Comment ont-ils fait ? Les tests de jeux vidéo

Aujourd’hui, l’avènement des chaînes Youtube en atteste : il n’est pas compliqué de se filmer, de capturer des écrans, de faire un test de jeu. Mais entre les années 80 et les années 90, c’était plus délicat… Pas d’appareil perfectionnés, pas de correcteurs orthographiques, pas d’Internet pour aider ni pour récupérer le jeu non plus. Bref, c’était un peu la débrouille et c’est ce que nous allons voir aujourd’hui !

Se procurer un jeu

Déjà, se procurer un jeu,  c’était tout travail ! Tout d’abord, il fallait connaître la date de sortie et, avec un peu de chance, l’éditeur qui envoyait le jeu à la rédaction. Dans le cas contraire, il fallait en faire la demande.
Rien que là, déjà, ça pouvait coincer et même amener la rédaction à faire des choix discutables, comme se procurer une version pirate du titre. Si vous écoutez les podcast de MO5.com vous avez déjà entendre AHL raconter cette anecdote dans laquelle il s’est procuré un jeu piraté. Sauf qu’au lieu d’indiquer le nom de l’éditeur, il a cité le nom des pirates !

Autre difficulté, se procurer une version testable ! Bien souvent, dans les magazines, les tests basés sur une beta était précisé, logique me direz-vous. Mais il y a tout de même eu quelques rumeurs sur des testeurs peu scrupuleux qui auraient testé le jeu en version béta – voire démo – sans rien dire aux lecteurs.
Perso, je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier cette info… Mais ça reste de l’ordre du possible !

Autre complication : l’éditeur pouvait décider de ne pas vous fournir le jeu. Pourquoi ? Parce que vous aviez pourri un de ses jeux dans un précédent test. Apparement, ces arrangements existeraient toujours aujourd’hui. Mais même si ce n’est pas super fair-play, c’est plutôt logique.

Faire des photos

Ah, aujourd’hui c’est tellement simple que même avec ton portable tu peux avoir un résultat pas trop dégueulasse. A l’époque, c’était différent !
Déjà, avec le balayage des tubes cathodiques, bien différents de nos chers écrans plats actuels.
Les TV cathodiques fonctionnaient sur la base d’un faisceau qui balayait l’écran de haut en bas pour afficher l’image. Le problème c’est que si cet effet est presque invisible à l’oeil, il est parfaitement visible sur une photo

Deuxième problème notoire, le type d’appareil. Aujourd’hui, tout est numérique, on peut donc prendre des dizaines de photos sans réel problème. Mais à l’époque, avec l’utilisation de pellicules, on ne pouvait voir le résultat qu’une fois la photo développée ! Seul possibilité : doubler la photo pour assurer le coup, en priant pour qu’elle passe.

Troisième problème, la pause ! Ben oui, pas moyen de faire la photo en jouant, sinon elle apparaitrait floue. Il fallait donc mettre le jeu en pause. Sauf que bien souvent, le mot « PAUSE » apparaissait en plein milieu de l’écran. Certains éditeurs avaient tout de même réussi à corriger ce problème à la demande des magazines. Mais c’est juste fou quand on y pense, non ?

Enfin, dernier problème : la lumière. Parce que pour prendre la photo, il fallait éviter tout source de lumière sous peine de reflets sur l’écran. Certains rédacteurs ont même créé des boîtes en carton pour faire des photos dans le noir complet. Et encore, là on ne parle que du test ! Quand il fallait faire les soluces complètes, il n’y avait que deux solutions ! La première était de faire des centaines de photos écran par écran, pour refaire tout le tableau en les collant. La seconde était de « tout simplement » dessiner les tableaux (ça se faisait à la main, oui oui).

Finir le jeu

Loin d’être évident, il fallait souvent boucler le test d’un jeu en un temps très court. Et pour un bon test, l’idéal était de connaître tous les niveaux, les musiques, le game design, etc… Heureusement, les éditeurs fournissaient les cheat codes !
Oui, toutes ces moyens de tricher n’étaient pas là que pour les beaux yeux des joueurs.

Rédiger l’article

Reste le plus dur : la redaction du test. Pas simple quand il est tard dans la nuit et qu’il faut boucler l’article rapidement pour qu’il passe entre les mains du correcteur demain matin. C’est là que c’était fun pour nous, les lecteurs, car assez souvent, certains tests mal corrigés passaient entre les mailles du filet. Pour preuve, ci-dessous, le test de Flying Hero par J’m Destroy. Lisez-le, ça vaut son pesant de cacahuètes !

C’est ce qui fait, à mon sens, tout le charme des magazines d’époque. Joystick était très fort dans le gloubi-boulga d’article qui ne menait parfois nulle part. Et c’est ce genre d’humour qui faisait l’essence même du mag.

Bref, ce n’était pas si simple, mais heureusement que tout à été fait pour que nous, lecteurs, ne nous apercevions de rien… Enfin, moi en tout cas, je n’ai jamais cherché à savoir comment ils faisaient leur test^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *