de progresser alors que mon intelligence reste la même. On peut donc le dire : je suis un vieux con !
J’ai beau lutter vaillamment contre les nostalgeeks passéistes adeptes du « c’était mieux avant », je ne peux m’empêcher de pester contre certaines dérives du Jeu Vidéo actuel, voire même de regretter l’époque bénie de ma jeunesse, quand jouer était plus simple.

American Beauty

Aaaaah, la création de personnage… Quelle idée merdique ! Enfin, non… pas au départ.
On a tous trouvé géniale la possibilité de pouvoir personnaliser son avatar, voire de le créer de toutes pièces, comme dans un JdR. Mais là, c’est trop. Quel intérêt de pouvoir modifier l’espace entre le nez et la bouche ? Ou d’avoir un menton-Bogdanov ? Qui veut d’un héros à moitié chauve ? Pourquoi toutes ces possibilités ?
Surtout qu’au final, vous opterez pour une de ces deux solutions : 1) prendre un héros préfabriqué ou 2) prendre un héros entièrement façonné par vos mains mais qui ressemble à celui de tous les autres joueurs (ou au moins à 95% d’entre eux).
Pourquoi donner accès à tous ces paramètres, sachant que l’immense majorité des avatars seront des beaux gosses musclés (grand, brun, baraqué, blanc) ou des filles super sexy (quelques fantaisies niveau couleurs, mais dans tous les cas une taille fine et une grosse poitrine).
Soyez franc et dites-moi qui a déjà joué avec un petit chauve à lunettes ou une gothique obèse ?
Je préfère largement les jeux où les créateurs se sont donnés du mal pour inventer des personnages propres à leur univers, à leur licence. Des putains de vrais héros qui ont une gueule, un charisme, une personnalité. Dommage que la plupart du temps ce soient de gros bourrins du type Marcus Fenix ou Kratos… Merci donc à Telltale Games pour avoir eu deux bonnes idées concernant le héros de Walking Dead : ce n’est pas un stéréotype et il est black ! (et croyez-moi, y en a pas tant que ça…)
Conclusion : un héros en kit n’est pas la solution au manque d’inspiration. Que les éditeurs se creusent plutôt la tête pour donner naissance à des vrais personnages ! War (Darksiders) ou Faith (Mirror’s Edge), j’en veux bien tous les jours !

Tu joues à Mario Party ?

Tout vieux con que je suis, j’ai quand même connu un temps où les jeux étaient plus courts et moins aboutis, mais au moins ils avaient un vrai scénario ou une certaine profondeur dans leur trame.
Bon, pas tous, hein ! Beaucoup de titres d’action avaient un pitch qui tenait sur un cure-dent. Mais les jeux d’aventure ou les RPG, c’était autre chose ! La quête principale était longue, complète, prenante et émaillée ça et là par quelques petites quêtes annexes, facultatives mais intéressantes pour souffler un peu ou pour en apprendre plus sur l’histoire. Et c’est bien pour ça que je maudis Final Fantasy 7 et ses potes de la même génération car ce sont eux qui ont commencé à inclure des missions secondaires de plus en plus longues et/ou sans rapport avec l’histoire. Une preuve ? Facile ! Quand je demande aux gens s’ils se souviennent de FF8 ou FF9, la plupart me répondent « Ah ouais ! C’était trop bien le jeu de cartes, là !« , comme si c’était l’attrait principal du titre.
Petit à petit, cette dérive s’est installée, s’est développée, s’est enracinée dans le schéma classique du JV. Résultat, aujourd’hui, beaucoup de licences ne sont que des successions de missions annexes greffées autour d’un maigre scénario de départ. Encore pire, certains jeux proposent plus de mini-jeux qu’autre chose. Typiquement, on peut citer les GTA/Yakuza et consorts qui cumulent jeux de baston, jeux de tir et jeux de conduite, jeux d’infiltration, jeux de drague, jeux de sport (nautiques ou terrestres), jeux de hasard et j’en passe. Et le scénario dans tout ça ? On s’en fout, tu vois pas que j’ai un ticket pour la grande roue de la fête foraine !

Liberté je crie ton « non » !

Et puisqu’on parle scénario, j’aimerai aborder l’argument-massue sorti par chaque défenseur d’un jeu en kit : « Ouais mais t’as quand même une grande liberté d’action ! » Si j’étais américain, je répondrais par un rageux « Bullshit, cocksucker ! »
En effet, il ne faut pas confondre « liberté » et « impression de liberté« . Dans les RPG Bioware (et plus largement les RPG occidentaux), on vous fait croire que vous pouvez choisir de vous allier à telle ou telle race. Mieux ! On vous fait croire que c’est important. Mais au final, que vous choisissiez les loups-garous ou les elfes, les Quariens ou les Geths, la trame principale ne sera pas affectée et la fin… ou plutôt les différentes fins seront quasi-identiques. Personnellement, j’ai adoré Mass Effect (un peu moins Dragon Age…), mais j’ai clairement eu l’impression que l’éditeur me disait : « Ecoute, on n’a pas su quelle fin choisir, ni quelle direction donner au scénario. Le mieux c’est que tu fasses ça tout seul ! » Les J-RPG sont souvent critiqués pour leur côté ultra-dirigiste, mais au moins, ils l’assument.
Pour revenir à des jeux comme GTA/Yakuza/etc… la critique est la même : on vous donne beaucoup de choix, mais in fine, le jeu a ses limites et vous ne pouvez pas faire n’importe quoi. Vous êtes condamnés à rester dans des couloirs, même si ceux-ci sont plus larges : terminer le scénario ou perdre du temps en attendant de le terminer.

