J’ai joué à… Stanley Parable (PC)

A la base, je voulais écrire un test de Ai Cho Aniki, le shoot’em up où votre vaisseau est un body-builder japonais en slip. Il y avait aussi Octodad, le jeu de famille où vous devez cacher à tout le monde qu’en réalité, vous n’êtes pas un humain mais un poulpe déguisé.
Et puis, il y a eu Stanley…

 

StanleyPStanley

Stanley au travail

Stanley est un employé dont la tâche consiste à s’assoir à son bureau et là, toute la journée, il appuie sur les touches de son clavier en fonction des instructions qui apparaissent sur son écran.
Chaque jour, il frappe une touche, puis une autre, puis une autre, puis une autre.
Et puis un jour, plus rien.
Plus aucune instruction n’apparaît à l’écran.
Que faire ? Naturellement, vous sortez de votre bureau.
Personne.
Vous commencer à vous déplacer dans tout l’étage, à la recherche d’un collègue ou de… Personne.
Des chaises vides dans des pièces vides reliées par des couloirs vides. Par contre, depuis le début, une voix décrit vos moindres faits et gestes… et même vos pensées !
Il s’agit du Narrateur. Etre omniprésent et omniscient, il sera toujours présent pour vous orienter là où il faut… à moins que ce ne soit là où lui veut que vous alliez…
Et si tout ça n’était qu’un leurre ? Et si vous preniez la porte de droite et non celle de gauche ? Et si vous faisiez demi-tour ? Et si vous refusiez de bouger de votre bureau ?

Ce genre de question, c’est la base et tout l’intérêt de Stanley Parable, un titre qui se moque ouvertement du concept de liberté dans le Jeu Vidéo.
Parce que oui, depuis des années, on vous fait croire que vous avez le choix, que vous êtes unique ou plus intelligent que la moyenne des joueurs, tout ça parce que vous avez trouvé un chemin alternatif ou que vous n’avez pas fait ce que le jeu attendait. Mais GTA vous a menti et Bethesda vous prend pour un con.
Et ça, Stanley Parable l’a parfaitement intégré et le démontre avec un génie époustouflant. Vous n’êtes pas et vous ne serez jamais libre, car toutes vos réactions ont été anticipées par le Narrateur, Grand Architecte dont le discours s’adapte en fonction de vos actions (ou non-actions).

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Une des premières fins

Stanley est complètement WTF car il se termine en 5 minutes (voire moins). Mais est-ce la bonne fin ? Le jeu vous fait douter, alors vous recommencez pour prendre d’autres embranchements. Mais cette autre fin n’est pas satisfaisante non plus… Alors vous finissez le jeu une troisième fois. Une quatrième fois. Une cinquième fois. Toujours d’une façon différente mais toujours avec le même résultat : le jeu se fout de vous !
Et c’est complètement génial de voir les plans que vous – super joueur vétéran – vous avez mis du temps à échaffauder se faire contrecarrer comme s’il s’agissait de l’idée la plus stupide qui soit.

 

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Est-ce vraiment un choix ?

Jeu où on ne joue pas vraiment, Stanley Parable n’est pas un bouleversement métaphysique, mais bien un regard intelligent porté sur notre passion et plus particulièrement sur la relation au joueur. Subliment construit et geekement drôle, c’est une mise en abime du média qui réussit son coup : nous pousser à réfléchir sans jamais s’ennuyer.
S’il fallait résumer tout ça en un seul mot, ce serait : jouez !

Depuis des années, nous avons acquis la certitude que le gâteau est un mensonge. Il est maintenant grand temps d’accepter le fait que la liberté est une illusion.

 


1 commentaire

  1. Freddy mars 15, 2016 11:39   Répondre

    Le coup du placard à balai au début est génial, j’y suis bien resté un quart dedans sans rien faire, ni bouger.
    Puis me transporter dans un autre jeu vidéo au sein même de ce jeu (je ne citerai pas le nom) juste parce que j’aurai aimé y être… c’est dément.
    Le gâteau est un mensonge.
    La liberté est une illusion.
    Le gâteau est donc une illusion et la liberté un mensonge?
    L’illusion est-elle un mensonge? Si OUI la réalité est vraie. Si NON…

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