Le désert, la jungle et la rivière

En ce moment, je joue à Mad Max sur Xbox One. Avant tout, sachez que c’est une très bonne surprise. Je m’attendais à un petit sympa et je me retrouve avec un gros contenu et une pure ambiance. Mais on s’en fout des punks en cuir dans le désert ! Ce dont je voulais parler c’est comment, par un cheminement d’idée dont j’ai le secret, j’ai pu métaphorer sur ma situation par rapport au JV.
Et oui, je continuer d’inventer des néologismes, ce qui est un pléonasme d’ailleurs…

 

Le désert

Il fait chaud.
Un soleil de plomb m’écrase tandis que la chaleur assèche ma gorge. Mais je n’ai pas le choix : je continue de marcher. Qu’il est grand ce désert quand on a 8 ans…
Heureusement, ce n’est pas toujours le cas ! Je sais que des oasis sont disséminées tout au long de l’année.
Des petits paradis où je peux trouver de quoi tenir pendant mes longues traversées du désert vidéo-ludique. Vu mon âge, je ne me rends pas encore compte de la valeur de ce que j’avale. Je ne sais pas encore bien choisir.

Pourtant, avec le temps, j’apprends et je développe mes goûts autant que mon flair. Il faut dire que c’est une époque rude où chaque cartouche coûte une petite fortune à vos parents. Alors pas question de mal choisir !
Bien sûr, ça m’est arrivé… Et le goût amer met beaucoup de temps à s’en aller… Mais quand on a faim, quand on a soif, quand on n’a rien d’autre… on s’en contente ! Et là, même le plus mauvais jeu devient une source d’amusement. Une jouabilité pourrie devient une occasion de développer ses réflexes. Une durée de vie ridicule est parfaite pour une bonne replay value. Une difficulté trop élevée se transforme en défi de high score avec les potes !

Vous l’aurez compris, quand j’étais jeune, je n’avais pas trop le choix. Mon rayon jeux vidéo, c’était les petites étégères d’un petit Carrefour. Et malgré les efforts de mes parents, je savais que j’allais jouer au même titre pendant des mois. Aussi, je m’efforçais de bien choisir, généralement après une traque s’étalant sur plusieurs numéros de Consoles +.

Desert

Nouveau paysage

La marche a été tellement longue que, petit à petit, le désert s’est retiré. Il a laissé place a une nature d’abord peu fournie, puis luxuriante. Le Jeu Vidéo s’est développé et a commencé à se démocratiser.
Avec les années vient l’expérience et, sans me vanter, je suis depuis longtemps capable de savoir si un jeu est bon ou pas juste en lisant son titre ou en regardant sa jaquette. Aussi, je ne me trompe pas beaucoup. Et même si c’est le cas, c’est moins grave qu’avant. Les prix ont un peu baissé, les magasins spécialisés se sont développés, le JV est plus accessible, plus riche, plus varié.

Quelle chance que de voir débarquer, même avec beaucoup de retard, le J-RPG en France. On a même droit à des guides ou à des CD dans les versions collector ! Les bornes d’arcade débarquent à la maison… ou du moins elles essaient. Bien sûr, la quantité globale augmentant, il y a toujours des risques de tomber sur des fruits pourris

 

Jungle

Hélas, je suis toujours forcé d’avancer. Pendant mon périple, je vois encore le monde changer : le JV devient une industrie. Tout est produit en masse, avec moins de goût, avec moins d’âme… Il y a toujours des hits juteux et des titres bien consistants… mais ils ne rassasient plus comme avant.
Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai compris pourquoi je me sentais si mal à ce moment-là. Je ne le savais pas encore, mais je quittais l’Âge d’Or du Jeu Vidéo.

La rivière

Au bout d’un moment, je suis arrivé au bord d’une rivière. Je l’avais toujours imaginé bleue… elle était marron !
Cette industrie que je craignais tant déversait ses déchets et polluaient tout autour d’elle. Mais non ! Je ne voulais pas quitter le monde du Jeu Vidéo. Alors, j’ai pris un tamis et, régulièrement, je filtrais la boue qui coulait dans l’espoir d’y dénicher des pépites. Et j’en ai trouvé… et j’en trouve encore aujourd’hui.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai pris un peu de recul. Ou plutôt de la hauteur. J’habite au sommet d’une colline, plus près du soleil, entouré d’un air plus pur. Désormais je me tiens loin de toute cette agitation. Parce que c’est justement en m’éloignant que j’ai trouvé une petite source d’eau, reliée à la rivière, autour de laquelle poussent des arbres au fruits juteux. Bien sûr, il n’ont plus ce goût de découverte et de surprise, mais ils sont délicieusement frais et rassasiants. Bien sûr, il m’arrive, de temps en temps, de redescendre à la rivière, tamiser un peu la boue à la recherche d’une petite pépite.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour viendra ce grand déluge prophétisé, que tout sera recouvert d’eau salée, que tout sera un immense océan imbuvable. Et là, sur mon radeau, je naviguerai d’île en île, sous un soleil de plomb, à la recherche d’un point d’eau, d’une oasis salvatrice.

Ocean

 


3 commentaires

  1. Julien juillet 26, 2016 7:47   Répondre

    Ta métaphore me laisse dubitatif dans le sens où elle insinue que l’eau salée est souillée et que la couleur de l’eau augure de sa qualité.

    J’aurais plutôt imaginé certains jeux actuels comme un lagon turquoise où l’eau transparente laisse entrevoir le vide et d’autres, plus difficiles d’accès, avec une eau sombre qu’il faut sonder avec témérité pour y trouver des trésors.

    Et j’dis pas ça parce que je viens d’un coin où l’eau est trouble ! :p

    • PH juillet 26, 2016 9:55   Répondre

      L’eau n’est pas trouble ici, elle est juste transparente (beaucoup) moins longtemps ;p
      Moi enfant, j’étais plutôt dans un marché de campagne ou je faisais avec ce qu’on voulait bien me proposer.
      Ensuite, au début de la 3D, j’étais en plein centre-ville, j’achetais ce que les médias voulaient que j’achète.
      A partir de la génération suivante, je choisissais mieux, je savais ce qui me plairait, j’étais donc toujours en ville, dans mon immeuble, mais à un étage plus élevé.
      Aujourd’hui, j’achète très peu de jeux, je suis devenu très sélectif, je dois surement habiter au dernier étage de mon immeuble à présent ^^

  2. Setzer juillet 30, 2016 10:58   Répondre

    @Julien : ce n’est pas une question de couleur ou de clarté. Je remarque que depuis quelques années, la rivière charrie beaucoup de boue et de déchets et qu’il faut faire attention quand tu veux prendre quelque chose. Quant à l’eau de chez moi, elle est tout le temps bleue, alors j’avoue ne pas trop comprendre le climat bordelais 🙂

    @PH : quelle vision élitiste et méprisante 🙂
    Môssieur fustige les campagnards et s’enferme dans sa tour d’ivoire. Espèce de footeux, va !! ^^

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