J’ai joué à… Conker’s Bad Fur Day (N64)

Honnêteté oblige, je dois vous avouer que je n’ai pas vraiment joué à la version N64, mais à celle de la compilation Rare Replay sur Xbox One. Et heureusement, il s’agit bien de la version Nintendo et non la Live and Reloaded toute pourrie de la Xbox. En résumé, pas de censure mais de l’alcool, du sang, du vomi et un étron chantant !

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Ça commence bien…

 

Bouffeur de gland

On l’a déjà dit et nous le répèterons, Nintendo est le roi de la censure. Pourtant, sur chacune de ses consoles, il y a toujours un jeu qui n’aurait jamais du être édité. Par exemple, la Wii a eu son Mad World. Et bien, sur N64, c’est Conker’s Bad Fur Day qui détonne complètement.
Vous incarnez Conker, un écureuil qui sort d’une gueule de bois monumentale et tente de rentrer chez lui. Sur le chemin du retour, il tombera sur les situations les plus absurdes, chacune servant à varier le gameplay. Entre la plateforme, l’exploration, les énigmes, les courses et les combats de boss, on ne s’ennuie jamais. Surtout que chaque niveau est l’occasion de placer des références en pagaille, allant des ours nazis à la mafia des fouines, et bien sûr du sexe, de la violence et du scato-rigolo.

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Je vous avais dit que les graphismes étaient superbes !!

Et je coupe le son…

Comme beaucoup de joueurs, j’ai des tics quand je joue. Par exemple, quand un passage me pose des difficultés au point de le recommencer plusieurs fois, j’ai tendance à couper le son. Déjà pour mieux me concentrer, mais surtout parce que la répétition de la musique m’énerve énormément. Et dans CBFD, ça m’est arrivé… plus d’une fois ! Le pire, je crois, fut la séquence de la boîte de nuit. Attention, les phrases suivantes pourront vous paraître louche, sorties de leur contexte.

Pour résoudre le puzzle, vous devez commencer par vous soûler. Ensuite, vous devez aller – tout en titubant – à côté d’un personnage pour lui pisser dessus et déclencher un événement. Mais s’il vous voit, il vous tabassera et vous fera à moitié décuver. Du coup vous ne pourrez plus pisser et vous serez obligé d’aller prendre une aspirine – toujours en titubant – pour pouvoir être de nouveau sobre et recommencer à vous mettre minable.
Lors d’un échec, ce processus est tellement long que j’avais plus vite fait de quitter le jeu et recharger la partie. Résultat : une phase bien fun se transforme en torture nerveuse qui dure trop longtemps…

Et c’est vraiment dommage parce que, si son gameplay n’était pas aussi pourri, CBFD serait un jeu parfait. Hélas, la caméra est une horreur (non réglable) et la maniabilité souvent mal pensée. On rit bêtement (et grassement) devant toutes les idées génialement dégueulasses proposées par Rare, mais on s’agace un peu trop souvent à mon goût.

… et je remets le son !

Par contre, tout le reste du jeu est fabuleux. On découvre plein d’idées débiles complètement innovantes et des façons de résoudre les énigmes jamais vues auparavant.
Par exemple, planter les cornes d’un taureau dans une palissade pour pouvoir le chevaucher. Puis, le diriger pour qu’il heurte une vache. Cette dernière, choquée, va aller boire un jus de prune et se mettra à chier sans s’arrêter. Et grâce à ça, vous aurez votre boule de merde qui vous servira à assommer l’insecte qui vous barre le chemin vers le sommet du Mont Caca.

En réalité, dans CBFD, ce ne sont pas les situations complètement délirantes qui nous étonnent, mais plutôt les manières de les résoudre. Tout le long du jeu, je me suis demandé jusqu’où Rare comptait aller… La réponse, c’est loin, très loin. Et ça fait un bien fou de rencontrer un jeu comme ça dans cet environnement si formaté et polissé qu’est devenu le JV aujourd’hui. Je me suis revu à 10 ans, jouant à un jeu de strip-poker sur Commodore 64. Je me suis souvenu qu’à 12 ans, je tuais des nazis dans Wolfenstein. Plein d’autres souvenirs sont revenus à la surface, me renvoyant en pleine face l’insipidité des jeux actuels.

Mais pour en revenir à Conker, sachez que le jeu a très bien vieilli. Certes, les graphismes sont toujours plein de polygones, mais ils ont gardé un certain charme. En fait, je devrais plutôt dire qu’ils ont toujours de la gueule. Sérieusement ! J’ai vu des titres PS2 qui avaient bien plus morflé ! Encore mieux, je trouve l’ambiance graphique beaucoup plus réussie sur la version N64 que sur la version remasterisée de la Xbox.

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Bienvenue chez Nintendo

It was what I call… a bad fur day !

En conclusion, si vous arrivez à passer outre cette putain de caméra, vous aurez entre les mains un des meilleurs jeux de la N64, et même un des meilleurs jeux jamais sortis. Conker’s Bad Fur Day est un putain de bon titre qui, sous ses airs scato-rétro-débilo-provocants, donne ses vraies lettres de noblesse au média, prouvant que le JV, ce ne sont pas que des beaux gosses militaires et des gentils persos rondouillards.
Dans ce monde calibré où les scénari stupides aboutissent à des débats stériles, Conker vous emmerde et moi avec ! Allez vous faire foutre.

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