Freddy vous parle de Planet Coaster (PC)

AAAaaah les grands huit, les montagnes russes, les attractions délirantes qui s’ingénient à vous faire gerber chichis, croustillons et gauffres à des vitesses vertigineuses couplées à des rotations en tout sens. Planet Coaster vous attend !

Welcome in a new world ! Welcome in Planet Coaster !

L’art de vous emmener au septième ciel

J’ai toujours senti cet effet grisant à la vue de ces monstres d’acier et/ou de bois. J’ai également le plus grand respect pour les techniciens et ingénieurs qui les ont conçus. Ils ont du évaluer la faisabilité, les forces auxquelles seront soumis nos corps ET le matériel, lors de mouvements improbables à des vitesses élevées. Je n’imagine même pas tous les torseurs mécaniques et autres calculs de matrices pour assurer la concrétisation et la sécurisation de tels projets.

Un rêve de môme ! Voilà ce que j’ai vécu la première fois que j’ai mis la main sur Roller Coaster Tycoon en 2002 (avec trois ans de retard, certes…). Tout un monde qui s’égosillait dans un petit univers en 3D isométrique, tout de pixels vêtu. Que celui qui a dit Theme Park dans le fond de la salle sorte de suite !

L’ayant arpenté de long en large, j’avais perdu toute vie sociale durant deux semaines. Aussi, je ne voyais plus qu’une solution pour me sortir de là : acheter Roller Coaster Tycoon 2. En plus, comme par hasard, il sortait cette même année ! Poisse quand tu nous tiens… Ma vie s’arrêta encore mais la passion disparut rapidement, la faute à un manque flagrant d’innovation.

En bon fan, j’attendais donc avec impatience celui sur lequel je jouerai durant près de dix ans : Roller Coaster Tycoon 3. Un chef d’œuvre incontournable, en 3D intégrale où tout, mais alors tout, était possible et réalisable ! Enfin, c’est ce que je pensais, en tout cas.
Nous étions fin 2004 et je pouvais à loisirs créer et vivre mes attractions comme si j’y étais, avec des tas de vues différentes et surtout la possibilité de se mettre dans la peau de n’importe quel PNJ pour voir à travers ses yeux, vivre la visite du parc, de ses boutiques, avec sa famille, ses enfants. On pouvait même créer notre famille ou groupe de potes !

Puis vinrent les extensions aquatiques et distractions sauvages. L’une permettait de créer des complexes aquatiques inédits. L’autre autorisait la création d’un véritable zoo où l’entretien des clôtures, du personnel et des animaux était primordial pour éviter une évasion intempestive capable de semer le chaos. Les possibilités offertes en terme de terraformation, de feux d’artifice et de MOD étaient énormes et les joueurs du monde entier ne s’en privèrent pas. Un must have ! J’y jouais par simple plaisir, pendant deux ans, puis de temps à autre jusqu’en 2014. Car c’est durant cette année que la promesse d’un renouveau arriva avec l’annonce de Roller Coaster Tycoon World. Et plus encore, celle de Planet Coaster

Les génies derrière le tour de force

Derrière Roller Coaster Tycoon (RCT) il y avait Chris Sawyer également à l’origine de Transport Tycoon (1994). Ils furent d’ailleurs développés par la même et célèbre société MicroProse (disparu en 2001, paix à son âme)
Le second opus possède une particularité car ce fut ce même Chris Sawyer qui le développa seul. Enfin, du point de vue programmation et à 99% en langage assembleur. C’est assez original et surtout très impressionnant quand on connaît les contraintes  de ce type de langage qui ne peut être exécuté que par le processeur, que chaque famille de processeur dispose d’un jeu d’instructions différent et qu’à l’aube des années 2000 les « familles » allaient s’élargir de plus en plus.

Le passage à la 3D sur RCT3 se fit par l’intermédiaire de Frontier Developments, un studio a qui l’on doit notamment Elite 2, Thrillville et un jeu que j’affectionne particulièrement : Elite Dangerous. Autre fait important pour la suite : c’est Atari qui édite le jeu.

Comme nous l’avons vu, la montée en puissance de la série RCT est nécessaire au fil du temps pour répondre aux attentes des joueurs. Après avoir tout écrasé avec un RCT3 auréolé d’extensions valant le détour, la communauté fit vivre le jeu, lui apportant sans cesse des possibilités renforcées. Par exemple, reproduire à l’identique un Space Mountain, dans le noir avec des effets proches de la réalité. Mais rien n’est jamais acquis et une période de disette d’une dizaine d’années, c’est long.

Plus le temps passait, plus l’attente de reboot/remake ou d’un nouveau jeu se faisait sentir.
Comme je suis sympa, je fais l’impasse sur les dispensables RCT3D (3DS – 2012) et RCT4 Mobile (2014).
Et un beau jour de 2015, une courte bande-annonce dévoila RCTWorld toujours édité par Atari. Enfin, une suite !
Mais, très vite, la fièvre qui emballa la plèbe redescendit avec les premières betas du jeu. Ce qui aurait pu laisser une marge de manœuvre aux développeurs (Nvizzio Creation) n’a fait qu’enfoncer un clou rouillé dans le cœur meurtri de milliers de joueurs. Un jeu bugué, dépassé graphiquement (et c’est peu dire), à l’ergonomie douteuse… Mais pourquoi ?!

La réponse est simple. Je l’ai trouvée à la même période que l’annonce d’un nouveau jeu de gestion/création de parc d’attraction, créé par Frontier Developments.

