Il n’y a pas que le jeu vidéo dans la vie

C’est l’été !
Et qui dit période estivale dit article atypique.

L’histoire

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de jeu vidéo, mais d’une pépite que je n’ai eu le malheur de découvrir qu’en 2012.
Il y a trois ans de cela, tandis que je venais de passer 111 heures en 15 jours sur Deus Ex Human Revolution, je me remettais doucement à voir du monde. Durant cette convalescence, je fis la connaissance d’un petit groupe qui m’invita à une de leurs soirées… (rien de sexuel pour le moment)
Le rendez-vous était pris pour le samedi à 21h, en plein froid du mois de novembre.
Les indications, qui m’avait été données avec précision, me permirent de me rendre sans encombre au lieu de prévu.
Après avoir roulé durant 25 minutes, je finis en rase campagne, parsemée ici et là de vieilles maisons et longes en pierre recouvert de cet enduit couleur jaunâtre caractéristique du chanvre.
La route, plus étroite désormais, zig-zaguait en fonction des champs et des dénivelés, le tout sans aucun éclairage. Le vent froid se levait et je commençais à percevoir quelques gouttes sur le pare-brise tandis que, m’enfonçant dans une nuit sans lune, de la buée commençait à parsemer les vitres de l’habitacle.

route sombre 1
Au bout de dix minutes, j’aperçus au loin quelques lumières émanant des fenêtres des rares pavillons dont je me demandais encore comment des gens avaient pu avoir l’idée de venir s’implanter ici, loin de toute civilisation. Cette lumière provenait-elle d’ailleurs de bougies? Avaient-ils accès au confort de l’électricité? De l’eau courante ?
Mais force était de constater que j’étais arrivé à destination.
Le plan indiquait une sorte de pré, aménagé en parking du pauvre, en face de l’un de ces pavillons.
Je me garais et coupais le contact dans un grand soupir de soulagement. Je descendis.
J’étais seul. Pas d’autres véhicules. La nuit était toujours aussi sombre, si ce n’est plus, des nuages ayant fait leur apparition.
Une seconde voiture finit par arriver au bout d’un temps qui me paru étrangement long ; en vérité cela ne faisait que deux minutes.
J’eus la surprise de reconnaitre une amie. Comme un soulagement réciproque nous nous accueillîmes là aussi avec une joie non dissimulée dans le regard.
Finalement un bruit de porte en métal se fit entendre à l’autre bout du parking et un léger voile de lumière perça la nuit.
C’était notre hôte. En fait, ce que j’avais pris pour un pré était un bloc de béton qui abritait une cave. Lieu insolite si l’en est nous nous demandâmes, mon amie et moi, si nous avions bien fait d’accepter ce rendez-vous.
Notre meneur nous invita à le suivre et nous descendîmes quelques marches avant de franchir le seuil de la lourde double-porte en métal entendue plus tôt.

L’intérieur

Nous pénétrâmes (toujours rien de sexuel pour le moment) dans ce qui s’apparentait à une cave. Sur la gauche, une banquette usagée et, dans la continuité, une grande cheminée en pierre typique des vieilles demeures bretonnes. Plus loin, un bar arrangé pour l’occasion. Devant, une table en bois pouvant accueillir jusqu’à dix personnes et plus loin, une autre table. Au fond, des canapés et quelques chaises autour d’une table basse ronde et, derrière tout ça, deux portes en bois, fermées pour le moment.
Sur la droite je vis enfin les objets du délit, disposés en vrac, parfois empilés. On sentait le manque de place et notre hôte avait fait au mieux pour une présentation exhaustive.
Finalement d’autres personnes arrivèrent, chacune apportant soit une bouteille (sans alcool), soit à manger (le plus souvent des paquets de gâteaux, de biscuits, parfois des pâtisseries faites maison, du cidre et de la bière (sans alco… euh… enfin passons) mais toujours à petites doses histoire d’éviter les débordements.
Nous étions une vingtaine et les festivités allaient pouvoir débuter (toujours rien de sexuel pour le moment, enfin je crois).

