Virtua Racing : Et la course ne fut plus jamais pareille… [1ère partie]

Nous sommes en 1992 et, par un beau mois d’avril, j’ai la chance d’avoir dans ma ville une fête foraine. J’avais onze ou douze ans, et j’avais connu l’évolution des consoles jusqu’à cette guerre des 16bits durant laquelle un hérisson bleu m’avait poussé à trahir un plombier italien. Je passais le plus clair de mon temps sur ma Megadrive, à jouer à Crüe Ball, Landstalker (merci à l’ami qui me l’avait prêté) ou tous types de jeux de courses, dont le très célèbre Super Monaco GP2 avec Ayrton Senna en jaquette !
J’adorais (et adore encore) les jeux de courses, mais ils me laissaient toujours sur ma faim. Entre manque d’immersion et/ou manque de réalisme, je ne m’y retrouvais pas.

Comment en suis-je arrivé là ?

Et puis vint la fête foraine…
A l’époque, les bornes d’arcade se limitaient aux habituelles et obligatoires Hang On et autres Street Fighter II, jamais très loin de trois ou quatre. Mais en 1992, une bête fit son apparition ! J’apercevais alors pour la première fois deux cockpits de F1 rouges flambant neufs devant lequel un écran plus grand que la moyenne venait de me décoller les rétines. Le jeu se nommait Virtua Racing et, encore aujourd’hui, le souvenir impérissable des sensations ressenties et de la claque vidéo-ludique me parcourent lorsque j’y joue.
Car oui : j’y joue encore ! Mais retournons à la borne d’arcade…
Tannant mon père pour l’essayer, je m’asseyais alors sur un siège peu confortable, j’insérais la pièce de cinq ou dix francs (il s’agit là d’un point d’incertitude dans ma mémoire de vieil égocentrique subjectif) et là… là… ma vie – que dis-je, ma santé mentale, voir le monde entier – fut à jamais marquée d’une pierre blan… d’un polygone en 3D surface pleine, non filaire donc, avec clipping, non texturé, non ombré (ou presque mais j’y reviendrai), mais avec des vaches (là aussi on va y revenir)… et PU__IN DE BOR__L DE MERCREDI ÇA ENVOYAIT DU STEAK ET TE DÉCOLLAIT LES RÉTINES COMME AUCUN AUTRE JEU JUSQU’ALORS ! (surtout avec les yeux à 40cm d’un écran 4/3 de 50cm ou plus de diagonale, à tubes cathodique, canons à électrons, bref… UN BON VIEIL ÉCRAN COMME ON LES AIME ! (enfin à l’époque).

Grâce à qui ?

Grâce par AM2, (Amusement Machine Research and Development Department ) la célèbre branche arcade de Sega !
Il s’agit d’une société qui existe depuis plus de trente ans et qui est, sans aucun doute à mon sens, le développeur de jeux d’arcade le plus prolifique/efficace de l’ère 80’s- 90’s. Et c’est par eux que le changement arriva, ou du moins se démocratisa et attisa l’envie de 3D à domicile. Non pas que la 3D n’existait pas, mais soit elle était inabordable de par son prix de conception, soit par celui du matériel, soit par le résultat obtenu (voir Hard Drivin’ et Winning Run que l’on disait techniquement fabuleux en 1988/89).

Hard Drivin’ : précurseur de Trackmania ?

 

Ça contient quoi ?

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos vaches (et j’y reviendrai encore !). Virtua Racing, au-delà de l’aspect visuel, c’est avant tout un jeu de course. Trois circuits en tout et pour tout, avec Big Forest (niveau débutant), Bay Bridge (niveau intermédiaire) et Acropolis (niveau difficile, mais bizarrement plus simple que le second). Et qui ne se souvient pas de la grande roue, des montagnes russes et des deux ponts oranges du premier ? Qui n’est pas resté en extase devant ces pigeons s’envolant au départ d’un pont suspendu sur le deuxième ? Qui n’a pas versé une larme, ému, devant le canyon et la gigantesque épingle à cheveux du troisième ?
Et ce furent aussi les premiers stands de ravitaillement/changement de pneus, animé avec des personnages en 3D (assez caricaturaux, certes, mais c’est de là que naquit l’idée de Virtua Fighter).
Et les musiques ! Quelles musiques ! Se déclenchant à chaque checkpoint passé en temps voulu, elles avaient pour avantages d’être différentes mais spécifiques à chacun, seule la musique de fin de tour/nouveau tour changeait. Les sons de moteurs ! Ah là là que j’ai pu en rêver… tellement ça ne ressemblait à rien d’autre qu’une tondeuse à cheveux. Mais bon, dans l’ambiance d’une salle d’arcade ça passait inaperçu et ça collait à cette époque où Kurt Cobain criait dans mes oreilles.
Avec tout ça, vous allez me demander « Mais est-ce que c’est jouable ?« . Et bien oui ! Volant à retour de force, pédales de frein et d’accélérateur, une voiture qui n’a d’adhérence que le nom, mais part en dérapage comme une voiture de rallye. Pour les plus chanceux, la borne d’arcade Virtua Racing DX avec écran 16/9, siège réglable, cockpit monté sur vérin inclinant le véhicule au gré des accélérations, freinages, virages, tentant de retranscrire les forces G encaissées comme si vous pilotiez réellement.

Les différents modèles

On trouvait généralement des versions 2 ou 4 cabines, reliées entres elles. Mais le top fut sans aucun doute la version 8 cabines. Il exista (existe encore ?) même une version 16 joueurs, avec 8 bornes d’un côté, 8 autres accolées en face, où tout ce petit monde pouvait concourir en même temps. C’était une démonstration exceptionnelle pour un salon, mais que n’aurai-je pas donné pour y être à ce moment-là !
Et dans tout ça, une fluidité sans faille qu’elle que soit la vue choisie. A propos de vue, sachez que quatre boutons (bleu, vert, rouge, jaune) permettaient de passer d’une vue satellite à une vue de 3/4 arrière, puis à une vue classique derrière la F1 et finalement (le must !) : la vue cockpit entièrement modélisée en 3D, là où d’autres étaient encore dessinés grossièrement en sprites 2D (Winning Run si tu nous regardes).

Winning Run : Oh le zouli cockpit en 2D !

 

Bref, n’en jetons plus ! Je vais vous laisser avec une vidéo du jeu (enfin !). Essayez juste de vous imaginer qu’avant cela, nous étions principalement cantonnés à des jeux 2D à scrolling horizontal/vertical/oblique, ou à des jeux en 2D vus en 3D isométrique (ou de dessus pour les jeux de courses), le tout bien pixelisé.

Virtua Racing en arcade, ça donne ça !

 

 

Ça ne s’arrête pas là !

Je n’ai fait qu’effleurer la surface, de ce jeu mythique, aussi, ne ratez pas la seconde partie !


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