Planet Coaster allait débarquer et peu de doute à avoir quant à la qualité du logiciel et l’amour de ses pères, le studio à l’origine du meilleur opus ! Atari devait s’en mordre les doigts et avoir une boule au fond de la gorge devant un tel concurrent.
Les deux jeux ont débarqué à peu près en même temps. L’un est tombé dans l’oubli sitôt sorti, l’autre est pérenne, jouit d’une aura énorme auprès de la communauté, déborde de contenus supplémentaires et de mises à jour régulières.

L’avantage d’une communauté forte : vous trouverez toujours des gens qui perdent un temps fou à créer des parcs monumentaux rien que pour vous faire rêver.

Grandeurs et décadences de mon entreprise

Entrons dans le vif du sujet. On l’a vu et c’est convenu, Planet Coaster est l’héritier spirituel de la franchise RCT. En fait, il est ce qu’aurait dû être RCTWorld ou RCT4, avec toutes ces possibilités en termes de création, d’arrangement, de terraformation et de gestion.

Si débuter sur Planet Coaster est un peu déroutant, c’est surtout le contenu gargantuesque qui peut le rendre difficile d’accès. Les gars de Frontier Developments ont poussé la gestion à un niveau très élevé, mais cela implique énormément de contenu. Résultat, il arrive qu’on se perde dans les menus en cherchant ce qu’on souhaite implémenter. Bon je chipote (en un seul mot, ou alors ce n’est pas un pote), mais parfois, je me pose la question : « vaut-il mieux un jeu moins poussé mais tout public ou un jeu ultra-complet mais qui peut rebuter les impatients ? ». Parce qu’avouez que chez les jeunes générations, la patience, c’est pas trop ça, hein ?!

L’autre point qui peut déranger est la gestion de la caméra, particulièrement dans les grottes. On se fera quand même un plaisir de les arpenter afin de créer tantôt un chemin piéton, tantôt une attraction, pour toujours plus d’effets et de sensations. Heureusement, cette caméra est entièrement configurable comme dans RCT3.

Dernier point un peu douloureux : lors du téléchargement d’attractions créées par d’autres joueurs, je suis descendu jusqu’à 1 fps. Oui, oui : 1 image par seconde ! Il faut dire que le bougre avait créé un monstre de montagne russe supra-rapide dont l’ambiance cyber-industrielle n’avait d’égale que la complexité et la surcharge graphique des décors. Mon ordinateur a été poussé dans ses retranchements alors qu’il est loin d’être une casserole.

L’objet du délit. Du coup j’ai pu m’en servir comme stress test pour mon PC… comme quoi tout les chemins mènent à Rome.

Puis vint le moment où je me lance dans les scénarios, parce que le mode bac à sable ça va un temps mais j’ai besoin de défi.

Et si les premiers niveaux de Planet Coaster sont aisés, je dois avouer que j’ai eu des sueurs froides. J’ai frôlé la faillite, dû supporter le coût du départ d’employés mécontents et de vétusté d’attractions mal entretenues. J’ai même eu une fermeture pour intoxication alimentaire ! Celle-là je ne m’y attendais pas.

Quant aux attractions et autres roller-coasters, pas besoin de faire la fine bouche : c’est du pain béni !
Mon plus grand kiff fut sans doute le téléchargement d’une attraction reprenant l’Etoile de la Mort de Star Wars, mais avec un grand huit ! Et moi, je n’ai rien trouvé de mieux que de construire une montagne russe en bois passant au travers à tout vitesse…

Etoile de la mort

Objet du délit n°2

Vous allez me demander ce que cela vaut techniquement. Et bien quand on voit la somme astronomique de choses affichées à l’écran et en mouvement, je suis plus qu’impressionné par l’optimisation, la fluidité et les éclairages du jeu. Je ne sais pas ce que ça peut donner sur des bécanes moyennes, mais un cap a clairement été franchi.

coucher de soleil

Les éclairages sont justes parfait, apportant une touche de réalisme supplémentaire non négligeable

Dernier point et non des moindres : l’ambiance. Sachez que plus jamais vous n’oublierez la musique entêtante du menu principal. Une musique enjouée qui n’apportera que de la bonne humeur. C’est con, dit comme ça, mais le cas.

Puis voir déambuler une telle masse de personnes dans son parc… Une vraie fourmilière pleine de vie, de réactions, de mimiques diverses, le tout avec une ambiance sonore collant à la perfection… Je crois que je me suis trompé de carrière : j’aurais dû ouvrir mon propre parc !
Ainsi, j’aurais pu ruiner la vie de centaines de personnes en les sous-payant, vendre des places à prix exorbitant et faire payer les toilettes. Je crois que j’aurais mis des distributeurs de billets à chaque croisement.
Y a pas à dire, j’aurais été un super patron, sûrement approuvé par un certain Bruno B. Je vais peut-être devenir député tiens.

Bref, Planet Coaster, c’est de la bombe, jouez-y !

vomito

Ici vous assistez au premier tour de piste de ma dernière attraction maison. J’en connais qui vont vomir dans 5… 4… 3…

ouverture du parc

L’ouverture du parc. C’est toujours émouvant de voir combien de gens vont vous garnir le portefeuille.

file d'attente

Oui ! Enfin un jeu qui peut reproduire fidèlement les files d’attentes de la CAF, de Pôle Emploi et du traiteur la veille d’un réveillon.

Certaines attractions, non contente d’être magnifiques, se paient même le luxe d’être sensationnelle.


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