Les festivités

Nous étions donc à une soirée dédiée aux jeux de société, jeux de plateau ou autres (bande de pervers, à quoi pensiez-vous donc !?), le but étant de faire découvrir au plus grand nombre des jeux parfois méconnus.
Allant des plus conviviaux et classiques (Jungle Speed) aux plus méconnus (Contrario), en passant par Les Mystères de Pékin et des Privacy édition +18ans (voilà! Là il peut y avoir des ambiguïté sexuelles !).
Et au milieu de tout ça, je vis l’être suprême, LE jeu de plateau que j’ai toujours attendu mais jamais connu… jusqu’à ce jour : Formule Dé.

couverture 1

Explications

Formule Dé est un jeu de plateau – ça vous l’aviez deviné – mais pas n’importe lequel ! Tout début en 1988, avec l’idée de génie de Eric Randall et Laurent Lavaur, le but étant de retranscrire une véritable course automobile. Pas bête en soit car le genre s’y prête bien. Regardez le jeu de l’oie ou les petits chevaux. Qu’est-ce donc si ce n’est une course avec victoire au finish ?
« À ce moment les règles sont complètement différentes de ce que l’on connaît maintenant, et les circuits sont tracés à l’encre de chine sur du papier blanc au format A2. Une chose en entraînant une autre et après de nombreuses réunions et de nombreux changements, quelques personnes devinrent fans du jeu et en fondèrent le premier championnat, connu sous le nom Authors League. Les participants sont les auteurs ainsi que quelques autres joueurs. Entre 1988 et 1991, ces quelques personnes sont les seuls « pilotes » de Formule Dé sur la planète.
Un beau jour de 1990, une démonstration fut organisée lors d’un salon du jeu à Paris, et attira l’attention d’une maison d’édition de jeu – Ludodélire – qui décida immédiatement de fabriquer et de distribuer Formule Dé, et en mai 1991, le jeu sort avec le circuit de Monaco à l’ intérieur de la boite. Plus tard, d’autres tracés seront disponibles, un tous les 3 mois.
En même temps, les auteurs créent l’ASPIFD. (Association des Pilote de Formule Dé) qui regroupe les fans et leur offre des produits dérivés autour du jeu: des kits championnat, des circuits inédits, etc… En 4 ans d’activité, cette association eu jusqu’à 140 championnats de 4 à 15 joueurs.
En 1996, Formule Dé est repris par l’éditeur Descartes qui offre un nouveau packaging au coffret (nouvelle version de Monaco + Zandvoort 1) et des voitures, toujours en plastiques avec des ailerons arrières détachables pour différencier les voitures de mêmes couleurs. Les circuits sont commercialisés par lot de deux, imprimés au recto et au verso d’un plateau. Les 6 dés couleurs font leur apparition. Le jeu profite aussi d’une distribution internationale en Europe, aux États-Unis et au Canada.
De 1996 à 2000, 13 lots de circuits sont commercialisés, incluant 2 lots de 4 circuits américains, pour un total de 32 circuits. En 2001 Descartes célèbre le 10e anniversaire de Formule Dé en publiant un circuit anniversaire (les 10 ans). Et en 2003 est publié une version abrégé du jeu, Mini Formule Dé.
De plus, Descartes publiera différents extensions et accessoires durant ces années: des voitures de plomb, des dés couleurs, des feuilles de jeu, etc.
Cet incroyable succès les conduit à organiser un événement national, en 1992 : Les Masters de Formule Dé. Dans cet événement annuel, tout l’intérêt est que les joueurs peuvent se battre entre eux pendant tout un week-end. Les Masters comptabilisent près de 70 participants la première année, 120 en 1993 et depuis 1994 environs 200 fans de Formule Dé tout les ans!
Le championnat Authors League va continuer après l’édition du jeu, suivi par un nombre grandissant d’autres championnats initiés par des joueurs partout en France. Il s’arrête en 1995 après 7 saisons consécutives, et nombre de records établi.
En 2005 ce sera au tour de Asmodée Éditions de prendre le relais pour propulser le jeu Formule Dé au plus haut sommet des ventes en Europe et en Amérique du Nord, offrant des coffrets en plusieurs langues. »
(source et texte : http://www.ligue-prout.com/proutFD1/formulede/historique.htm)

Et cela ne s’arrête pas là car en 2008, Asmodée réédite le jeu avec un nouveau packaging et de nouveaux plateaux, parfois de simples mises à jour, parfois de nouveaux circuits du calendrier de la F1, et parfois imaginaires, incluant des croisements, des bifurcations et même des sauts !

