J’ai joué à Clock Tower (SNES) Même pas peur !

La série Clock Tower a tout d’abord été réservée à la Super Nintendo et à nos camarades nippons. Par la suite, elle fut disponible sur d’autres supports (Playstation, PC…) et débarqua également sur notre territoire, pour installer le joueur dans un inconfort persistant. Revenons sur le premier de la série…

Le pitch

Jennifer est conduite, avec trois autres orphelines adoptées par Mrs. Barrows, dans la grande et inquiétante demeure de cette dernière. Arrivée dans le hall à la décoration gothique, Mrs. Barrows les laisse pour chercher son mari. Mais elle tarde à revenir…

Jennifer part alors seule à sa recherche.

Un Survival horror ou… un point’n’click ?

C’est quand même un peu le bordel de définir ce qu’est le genre Survival Horror. Si l’on regarde l’univers de Clock Tower, nous conviendrons que la jeune Jennifer cherche à survivre dans un environnement dérangeant. En revanche, si l’on tient compte du gameplay, il s’agit d’un point’n’click. Alors donc ? Ben moi, spontanément, je dirais que j’a joué à un point’n’click.

Certes, Clock Tower propose les mécaniques attendues d’un survival horror : une héroïne sans défense, au dynamisme poussif, une ambiance glauque et inquiétante, des mystères à découvrit, etc… Mais nous interagissons sur l’environnement via un curseur, à la manière d’un point’n’click.
Finalement, déplacer son personnage dans une pièce jusqu’à examiner les éléments intéressants, ou balayer son curseur jusqu’à un élément interactif n’a pas foncièrement de différence, sinon de donner au joueur l’impression d’être plus ou moins actif. Or, cette relative passivité dans Clock Tower est là pour installer un climat malsain.

Des faiblesses liées au support et au design

Le souci de Clock Tower sur Super Nintendo, c’est son support. Comme Setzer l’a expliqué, l’ambiance survival horror  a explosé avec la Playstation. Et même si la console qui a popularisé la 3D offrait des textures encore bien pixélisées, il y avait de jolies cinématiques et des graphismes qui plongeaient le joueur dans une ambiance angoissante. Sur Super Nintendo, le jeu offre un visuel correct. Il a même la bonne idée de miser sur quelques jeux de lumière plutôt que des flaques de sang ou un univers grisâtre. Sauf que l’émotion ne passe pas bien, faute de réalisme.

Autre problème : le point de vue. Jennifer déambule de tableau en tableau : il s’agit d’une pièce (chambre, salle de bain…), d’un couloir ou d’un hall. Dans tous les cas, nous la voyons sous le même angle. Que la caméra ne bouge pas, soit, mais qu’elle ne change pas de point de vue (depuis le dessus, depuis l’angle d’une pièce, depuis le bout du couloir…) installe le joueur dans une habitude qui réduit son anxiété. Là encore, la console ne permettait sans doute pas toutes les folies.

Une ambiance, une histoire et des inspirations cinématographiques

Néanmoins, à l’époque, Clock Tower avait de quoi faire son effet. Car le jeu garde encore, plus de vingt ans après sa sortie, cette ambiance inquiétante. Et même si elles sont parfois prévisibles, les apparitions du Scissorman apportent le pic d’adrénaline nécessaire.

Bien que classique, l’histoire est plaisante, et l’on conduit volontiers Jennifer à percer les mystères de ce manoir et de son passé. Le jeu offre en outre une bonne rejouabilité grâce à différentes fins et en modifiant sensiblement l’environnement entre chaque partie.

Clock Tower s’inspire de références cinématographiques du genre. Jennifer rappelle ainsi l’héroïne de Phenomena de Dario Argento, et le jeu de couleurs dans certaines pièces, tout comme certains détails, renvoient aux giallos du réalisateur italien. Le méchant et sa cisaille évoquent, quant à eux, le côté slasher de Carnage.

Clock Tower s’inspire des œuvres de Dario Argento : Phenomena et Suspira.

 

Parmi les premiers jeux estampillés Survival Horror, Clock Tower propose en effet, dans un gameplay propre au point’t’click, une expérience qui sied aux termes « survivre » et « horreur ».
Les habitués de l’époque Playstation trouveront peut-être cela un peu poussif, mais l’ambiance est bonne et le plaisir de jeu bien présent.

2 commentaires

  1. Freddy décembre 12, 2016 7:56   Répondre

    Je ne connaissais pas cette version SNES ! je n’ai joué qu’à la version Playstation. Ce côté point’& click me fait pensé à un jeu dont j’ai parlé en février 2016 qui pour le coup colle bien au thème du mois : STASIS !
    http://www.rocketbox.fr/stasis/
    Je vais essayer de me dégoter la version SNES de clock tower, je suis curieux de tester ça.

  2. Setzer décembre 12, 2016 1:40   Répondre

    Sans rapport direct avec l’article, j’ai laissé le terme « giallos », mais je pense qu’il faudrait parler de « gialli » au pluriel.
    C’est un mot italien et c’est ainsi qu’il s’accorde.

    A part ça, je t’ai trouvé un peu sévère avec le jeu, mais en y réfléchissant, je pense que tu étais simplement objectif, contrairement à moi qui ai vécu une belle histoire d’amour avec ma SNIN 🙂

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