La mienne est plus grosse que la tienne

Et plus belle aussi ! Faut dire que j’ai passé 4 heures à accumuler du fric pour pouvoir mettre un silencieux doré sur mon fusil sniper. Et toutes mes balles ont un sourire de requin dessiné dessus ! Trooooop cooooool !!
Combien de temps passé à ne rien faire, ou plutôt à faire des tas de trucs sans rapport direct avec le principe du jeu, juste pour une amélioration graphique ou une médaille qui ne sert à rien. Enfin si : ça prouve que j’ai un gros kiki… et beaucoup de temps à perdre.
Pour moi, ce genre de gadgets devrait être gratuit, inclus directement dans les options de jeu. Pas besoin de faire 250 head-shots pour obtenir un beau costard. Les pires récompenses étant celles du type : Vous avez réussi à battre 10.000 ennemis, vous obtenez une super-technique ! Non mais sérieux… Si t’as réussi à vaincre 10.000 ennemis, t’as plus besoin de super-technique ! C’est comme dans Questions pour un champion : le mec gagne une encyclopédie alors que manifestement, il la connaît déjà par coeur !
Même si la tendance émerge, encore trop peu de titre proposent des missions/défis/trophées/etc… bénéfiques au plaisir de jeu. Une fois de plus, il s’agit surtout de gonfler artificiellement la durée de vie avec des gros appâts qui brillent.

Les DLC

Abréviation de « Donne Le Cash ! » ou encore de « Dans Le Cul…« , le DLC était aussi une bonne idée au départ, avant de devenir une arnaque à grande échelle.
C’est vrai quoi ! Quelques temps après la sortie d’un jeu, on vous proposait de le ressortir du placard pour en découvrir (contre une petite somme) d’autres chapitres/missions/nouveautés. Là où on nous prend pour des cons, c’est que maintenant, une fois le titre terminé en studio, on en coupe quelques morceaux pour les revendre plus tard. La plupart du temps, ces mêmes morceaux SONT DEJA sur le DVD que vous achetez. Il vous faut juste payer 15€ pour télécharger une clé qui les débloquera, ce qui fait franchement cher le kilo-octet.
Pour parfaire ce sombre racket, les éditeurs suivent également LE business-plan incontournable de ce nouveau siècle : les micros-paiements !
Vous voulez un nouveau chapeau : 2€ ! Une jolie paire de chaussures : 3€ ! Un nouveau niveau : 5€ ! Pour revenir à Dragon Age, le vice est poussé jusqu’à intégrer dans votre campement un marchand qui ne vend que des DLC ! Ils n’ont plus honte de rien, quoi… En même temps, les joueurs aiment de plus en plus se faire plumer. Faudrait être bête pour passer à côté d’une masse d’argent pareille.
Je me demande combien parmi vous, gentils lecteurs, ce sont fait pigeonner en achetant les 2 combattants disponibles le jour de la sortie de Marvel vs Capcom 3

 

Quand j’achète un jeu, je m’attends à être confronté à une oeuvre fabriquée par quelqu’un. Quelqu’un qui me proposera une histoire, une ambiance, un point de vue, une expérience.
Je ne veux pas d’un « Jeu dont vous êtes le décisionnaire » ! Je ne veux pas qu’on me fasse croire que tout ce que je fais est important pour découvrir que finalement, non.
Je veux Baten Kaitos. Je veux Deadly Premonition. Je veux Katamari. Je veux des Jeux Vidéo !

Débrouille-toi !

Débrouille-toi !


2 commentaires

  1. alex février 11, 2014 12:13   Répondre

    D’accord sur pas mal de point, notamment le DLC où l’abus est vraiment de sortir du contenu qui aurait du tenir dans le jeu de base.

    Par contre, j’aurais pensé que tu aurais cité le principe du newgame+, très redondant sur les jeux actuels où le jeu doit se finir x fois pour débloquer la difficulté adapté, ou encore qui permettent de débloquer des quêtes secondaires impossible à commencer dans une partie classique.

    « je maudis Final Fantasy 7 et ses potes de la même génération car ce sont eux qui ont commencé à inclure des missions secondaires de plus en plus longues et/ou sans rapport avec l’histoire. »

    Ah….. ff12 et son boss caché qui durait au moins 8h et dont tu devais te retaper le combat si tu te foirais sur son heal……..

  2. Setzer février 11, 2014 4:02   Répondre

    Ayant connu Chrono Trigger lors de sa sortie, j’avoue beaucoup apprécier le principe de New Game +
    Maintenant c’est vrai que les abus sont nombreux et que généralement, je ne finis mes jeux qu’une seule fois, quitte à rater des trucs.

    Sinon, pire que de recommencer le jeu pour avoir accès à certains passages, je peux encore te citer FF, le 9 par exemple, qui proposait d’arriver presque à la fin en un temps limité, tout ça pour avoir une super épée pour Steiner (je crois…)
    Complètement con !

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