First Person Walker – Quand le FPS rend les armes

Tout est une histoire de cycle. La vue subjective existe depuis les débuts du JV, dans les années 70. Ce n’est que deux décennies plus tard qu’on collera une arme devant votre nez, vous incitant à dégommer tout ce qui bouge dans un déluge de balles et de sang.
Et là, depuis quelques années, la Vue Subjective (ou Vue à la Première Personne) revient tranquillement dans le Jeu Vidéo pour proposer ce qui a toujours été son objectif : vivre une expérience de la façon la plus immersive possible.

 

Avant Wolfenstein

L’année-clé, c’est 1992, quand Id Software publie le titre qui popularisera le FPS : Wolfenstein 3D.
Avant lui, le Vue Subjective était déjà utilisée dans le Jeu Vidéo. La plupart du temps, c’était dans des shooters (Star Wars Arcade) ou des jeux de course (Test Drive), mais ça allait rarement plus loin.
SNK avait tenté d’innover avec Crossed Swords – même si c’est plus du TPS que du FPS – et Super Spy, mais stick en main, on sentait bien que la formule n’était pas encore la bonne.
Pareil pour Nintendo et son Golgo 13 (édité par Vic Tokai) : les bonnes intentions sont là, mais pas la réussite…

Super Spy de SNK

Après Wolfenstein

Normalement, vous connaissez l’histoire : après Wolfenstein, il y a Doom (1993) ! Et à partir de là, c’est une véritable déferlante de shooters. Pour les p’tits jeunes, sachez qu’on a souvent qualifié les FPS de Doom-like.

Malgré cette invasion de clônes plus ou moins inspirés, une petites poignées d’irréductibles éditeurs décident de résister ! Ils esquivent le plomb et la rage pour proposer autre chose. Ainsi sortent Myst et 7th Guest en 1993. Des jeux plutôt tranquilles (enfin, surtout Myst) où la réflexion prime sur l’action. A noter qu’à l’époque, ces titres étaient parmi les rares à vraiment tirer parti du nouveau support qu’était le CD-Rom.

Redonne un sens à ta vie, en y mettant de la poésie…

 

En 1994 sort le premier System Shock, un titre qui commence à se faire (re)connaître après avoir passé 20 ans à se faire ignorer par la majorité des joueurs. Probablement trop en avance sur son temps ce jeu est pourtant la base du FPS moderne, avec un mélange de shoot et de RPG, un scénario travaillé et plusieurs choix durant l’aventure.
Mais loin de lancer une mode, le FPS continue de pondre une armée de shooters bien décérébrés. L’apogée sera atteinte avec Quake III Arena qui ne se donne même plus la peine de proposer un scénario.

C’est donc une furie bourrine qui règne jusqu’à l’arrivée, en 1998, du sauveur de neurones : Half-Life !
Grâce à ce titre, les FPS recommenceront à intégrer un scénario, des personnages,… Bref, autre chose que des ammos et des armors !
C’est dans ce même état d’esprit que Warren Spector – qui avait travaillé sur System Shock – propose Deus EX en 2000. Enfin, le FPS laisse un peu tomber son S et commence son évolution en FPRPG.

Vous n’auriez pas vu mon BFG ?

Et aujourd’hui ?

Je ne pourrai pas vous dire ce qu’il en est au niveau de l’industrie, ni des autres joueurs. Mais personnellement, le jeu qui a transformé ma vision du FPS, c’est Mirror’s Edge (2008).
Grâce à ce titre, j’ai enfin pu dire : « Ah ouais ! On peut faire ça aussi !« . Et quand, quelques mois plus tard, j’ai découvert Portal, ça a été une révélation… De mon point de vue, ces deux titres ont initié le mouvement des « FPS sans armes ». Grâce à eux, la Vue Subjective est redevenue une caméra et non un genre de jeu.

A leur suite sont apparus les Walkers. Pour éviter toute référence aux zombies ou à Chuck Norris, on parle plutôt de Walking Simulators. Et il est vrai que, la plupart du temps, on se contente de marcher, et j’adore ça !
Généralement, on trouve deux genre de WS. D’un côté, ceux qui ont un scénario (Gone Home, 2013), un propos ou un message (Stanley Parable, 2013). De l’autre, les casse-têtes, les puzzle-games, comme Portal (2007), The Talos Principle (2014) et l’incroyable The Witness (2016).
Mais on trouve aussi des titres hors-normes qui vous incitent à jouer avec vos sensations. C’est par exemple le cas du synesthésique Child of Eden (2011). Même les grands classiques s’y mettent, comme le dernier Resident Evil (2017) qui distille la peur en vous faisant vivre un cauchemar à travers les yeux du héros.