Il est temps de prendre le départ

Dix, c’est le nombre de joueurs participant lors de ma première partie.
Un plateau immense de un 1m70, en deux parties, représentant pour l’occasion le circuit de Nevers Magny-Cours et franchement, quoi de mieux pour débuter ? Rien, à mes yeux.

formula7france
Nous voici donc sur la grille de départ et là, chose fabuleuse, sept dés sont utilisés. Six pour passer les vitesses et un pour les divers aléas rencontrés durant une course. Car la force de ce jeu, c’est d’avoir pensé à tout (ou presque) tout en prenant un pied énorme lors de parties endiablés, sans rebuter les joueurs avec, par exemple, un plein d’essence difficile à retranscrire niveau consommation. Cependant, ne vous croyez pas à l’abri pour autant : l’usure des pneus, des freinage brusques, des casses moteur, des têtes à queue, tout peuvent survenir à tout moment si vous ne respectez pas les règles. Vous devrez rétrograder dans les virages afin de faire un, deux ou trois arrêts dedans et repartir de plus bel, évitant ainsi un des problèmes mentionné précédemment.
L’aspiration aussi peut être prise en compte, de même que la météo et les arrêts aux stands.
Finalement, pour les plus courageux (et doté d’une disponibilité énorme… pour ne pas dire du temps à perdre) des essais, des qualifications et des courses chronométrées peuvent être jouées.

Sept dés pour les gouverner tous et dans la course les lier...

Sept dés pour les gouverner tous et dans la course les lier…

Formulé Dé a, depuis son origine et ses multiples changement d’éditeurs, changé de nom pour se nommer Formula D, mais le jeu reste le même, à l’exception de la feuille d’écurie qui s’est vue agrémenter, dans les dernières versions, d’une mini boite de vitesse et divers plots de placements indiquant les différents types d’usure (moteur, pneus, etc…)

L'actuel "feuille" de jeu. les anciennes versions étaient plus simples et se remplissaient au crayon. La "Freddy Team Racing" était née...

L’actuel « feuille » de jeu. les anciennes versions étaient plus simples et se remplissaient au crayon. La « Freddy Team Racing » était née…

Espérant vous avoir titillé la fibre motorisée et donné l’envie de tenter l’aventure, sachez que nombre de plateaux sont parfois recréés en relief et à des tailles diverses. Et comme ici on aime bien les jeux vidéo, comment pourrai-je vous laisser sans une dédicace à notre Nicochef national (P.S : pense à mon augmentation) avec une version au-delà de toute raison humaine.

Mario D
source en anglais : http://bloodthorne.com/mario-d-mario-kart-collides-with-formula-d/)

Annexes :
Site permettant d’obtenir en fichier image l’intégralité ou presque des circuits : http://circuitformulede.blogspot.fr/


2 commentaires

  1. Jérôme Ranson juillet 28, 2015 10:33   Répondre

    Ça fait plaisir d’entendre parler un peu jeux de société ! J’y ajouterai qu’il existe aujourd’hui un vrai marché pour joueurs avec des jeux de plateaux modernes comme Smallworld, King of Tokyo, Civilization, 7 wonders, Dead of winter, Dominion, agricola… pour ne citer que ceux qui trônes sur mon étagère, mais attention à l’addiction !

  2. Freddy juillet 29, 2015 10:30   Répondre

    D’ailleurs j’en profite aussi pour parler ici en commentaire d’un jeu de société japonais nommé TOKAIDO.
    Un superbe jeu, magnifique qui plus est, vous emportant dans un voyage initiatique le long de la légendaire route de la Mer de l’Est reliant Kyotô à Edô.
    Une indispensable découverte à mon sens pour qui aime les jeux profonds, recherchés et raffinés.

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