Virtua Racing : Et la course ne fut plus jamais pareille… [2nde partie]

Nous y voilà !

Virtua Racing sortait sur Megadrive… Rendez vous compte ! Une cartouche dotée d’un SVP (Sega Virtua Processor) et surtout d’un prix exorbitant ! Mais plutôt que de vous parler de choses maintes fois vues et revues, je préfère vous parler de la manière dont je l’ai vécu.
Janvier 1993, tandis que je feuilletai le premier hors série du magazine Player One sur les jeux Sega, j’arrivai vite à la page 7 et j’y ai vu ceci :
2014-12-07 22.05.08

Quelle ne fut pas ma surprise, surtout qu’à cette époque balbutiante du Jeu Vidéo, les arlésiennes étaient déjà légion.
Mais c’est alors que, trois mois plus tard, tout heureux d’avoir dépensé mon argent de poche dans ce concentré de bonne odeur de papier neuf qui composait le magazine Supersonic, j’aperçus un mince espoir pour mon rêve insensé, que dis-je, mon utopie : un second article !

VR supersonic 1  VR supersonic 2

Non, mais rendez-vous compte (bis) ! A ce moment là, on avait l’outrecuidance de prétendre qu’une 3D surfaces pleines c’était presque de la réalité virtuelle ! A cette époque, un magazine pouvait coûter 15FF! C’est à dire 2.28€ (voir le double pour de plus grosses publications telles Consoles+). Aujourd’hui c’est entre 6.50€ et 7.50€ environ (je vous laisse convertir en FF pour que vous pleuriez) !
Mais passé le choc du journaliste voulant faire dans le sensationnel, je lus les deux dernières lignes qui me confirmaient la venue sur ma modeste console 16bits d’un jeu, d’une œuvre d’arcade, dans ma demeure, sur ma télévision !
Les mois défilant, je guettais la moindre infos dans la presse. Le Net n’existait pas chez nous et il fallait soit lire les magazines, soit attendre sagement que l’émission Micro Kids sur France 3 (FR3 encore un an auparavant) daigne nous livrer de précieux indices ou reportages.

Finalement il fallu patienter encore un an pour espérer toucher du doigt l’objet du divin sacrifice (économie et revente de jeux), cette cartouche pas comme les autres…

 

vr cartouche
J’avais 14 ans et, par précaution je prenais connaissance des différents tests afin de ne pas me retrouver avec une daube comme les Tiny Toons (avis subjectif et si vous n’êtes pas d’accord, je vous laisse volontiers faire un marathon Tiny Toons pendant 48h).
Évidemment comme il y en avait 350 par an, je n’échappais pas à une couverture Dragon Ball Z, mais le plus important n’était pas là. Il se trouvait en triple pages (96 à 98 pour être exact) du Consoles+ n°29 de 1994. Ç’en était trop ! Les dés étaient jetés (et les billets par la fenêtre aussi).
vr consoles plus 1

vr consoles plus 2

On parle souvent du prix des jeux de l’époque en évoquant les 600FF en moyenne. Mais ce jour-là, à la caisse, c’est 700FF qu’il fallut débourser (106.7€ !) et ce pour une unique version, basique, pas collector, même pas en deluxe.
Mais, bon sang, quel pied j’ai pris ! Passer le chrono du premier circuit à 36,76s fut ma plus grande gloire. Puis, petit à petit et par une chance insolente, j’atteignis les 35,94s, bien que par la suite, je ne pus jamais plus passer en dessous de 36,50s…
Si je m’en souviens aussi bien, c’est parce qu’en bon taré que je suis, je notais tous mes classements/ chronos sur des feuilles à grands carreaux, histoire de garder une trace. Et ça a continué avec Wipe Out et Ridge Racer sur PS ! D’ailleurs, aujourd’hui, ces anciens scores me semblent totalement inatteignables tellement j’avais poussé le bouchon !
Virtua Racing, j’y joue encore sur PS2 et je peux vous dire que si la version se rapproche plus de celle de l’arcade, mes chronos sont aux choux complet. Et pourtant je connais le jeu plus que par cœur.

La version Megadrive n’était pas exempte de défaut, loin de là : une réduction drastique du nombre de polygone à l’écran, un clipping conséquent, une vue cockpit franchement pas terrible niveau jouabilité, des sauts d’image à droite ou à gauche à chaque changement de direction, donnant une impression de saccade malvenue. Et, bien sûr, la durée de vie n’était pas très longue (jeu d’arcade oblige), malgré un mode miroir bienvenu.

[MAJ du 8 décembre 2014]
Ah ! J’ai failli oublier… les vaches ! Dans le sound test, le son « cow » était disponible et écoutable mais un fois en jeu, sur le deuxième circuit : POOOuuuuueeeeet, point de son lors de colision volontaire (ou non) avec les bovins concernés. Je vous avais prévenu dans la 1ère partie que je reparlerai des vaches… [fin de la MAJ, reprenez vos esprits et retourner dans la 4ème dimension]

Mais au delà de ces quelques inconvénients, cela envoyait du steak, du pâté, et toute autre forme de nourriture bien grasse propre à vous plâtrer l’estomac. Alors après, oui, il y avait sûrement à redire quant au modèle économique employé, mais pour une fois que la 3D s’immisçait dans nos foyers sur une console 16bits, via l’un des plus fabuleux jeu de course jamais réalisé, il fallait ici rendre hommage au travail de ces programmeurs et leur dire merci !

De nos jours la version Megadrive vous paraitra bordélique et basique mais c’est aussi ce qui fait son charme. A l’heure où les émulateurs pullulent, il vous sera facile de vous faire une idée des différences avec les versions arcade et PS. Mais si vous deviez vous souvenir d’une chose à propos de Virtua Racing, c’est qu’à sa sortie, ce fut une claque magistrale, financière, graphique. Un jeu qui aura marqué durablement la vie de nombreux joueurs, comme un Final Fantasy VII, quelques années plus tard.


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