Gamebox – Dossier du mois – Censure : comment en est-on arrivé là ?

 

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La censure. On a l’impression qu’elle a toujours été présente dans les jeux vidéo, tant les débats autour de la violence, du sexe, du mauvais langage sont nombreux. Mais ça n’a pas toujours été le cas ! On peut même dire qu’il fut une époque où presque tout était permis.

En fait, le problème est à prendre à l’envers. A l’époque, tout n’était permis. Simplement, on se fichait complétement de ce qui sortait ! Plusieurs facteurs à cela.

Tout d’abord, dans les années 70, on n’était pas vraiment regardant sur les principes. Et comme les jeux vidéo étaient considérés comme des jouets électroniques pour gamin, quel mal pouvait-il y avoir à y jouer ?
C’est justement ce point qui est comique car, pour un loisir enfantin, il existe beaucoup de jeux à caractère pornographique, avec un contrôle très relatif. La plupart du temps, il y avait une étiquette ou une mention sur la jaquette « Not for sales for minor ». Mais le jeu restait exposé parmi les autres !

Le plus grave c’est qu’au delà du caractère porno, certains jeux comme Custer’s Revenge se sont fait éditer.
Pour mémoire, vous jouez le rôle du Général Custer, qui doit éviter une pluie de flèches afin de pouvoir violer une indienne attachée à l’autre bout du tableau. Mise à part une polémique (qui a finalement aidé les ventes du jeu), l’éditeur s’en est sorti indemne.

Nous sommes dans les années 80 et le premier jeu connu à subir une véritable censure sortira en 1985. Il s’agit d’Ice Climber, version NES. En effet, les otaries (malmenées) seront remplacées par des yetis,  pour calmer les associations de protection des animaux.

Des cas comme celui-ci demeurent anecdotiques, même si Nintendo c’est à partir de cette époque que Nintendo prend l’habitude d’excercer des petites censures, à droite et à gauche. Il sera l’un des rares éditeurs à mettre autant de zêle à ne froisser personne et à imposer le célèbre Seal of Quality.

Au cas par cas…

Finalement, chaque pays gère le problème à sa façon. Le phénomène JV prend de l’ampleur et commence à attirer les regards (inquiets) des différents observateurs. Certaines choses qui passent chez l’un, ne passent pas chez l’autre. Par exemple, on rhabille les statues aux seins nus, dans Castlevania IV. N’empêche, tout cela n’est pas dû au hasard. En effet, plus la technologie progresse et plus les jeux sont réalistes et, forcément, choquent davantage.

Un exemple concret reste celui de Mortal Kombat. Ce jeu est violent, il y a de la baston, du sang, et on bascule dans le gore avec les fatality. A mon avis, si l’on avait pas pris de vrais acteurs pour jouer les personnages, personne n’aurait sourcillé. Sauf que là, on avait franchi une étape avec des graphismes digitalisés ET du sang.
Une fois encore, la polémique est montée et seul Nintendo a plié en fournissant une version où il est impossible de voir du sang rouge. Finalement, l’installation définitive de la censure dans le Jeu Vidéo aura lieu pendant cette seconde partie des années 90. Les jeux vidéo sont alors sur toutes les listes de Noël, l’arcade arrive à la maison, Mario et Sonic sont absolument partout !

Un coup retentissant

L’association qui aura vraiment fait mal au JV en France, c’est Familles de France, en emboitant le pas à ce qu’il se passait aux Etats-Unis.
Après s’être frotté au magazine Joystick, FdF s’attaquera de façon musclé aux jeux catégorisés trop violents. Le seul problème, c’est que l’opinion publique met tous les jeux dans le même panier. Résultat, la méconnaissance du média entrainera une vague d’auto-censure de la part des éditeurs qui ne souhaitaient pas attiser les foudres de l’association.
Tout n’aura pas été mauvais dans ce débat, puisque la majorité prendra conscience que le JV, c’est comme le cinéma : tout n’est pas tout public.

Au fil des années, l’auto-censure mènera à la généralisation du politiquement correct. D’ailleurs, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui crient au scandale au moindre sujet portant à polémique. Certains, plus malins, exploiteront leur réputation sulfureuse pour jouer avec la censure (GTA en tête).
La censure fut, finalement, façonnée tout au long de son histoire par des coups d’éclats et des cas d’école pour en arriver là ou nous en sommes aujourd’hui…

 


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