Laissez-moi tranquille

Ouais, je sais que je suis en retard, que je devais publier hier.
Mais je voulais un vrai regard, monter mon texte pierre par pierre.
Pas un truc de bâtard, quelque chose dont je sois un peu fier
Alors voilà mes mots de connard portés par mon attitude altière.
Pas de leçon à donner, juste un gros ras-le-bol.
Marre que ma passion soit devenue un symbole,
un produit, une entreprise, une machine à pactole,
un faire-valoir, un mauvais exemple, une nécropole.

 

Laissez-moi tranquille les vieux qui pensent que c’était mieux avant !
Vous oubliez trop vite qu’à l’époque, on se saignait à coup de 600 francs,
que les manettes donnaient des ampoules à nos doigts d’enfant,
que les couleurs flashy bavaient sur tout l’écran.
Remballe ta nostalgie et tes petits yeux humides :
y avait pas que des Kirby et des Super Metroïd !
Quand t’étais petit, ta ludothèque était bien vide,
le gameplay pourri et les sauvegardes arides.
Arrête de passer pour un vieux con et lâche ton Amiga.
La nouveauté, c’est pas toujours aussi nul que tu crois.
Y a des pépites partout si tu cherches au bon endroit :
quand t’auras testé Portal, tu me remercieras !

 

Laissez-moi tranquille les jeunes qui pensent avoir tout vu
J’avais fini Wipe Out, ils se torchaient même pas le cul !
Ils vous parlent du passé comme s’il n’existait plus,
mais le rétro est immortel, j’en suis convaincu.
Accroché aux couilles des youtubeurs comme une ventouse,
ne commets surtout pas l’erreur de croire que je te jalouse.
Tu ne le sais pas encore, mais ton époque pue déjà la loose.
J’ai vu la chute de l’Oculus en 1992 !
Tu me parles de online et de tes amis par milliers,
mais regarde bien, t’es tout seul sur ton canapé.
Moi, mes potes sont venus avec des pizzas à partager.
Cowabunga ! La nuit ne fait que commencer !

 

Laissez-moi tranquille les éditeurs, les marketeux
Arrêtez de m’enfumer avec vos arguments douteux,
vos idées sont périmées et vos concepts coûteux.
Je suis un putain de joueur, pas un gros citron juteux.
Laissez-moi tranquille les gros studios frileux.
Repu d’argent facile, vos gros yeux vitreux,
Vous avez jeté votre courage au feu,
mais maintenant, il est temps d’être audacieux.

 

Laissez-moi tranquille les pseudo-journalistes !
Ces pauvres pantins qui se prétendent spécialistes
Beaucoup ont oublié qu’une éthique existe
et ne recopie que ce que l’éditeur leur liste.
Les images, les gros titres, les news à clic,
rien que d’y penser, j’ai les yeux qui piquent.
Je sais que c’est facile de cracher sur le pathétique,
alors qu’ils tentent de survivre dans un modèle économique.
Mais c’est plus fort que moi, c’est le coeur qui parle !
Lire des articles vendus, c’est vraiment pas normal.
Je parle comme Miss France, mais putain, ça fait mal
de me dire que jouer, ce n’est plus le principal.

 

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3 commentaires

  1. Freddy janvier 13, 2016 7:16   Répondre

    Bravo à toi Grand Corps Malade pour ce texte toute en poésie.

  2. Setzer janvier 14, 2016 10:25   Répondre

    Non, moi c’est Encore Malade !
    Mais merci. Content que tu aies apprécié.
    Je pense que je vais l’updater régulièrement. Si t’as des idées…

  3. Julien janvier 16, 2016 9:44   Répondre

    Bravo !
    Dépose à la Sacem et trouve qui pourrait l’interpréter ! Pour une version sombre, je te suggère Casseur Flowters. Pour une version plus amusée, The Bobo’s.
    Oncle Kaz te ferait la jaquette.
    Je peux être ton manager, tu sais celui qui se tiendra à côté de toi aux Victoires de la Musique 2017 et qui prend 33% des recettes pour 3% du travail fourni.

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