Finalement, tout est une histoire de cycle. Alors qu’elle existe depuis les débuts du Jeu Vidéo, la Vue Subjective a longtemps été cantonnée à un seul genre de jeu, synonyme d’une arme sous le nez pour tout dégommer dans un déluge de balles et de sang. Fort heureusement, un nombre toujours grandissant d’éditeurs n’hésitent plus à se réapproprier cette caméra, ce point de vue si particulier, pour nous proposer ce qui en a toujours été le véritable objectif : vivre une expérience de la façon la plus immersive possible.

Dans les deux prochains onglets, Freddy va faire tout le boulot m’aider à vous présenter quelques très bons titres du genre.

 

Ether One

Vous faites partie de Ether One, une compagnie spécialisée dans la récupération de souvenirs perdus. En tant qu’enquêteur, vous devrez naviguer dans l’esprit de Jean Thomson, 69 ans et diagnostiquée comme démente. Avec l’aide d’artefacts mémoriels, vous pourrez l’aider à reconstituer ses souvenirs endommagés.
Pensé comme un jeu d’exploration à puzzles optionnels, Ether One est également une histoire triste et poignante, une réflexion sur la vie, la mémoire et le temps qui passe.

Setzer

Stanley Parable

La plus belle mise en abyme que le Jeu Vidéo pouvait offrir.
Imaginez qu’au final, le jeu vous prenne pour un idiot… Qu’il vous démontre que toutes vos décisions ne sont pas vos décisions, mais celles qu’il a voulu vous faire prendre. Affolant de vérité et d’humour, Stanley Parable propose, en plus, une rejouabilité énorme puisque chaque partie sera forcément différente. Une vraie réussite qui vous remet à votre place : celle du mouton devant son écran. Un sacré tour de force et un « jeu » sur lequel on ne peut pas faire l’impasse.

Freddy

The Beginner’s Guide

Par les développeurs de Stanley Parable. Ici il s’agit d’une expérience qui consiste à entrer dans la psychologie d’un créateur de jeu jusqu’au voyeurisme, jusqu’au malaise. Je ne confierai vraiment pas ce titre aux plus jeunes car la charge psychologique va crescendo et laisse un goût amer, glauque.
J’avais rarement vu un jeu/expérience comme ça. A se demander si on a le droit de faire ça, tant c’est une sorte de viol de l’esprit. Sujet sérieux pour software unique, ce concept reste bien à part dans le domaine vidéoludique. D’ailleurs, on peut presque le considérer comme une étude socio-psychologique et non comme un divertissement. Bref, un titre qui n’est pas à la portée de tout le monde.

Freddy

Firewatch

Un jeu narratif que je n’attendais pas et qui m’a pris par la main pour  m’emporter dans une histoire originale, mise en scène avec brio et talent.
Au premier abord, on se demande sur quoi on est tombé quand on regarde une introduction textuelle. Mais l’enrobage (notamment musical) est au top et vous permet de vous identifier immédiatement au personnage. On se pose alors des questions sur son histoire et le but de sa venue dans un parc forestier. La suite, c’est à vous de l’écrire et ce serait une honte de la spoiler.
Dépaysant, rafraichissant, doté de graphismes et d’une ambiance très stylisés, seule la durée de vie pourrait vous paraitre un peu courte. Mais n’est-ce pas le cas de tous les grands jeux qu’on apprécie ? Ces jeux où même après 200 heures, le goût de trop peu reste en bouche ?

Freddy

Kholat

Kholat suit le même principe que Firewatch et The Vanishing of Ethan Carter, même s’il est en deçà aux niveaux mise en scène et narration. Néanmoins, il se distingue par son sujet, mais surtout par ses graphismes et ses effets d’une somptuosité digne d’un jeu AAA.
Vous êtes plongé dans une enquête sur des disparus retrouvés dans d’étranges conditions. Les événements se sont déroulés en 1959, mais c’est bien de nos jours que vous poursuivez vos investigations. Le reste, vous l’apprendrez à vos dépends en arpentant la carte qui est, mine de rien, assez vaste.
Attention, il s’agit d’un jeu narratif dont l’ambiance est plus que sombre, voir horrifique. Un bon petit cru, pas exempt de défauts, mais dont la qualité intrinsèque vous fera passer un bon moment.

Freddy

The Vanishing of Ethan Carter

Alors voilà MON jeu référence ! Une ambiance visuelle et sonore de qualité, des graphismes d’une grande beauté et d’une grande précision, une histoire qui s’assombrit peu à peu pour jusqu’à vous émouvoir. Je ne peux pas m’étendre davantage, sachez simplement que c’est un titre à découvrir. Et si vous n’avez jamais joué à des jeux de ce genre, Ethan Carter risque bien de devenir le mètre-étalon face auquel se mesurera la concurrence. Vous en dire plus serait gâcher le plaisir, alors soyez curieux !

Freddy

Gone Home

Comme j’ai déjà parlé de ce jeu, pas besoin d’insister. Mais retenez quand même qu’il s’agit d’une expérience à vivre, pleine d’émotions. Une histoire courte mais intense, un titre à faire absolument.

