Dossier Février 2016 (2/3) : Le Néo-Rétro – De l’ancien avec du neuf

Nous l’avons vu dans la partie précédente : le rétro donne des leçons au néo et lui permet de se renouveler, lui qui ne sait plus trop quoi faire ces derniers temps. Mais la curiosité de la jeunesse n’a-t-elle pas aussi procuré des bénéfices à la vieille école ? Les vieux cons ne devraient-ils pas remercier les petits morveux ?

 

Une fois de plus, parlons de ce que l’on voit en premier : les graphismes. Même si le pixel fleurit un peu partout, il existe aussi des jeux façon old school sublimés par la technologie actuelle. Child of Light ou Braid auraient très bien pu sortir sur 16 bits, mais ils auraient été beaucoup moins enchanteurs, moins oniriques. C’est bien grâce aux moyens techniques modernes que les rêves les plus fous imaginés sur 8/16 bits peuvent enfin prendre vie.

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La maniabilité a également été améliorée… et pas qu’un peu ! Oubliées les manettes aux croix pointues qui laissaient des cloques sur les pouces ! Finis les boutons mal placés sur lesquels il fallait appuyer plusieurs fois pour que ça fonctionne. Aujourd’hui, vous avez un stick analogique, souvent beaucoup plus précis (et qui évite d’avancer « en escalier » dans les diagonales) ou une croix directionnelle plus confortable et ergonomique.
C’est sûr que certains jeux demanderont un temps de réadaptation (notamment les jeux de combats type Street Fighter II ou DBZ), mais vous aurez moins mal aux doigts !

Dans le même ordre d’idée, le gameplay est souvent revu selon les standards actuels. , beaucoup plus souple et accessible. Les sauvegardes sont moins compliquées (plus de codes à 32 caractères répartis sur 2×4 lignes) et plus fréquentes (vous n’avez pas à vous retaper tout un pan du niveau pour revenir à l’endroit où vous avez échoué).
Demandez à Julien d’imaginer un VVVVVV avec des sauvegardes à l’ancienne et vous le verrez instantanément se rouler en boule pour pleurer.

VVVVVV

 

Mais indéniablement, le gros plus apporté par le néo, c’est l’absence totale de contraintes techniques. En théorie, il est possible d’obtenir exactement le jeu auquel on pensait. Et d’en conclure que le créateur de Dropsy est donc un vrai p’tit génie !
Auparavant, la plupart des machines n’étaient pas assez puissantes pour adapter certaines bonnes idées en bons jeux. Y a qu’à voir les supeeeeerbes illustrations des jaquettes… et le résultat à l’écran. Fallait avoir une putain d’imagination, quand même !
Et même si beaucoup de merveilles sont nées des contraintes techniques de l’époque (la moustache et la casquette de Mario, l’infiltration dans Metal Gear, etc…), il est intéressant de se dire qu’aujourd’hui, hormis le temps et l’argent, la seule autre barrière à la création d’un jeu (et, par la suite, à sa qualité et à son éventuel succès) c’est le talent du (des) créateur(s). On en revient à ce que je disais dans la précédente partie : on ne triche pas avec le rétro !

Dernier point à ne pas négliger, le néo remet le rétro à la mode. Et mine de rien, je pense que ça nous arrange bien !
D’un côté, les jeunes habituent leurs petits yeux fragiles aux horribles pixels du XXème siècle et, bien que rien ne le prouve, je pense que ça les sensibilise, qu’ils seront moins repoussés par les anciens titres 8/16bits. Peut-être même que certains chercheront à y jouer !!
D’un autre côté, les parents qui jouaient dans les années 80/90 – avant d’être largués par la toute puissante 3D – se retrouvent devant des univers beaucoup plus familiers qu’un Call of ou un Naruto et pourraient – pourquoi pas ? – se remettre à jouer à leur tour.
Personnellement, ce que je préfère dans le néo-rétro, ce sont les références, les hommages, les caméos et autres clins d’oeil. Un jeu comme Broforce est, à l’instar d’un Expandables avec lequel il cumule les points communs, une sorte de fantasme devenu réalité avec des tonnes de références à notre sous-culture geek, ce qu’un ado d’aujourd’hui ne pourra peut-être jamais comprendre. Un peu quand j’entends mon neveu me parler du pogo jump de Shovel Knight alors qu’il n’a jamais joué à Ducktales

 

PogoJ

Pi-rates !

 

Si le rétro a sauvé le néo en lui évitant de se mordre la queue (et je vous garantis que ça fait très mal…),  il faut également avouer que ce dernier a donné un second souffle au premier, l’empêchant de se figer dans les soporifiques archives du souvenir, tout juste bon à avoir un musée dédié. Car quel plus bel avenir pour nos vieux jeux que de devenir des références et de voir leurs idées refleurir ? Quel plus bel hommage que de pouvoir vivre à nouveau sous les doigts des jeunes joueurs, des décennies après leur sortie ?

 


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