Danny Boyle se cherche un Jobs

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Un an. Ça fait un an que j’attends ce film réalisé par Mr Boyle : Steve Jobs. Un an que je casse les pieds de mon épouse pour le voir. Un vrai film censé laver l’affront du précédent avec Ashton Kutcher. Un an d’attente justifiée par un réalisateur que j’adore et un scénariste qui a fait ses preuves avec The Social Network. Après moults déboires (je vous invite à écouter le futur podcast pour en savoir plus), j’ai enfin réussi à voir le film !
La douleur fut proportionnelle à l’attente et la chute… ça m’a fait mal !

Vous souhaitez combler vos lacunes sur Steve Jobs et l’histoire d’Apple ? Passez votre chemin !

Car oui, c’est bien là que ça fait mal. Si vous ne connaissez pas un minimum ces deux histoires, vous allez être un peu largué et vous n’apprendrez pas grand chose. Car oui, tous les protagonistes vont arriver sans crier gare et la justification de leur présence ne se fait pas immédiatement. Un exemple ? Wozniack (appelé Woz dès le début), qui a conçu l’Apple I avec Jobs… Si vous ne le savez pas, c’est dommage car on ne le comprend qu’à l’aide de sous-entendus et d’un (très) court flashback. Pour le reste, on sait qu’il fait partie de l’équipe de l’Apple II (on le répète suffisamment souvent pour l’intégrer). Voilà un des (nombreux) gros défauts de ce film : on vous met dans le grand bain sans bouée et roulez jeunesse !!!!
Dès les premières minutes, on se retrouve au lancement du Macintosh avec, en toile de fond, la pub de 1984 réalisée par Ridley Scott. Alors, certes, on finit par apprendre la genèse du projet Mac (Jobs qui pique le projet à Jeff Raskin) mais on n’en saura pas plus.
En gros, Boyle prend le parti de résumer la carrière dans un huis-clos divisé en trois parties : le lancement du Mac, le lancement de la Station Next et le lancement de l’IMac.. Je ne me prononcerais pas sur la pertinence de ces trois dates, c’est compréhensible. Mais, du coup, le réalisateur se met dans une situation délicate car il choisit de faire un film sur la vie de Steve Jobs tout en suivant trois des moments marquants d’Apple. Pourquoi délicate ? Ben si il voulait vraiment suivre la trame Apple, pourquoi avoir occulté d’autres grandes dates comme la création d’Apple par exemple ? Et si l’idée c’était de raconter l’histoire de Jobs, c’est ballot de s’être arrêté aux rapports qu’entretenait Jobs avec sa fille, la mère de sa fille et son assistante !

Finalement, on extrapole…

En fait, avec un peu de recul, je me rends compte que l’idée du film c’était simplement de brosser un portrait de Steve Jobs en imaginant les conversations qu’il a eu avec son entourage pendant ces trois grandes dates ! Du coup, on a bien compris qu’il n’aimait pas être en retard. On a bien compris qu’il ne voulait pas assumer la paternité de sa fille mais qu’il a fini par lâcher du lest. On a bien compris qu’il poussait ses employés à leurs limites…. et puis c’est tout ! Il a été adopté : on en parlera le mimimum syndical. Il entretenait un rapport particulier avec Wozniack : on va vous donner les grandes lignes…
Enfin on résumera le fait que Jobs n’était pas un ingénieur, ni un vrai informaticien, etc… en une seule phrase !
C’est pour tout ça que je suis déçu. J’attendais un vrai biopic et pas une extrapolation de ce qu’il aurait pu dire ou faire ! C’est une biopic de sa personnalité qu’on a. C’est sûrement bien fait, propre et tout et tout… mais quel est l’intérêt ? Je veux dire, c’est quoi le message ? Steve Jobs était un enfoiré mais il avait du génie ? Il aimait sa fille malgré tout? Pas besoin de blablater deux heures de film pour découvrir ça ! Car ne vous faites aucune illusion : les trois parties du film vous feront revivre à peu près la même chose : les proches qui souhaitent le voir à la dernière minute, ses looonnnggs dialogues avec son assistante, les volontés de Jobs sur son personnel et (enfin) ses rapports avec sa fille. Voilà… trois fois… Je suis quand même allé jusqu’au bout, mais j’étais bien, bien dégouté d’avoir attendu un biopic qui n’en est absolument pas un.
Nan parce que ce qui est intéressant dans l’histoire de Jobs, c’est Apple et ce qui est intéressant dans l’histoire d’Apple, c’est Jobs. Pas de bol pour vous, le film ne creuse ni dans un sens, ni dans l’autre ! Pourtant, il y avait beaucoup plus à raconter sur la personnalité de Jobs que deux/trois facettes de sa personnalité !

 

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