La machine du mois : le Commodore Amiga

lorraine

Le projet Lorraine

Ceux qui me connaissent savaient que ce n’étaient qu’une question de temps avant que je mette l’Amiga à l’honneur. Pourtant, j’ai retardé ce moment le plus possible car je ne voulais pas faire ça à la va-vite. Et puis s’est posé la question de la machine de ce mois de décembre, avec pour thème les point’n’click… Qu’est-ce qui collerait le mieux ? Le PC ? J’ai déjà fait un article dessus et puis je ne trouve pas ça super sexy… Pareil pour l’Atari ST, j’ai déjà écrit un article… Ne me restait que l’Amiga ! Ce n’est pas la machine la plus représentative pour ce genre de jeu, mais elle aura eu ses moments de noblesses tout de même. Passage en revue !

Amiga500+

L’Amiga 500+

Accouchement dans la douleur

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de l’Amiga dans le détail. Pour ça, je vous invite à jeter un coup d’oeil sur l’histoire de Commodore sur notre chaîne Youtube (liens en fin d’article). Sachez simplement que le projet Lorraine – qui déboucha sur l’Amiga 1000 – faillit bien devenir le futur Atari ST. Le projet fut tenu par une poignée de passionnés, prêts à travailler sans salaire pour arriver au bout de leur idée.
A l’époque, Atari voulait récupérer la technologie d’ miga Corp. en invoquant un crédit contracté entre eux. Commodore, qui n’avait pas de machine à proposer après le C128, racheta Amiga Corp., remboursa le prêt et apporta du cash dans le projet Lorraine.
Ce projet était très prometteur, avec un ordinateur multitâche exploitant une architecture basée sur plusieurs co-processeurs. Les premières démos techniques était tout simplement bluffantes (il n’y avait qu’à voir la démo Boing Ball pour se convaincre).

Shadow of the Beast et son scrolling à tomber! (Même si on ne le vois pas sur l'image^^)

Shadow of the Beast et son scrolling à tomber! (Même si on ne le vois pas sur l’image^^)

Les jours heureux…

Aujourd’hui, l Amiga bénéficie d’un statut de machine culte. Il faut dire que c’était vraiment une machine exceptionnelle, avec des capacités graphiques et sonores au-dessus de ce qui se faisait à l’époque ! Je suis toujours sceptique face à Shadow of the Beast , mais force est de reconnaître que le scrolling parallaxe et les 128 couleurs à l’écran en jetaient particulièrement… sans comparaison avec la version ST !
A propos de ST, c’est bien la guerre entre ces deux géants qui donna l’occasion à l’Amiga de sortir ce qu’elle avait de meilleur, même si, objectivement, l’Atari ne pouvait pas supplanter l’Amiga (aucun débat possible, je vous assure !).
L’avantage, c’est que outre de supers jeux, l’Amiga possédait un véritable OS multitâches (Workbench) et disposait d’outil magiques comme Deluxe Paint IV par exemple, logiciel de dessins surpuissant !

… puis la fin

amiga1200

L’Amiga 1200

Commodore à mal évalué le danger représenté par les compatibles PC et malgré un effort pour étoffer la gamme (avec quelques nouveautés rarement exploitées), la firme déposa les armes en 1994, après un Amiga 1200 arrivé trop tard et pas mal d’erreurs tactiques, comme l’Amiga CD32 par exemple.