Setzer

Portal (et Portal 2)

S’il ne devait en rester qu’un, ce serait lui… Enfin, eux… Bref, Portal, quoi !
Avec tous leurs mods, ils incarnent, pour moi, le renouveau du jeu d’énigme, le tout en 3D vue subjective. Plus qu’un morceau de l’histoire de Valve et de Steam, c’est un moment important du JV.

Un véritable must-have ! Le concept est plutôt simple : débloquer la sortie des différentes zones du jeu en résolvant des épreuves grâce à l’emploi d’une arme novatrice : le Portal-gun. Celui-ci permet de créer des portails de téléportation d’une simple pression sur les gachettes.
Ainsi, en créant deux portails et en entrant par le premier, vous sortirez par le second. Une idée de génie qui a donné un gameplay solide et innovant.
Pourtant, la grande force du Portal réside dans sa narration originale, aussi triste qu’hilarante. Quant au générique de fin, c’est tout simplement une des plus belles chansons que je connaisse. La preuve c’est ma sonnerie de téléphone !

Freddy

RAAAAAAaaaaaaaaaaaaah oui oui ! Oh oui ! Oui oui ! Encore ! Encooooooore !… arf…

Setzer

The Talos Principle

Ce jeu n’est pas une innovation, mais il peut vous surprendre et apporter un nouveau challenge.
Au début, on ne sait pas qui on est. Mais très vite on va vous parler, vous confronter à vous-même, à une voix divine, à une communication via des terminaux informatiques et à d’autres « formes de vie ». Tout ça pour résoudre des épreuves à base de lasers, de logiques, de ventilateurs, de bloqueurs, des enregistreurs holographiques, dans des décors médiévaux, antiques, egyptiens, industriels, etc…
Attention cependant ! Même si vous êtes friand de ce genre de jeu, il vous faudra, pour bien vous imprégner de l’ambiance, lire tous les écrits, ces derniers étants nombreux et très philosophico-scientifiques.
Mais si ça ne vous rebute pas, vous pourrez plonger dans un univers fabuleux et drôlement beau de surcroit.

Freddy

Antichamber

Mon gros coup de coeur ! Antichamber est sans aucun doute le jeu de réflexion qui m’a le plus surpris, dérangé et mis en défaut ! Imaginez-vous devoir résoudre des énigmes au sein d’illusions d’optique, de fausses perceptions, le tout avec l’aide d’une arme étrange pouvant récolter de petits cubes, eux-mêmes utiles pour débloquer d’autres choses et sortir de ce… complexe ? de ce jeu ? de quoi, au fait ?
Minimaliste, vous jetant dans le bain sans autre forme de procédures, Antichamber est unique en son genre, ne serait-ce que par sa patte graphique ultra-colorée. A tester, à faire, à refaire et à recommencer tant les surprises sont nombreuses !

Freddy

Fragments of Euclide

Ma découverte de l’année 2017, trouvée par hasard sur Youtube.
Même si personne ne connaît son nom, tout le monde connait les figures de Maurits Cornelis Escher. Il s’agit de ces illusions d’optique géométriques et artistique. De ces deux mains se dessinant l’une l’autre ou encore de l’escalier et de la fontaine infinis, ou encore de ce temple dont les piliers et les ombres se complètent et se transforment en racines d’arbre. Maintenant, imaginez un petit malin qui aurait intégré ces figures dans un jeu d’énigmes en 3D ! C’est vraiment un exercice de style peu commun et pas si évident. Pour finir, rendez-le gratuit et accessible à tous et vous n’aurez plus aucune raison de vous en priver !

Freddy

Half Dead

Il est des films qui vous marquent. Cube est de ceux-là. Et si certains s’en sont inspiré pour proposer un jeu de plateau génial (Room25), d’autres en ont fait un jeu vidéo : Half Dead.
En multi ou en solo, vous voilà pris au piège dans un cube géant. Chaque salle adjacente est également un cube, peut-être neutre, peut-être piégé. Et piégé dans le sens « souffrance avant une mort imminente », bien sûr.
A vous de faire jouer votre ingéniosité (lancez une chaussure, par exemple) pour sortir vivant de ce labyrinthe.

Freddy

The Witness

Tout commence par un long couloir. Au bout de celui-ci, une porte et pour l’ouvrir, une simple manipulation à effectuer. Vous voilà désormais dans un jardin, avec un ciel bleu, de l’herbe… et des écrans reliés à une porte fermée. Sur chaque écran, un quadrillage, des points lumineux, mais aucune instruction.
Vous voilà dans The Witness, une longue suite d’énigmes à base de chemins à tracer sur un écran. Intuitif et intelligent avec une courbe d’apprentissage bien équilibrée, ce jeu est l’empereur des casse-têtes, celui qui vous fera passer de la facilité déconcertante au torture-méninges le plus intense.
Une référence, un must, un cauchemar pour votre santé mentale.

Setzer

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *