Ce que vous ne savez pas forcément sur les compatibles PC

Super glamour, vous ne trouvez pas?

Super glamour, vous ne trouvez pas?

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais je ne parle jamais des Compatibles PC. Il y a plusieurs raisons à cela, mais avant de me lancer dans une explication complexe et ressasser des souvenirs douloureux, il convient de mettre certaines choses au clair : tous les ordinateurs ne sont pas des PC !  Ce n’est pas que je veuille pinailler avec cet écart de langage, c’est juste que cette précision va vous aider pour la suite de l’article.
En effet, né en 1983, le compatible PC (pour Personal Computer) et rapidement devenu une norme, et nombreux furent les clones de cet ordinateur d’IBM. En 1983, le PC était loin d’être aussi présent qu’aujourd’hui, mais sa victoire sur le reste de ses concurrents a fait que tous les ordinateurs d’aujourd’hui sont appelés (à tort) PC.

Moche et méchant…

L'Amstrad PC1640

L’Amstrad PC1640

Le premier « vrai » contact que j’ai eu avec un compatible PC fut avec l’Amstrad PC1640. C’était le premier Compatible PC qu’on avait à la maison. Comme toutes les machines Amstrad, elle était livrée avec son jeu de disquettes (en couleurs) contenant l’OS GEM, une sorte de Windows avant l’heure, en bien moins avancé !
Bref, cette (grosse) machine super bruyante avait fait son entrée à la maison et, outre le fait qu’elle était imposante, son utilisation demeurait un mystère… On démarrait et un étrange C:/ s’incrivait, accompagné d’un curseur clignotant.
Rigolez-pas ! Déjà, le MS-DOS n’était pas franchement démocratisé, mais en plus j’avais un Atari ST à côté, bien plus ludique et possédant un système d’exploitation graphique intégré avec des icônes et tout et tout !
OK, pour être honnête, mon plus gros problème était qu’il n’y avait pas trop matière à jouer sur cette machine…
J’y ai quand même découvert des jeux comme Alley Cat, Bob Winner ou encore MGT, mais c’était franchement moche !!! Il n’y avait que deux modes graphiques (béni soit mon père qui avait acheté un moniteur supportant ces deux modes !) : le CGA avec 4 couleurs à l’écran (pas les plus belles) et l’EGA avec 16 couleurs à l’écran (pas les plus belles non plus d’ailleurs!). Au niveau du son, on avait droit à un magnifique beeper… Même le TO8 faisait mieux ! Non, vraiment, le PC ne m’était pas destiné, de prime abord.

Voilà, le CGA 4 couleurs, c'était comme ça!

Le sublime CGA 4 couleurs !

1990/91, les premières claques !

Oui, parce que le PC possédait un atout non négligeable : il était hyper-évolutif ! Ben oui, surtout comparé aux Atari, Amiga et CPC, avec leurs architectures verrouillées et leurs possibilités d’évolution quasi-nulles.
Sur le PC, on pouvait ajouter une carte son (Ad-Lib et autres Sound Blaster en tête), changer de carte graphique (vive le VGA et son magnifique mode 256 Couleurs !), changer de disque dur… Bref, on pouvait pratiquement tout changer !
Le revers de la médaille, c’est que tu pouvais très bien acheter un logiciel ou un jeu sans être sûr de sa compatibilité…

Ahhh, King's Quest VI...

Ahhh, King’s Quest VI…

D’ailleurs, j’ai commencé à voir arriver des logiciels et des jeux qui ne tournaient pas sur ma machine !
King’s Quest et Police Quest affichaient crânement 256 couleurs et une ambiance sonore à tomber. Je ne parlerai même pas des premiers Wing Commander, tout en 3D mappée (c’était pas fréquent !). Des logiciels comme 3D Studio nous montraient des vidéos en 3D (!) sublimes. Bref, cette machine commençait à me faire sérieusement envie… et heureusement, en 1993, mon père a acheté un 486 DX2 66 (la bête de course de l’époque) avec lequel j’ai commencé à comprendre que toute cette débauche audio-visuelle avait un prix !

Le MS-Dos est ton ami

Cet écran rappellera sûrement de très bon souvenirs à bon nombre d’entre vous!

Cet écran rappellera sûrement de très bons souvenirs à bon nombre d’entre vous !

Ah ben oui, tu as beau avoir 8Mb de mémoire dans ton PC, il faut savoir les gérer ! Mémoire XML, paginée, etc… il fallait passer par un utilitaire pour optimiser tout ça et faire tourner le jeu tant convoité.
Mais ce n’est pas tout ! Il fallait aussi modifier l’autoexec.bat et le config.sys (le script de démarrage du MS-Dos). Pour les heureux possesseurs de carte son Adlib ou Soundblaster, généralement tout allait bien, mais si tu avais une carte audio made in China un poil plus exotique, tu avais toutes les raisons de pleurer !
Les IRQ, les DMA à configurer à la main…Tout ça prenait un peu de temps et ne fonctionnait pas systématiquement ! Moralité : un minimum de connaissance de MS-Dos était nécessaire !
Ne cherchez pas à savoir si Windows 3.1 (Le Windows de l’époque) faisait tourner des jeux, c’était plutôt rare ! Rassurez-vous, le démineur était déjà là. Cela-dit, une curiosité tout de même, je me souviens de l’existence d’une carte permettant d’émuler une 3DO et tournant sous Windows 3.1.

Et Windows 95 arriva en sauveur ! (si vous saviez à quel point ça fait mal de le dire)

Oui je sais, ça pique...

Oui je sais, ça pique…

Il aura fallu attendre l’arrivée de Windows 95 pour que les choses changent, et ça ne s’est pas fait sans pleurs.
Déjà, il fallait réussir à réunir tous les drivers de votre machine avant de passer sous Windows 95 (ce qui tenait de la gageure). Ensuite, Windows 95 n’était pas réputé comme étant super stable et, enfin, les gens n’étaient pas tous prêts à passer au tout graphique.
Mais si l’arrivée de Windows 95 a fait très mal, elle a aussi simplifié pas mal de choses, comme l’installation des jeux et logiciels, tout comme les cartes son et les cartes graphiques paramétrées et installées sous Windows. A noter que Microsoft ne s’est affranchi du Dos qu’à partir des versions 2000 et XP (95, 98 et Me tournant sous MS-Dos 7.0).

Voilà le chemin semé d’embuches qu’a suivi le PC pour arriver jusqu’à aujourd’hui. J’exagère un peu en appuyant sur les mauvais points, mais personnellement, je préfère largement cette époque, quand on pouvait mettre les mains dans le cambouis, quand tout était à découvrir par soi-même. C’était quand même plus marrant !

 

 

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