Les générations d’Amiga

Timeline 2

L’avantage de l’Amiga, c’est qu’il a bénéficié d’une gamme assez large. Paradoxalement, le premier Amiga fut l’Amiga 1000 et non le 500. La machine est sortie à la hâte et aura disposé d’une version modifiée assez rapidement. L’Amiga 500 est arrivé très rapidement, lui aussi, pour combler la case « Informatique familiale« . Les parties software et hardware ayant été revues à la hausse, j’ai toujours pensé que l’Amiga 500 était le véritable aboutissement du projet Lorraine, et l’Amiga 1000 une simple ébauche… Mais ce n’est que mon humble avis.
L’Amiga 2000 suivit pour la partie « Pro » de la gamme. La deuxième génération sera armée de l’Amiga 500+, une version boostée en mémoire avec une rom un peu plus évoluée. Là encore, il a surtout essuyé les plâtres des Amiga 600 et 3000. Le 600 n’était guère qu’un 500+ avec un port IDE (pour un disque dur), un port PCMCIA, un design plus compact et quelques évolutions mineures. Le 3000, lui, fut une magnifique relève au vieillissant 2000.
En parallèle, Commodore tenta d’envahir les salons avec le CDTV, un 500+ avec un lecteur CD qui s’intègrait parfaitement au design de votre chaîne Hi-Fi (… de l’époque). La véritable évolution est venue avec les Amiga 1200, 4000 et CD32. Plus de couleurs à l’écran, plus de capacités, un hardware revu et corrigé ainsi qu’une réelle envie de la part de Commodore de marquer la différence avec les anciens modèles. Les éditeurs ont assez peu profité de cette nouvelle technologie, et il faudra un moment avant de voir arriver des jeux à la hauteur du 1200. Le CD32 fut un four complet à cause d’une stratégie bizarre et des déboires sur le sol américain. Malheureusement le PC avait déjà fait son trou et Commodore céda le tout à ESCOM.

Le CDTV

Le CDTV

amiga_500Les jeux à connaître sur Amiga

Difficile de choisir un top 5 parfait. Je vais plutôt citer les jeux que j’ai préférés et que je vous conseille fortement. Pas besoin de m’insulter, j’en ai forcément oublié^^ :

Cannon Fodder, Lemmings, Project X, Apidya, Turiccan, Agony, Speedball 2, Uridium 2, Cadaver, Shadow of the Beast 2 et 3, Zak McKraken, Fire and Ice, ElfMania, Super Frog
Je vous l’ai dit, il y en a des dizaines !

amiga_500Acquérir un Amiga

Ce n’est pas forcement onéreux, à condition de savoir ce que vous voulez ! Un Amiga 500 peut-être une bonne idée à condition d’avoir le place de stocker les disquettes, ou de disposer d’un émulateur de lecteur avec une carte mémoire. Vous pouvez passer par un disque dur, mais l’avantage du 500 est qu’il est peu cher et l’achat d’un disque externe peut engendrer des frais. Attention toutefois, si vous optez pour un modèle 500 classique, pensez à prendre l’extension mémoire de 512Ko pour monter à 1Mo et faire tourner la plupart des jeux ! Si vous décidez de la jouer roots et de tout faire tourner sur disquette, un deuxième lecteur ne sera pas de trop !

Pour ma part, je vous encourage plutôt à vous tourner vers un 600 ou un 1200. Le 600 sera bien suffisant si vous ne souhaitez pas aller trop loin. Il vous offrira la possibilité de mettre une carte compact flash en guise de disque dur et de mettre un WHDLoader (logiciel vous permettant de faire tourner des jeux stockés sur disque dur). Si vous voulez faire tourner l’intégralité des jeux Amiga sortis avant 1994 (CD32 compris), un 1200 avec la même compact flash sera parfait !
Le 1200 se négocie aux alentours des 150€. Avantage direct : les pièces se vendent encore via diverses boutiques comme Amiga Kit en Angleterre, Vesalia en Allemagne ou encore Amedia en France (pratique pour les lecteurs de disquettes fatigués).

amiga_500A savoir

Le lecteur de disquette justement, puisque ces dernières sont formatées en 880 Ko. Donc, si vous souhaitez bricoler, passez impérativement par la case boutique spécialisée ou fer à souder (possible avec certains modèles de lecteurs standards). Si vous voulez allez beaucoup plus loin, sachez aussi qu’on peut mettre des cartes PCI de PC et autres cartes accélératrices dans votre Amiga. Il vous faudra un bon budget, mais c’est jouable !

amiga_500En conclusion, à qui ça s’adresse ?

Que vous soyez curieux ou nostalgiques, il ne faudra pas avoir peur de bien vous documenter, surtout si vous voulez une machine pour jouer et que vous êtes habitués aux consoles.

Comme promis, voici les liens vers les vidéos sur l’Histoire de Commodore :

 

 

1 commentaire

  1. Olivier Cappelaere décembre 8, 2015 10:22   Répondre

    Super ton article!

    Quelle belle machine et que de bons moments passés à jouer, faire des dessins avec dpaint et de la musique avec octalyser et octamed!

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