The Bitmap Brothers

The_Bitmap_Brothers_by_Aulbath

Logiquement je devais faire une soirée entre amis dans laquelle je devais ressortir ma Megadrive (et en faire un article), mais finalement une angine aura eu raison de mes bonnes intentions. Du coup, aujourd’hui, nous allons attaquer un autre studio mythique de l’époque Atari ST/Amiga : The Bitmap Brothers, et il y a de quoi raconter!

L'équipe Bitmap Brothers après le rattachement à Renegade : Eric Matthews, Mike Montgomery, Tom Watson, Sean Griffiths, Rob Trevillion, Dan Malone (Assis), Richard Joseph et Steve Kelly

L’équipe Bitmap Brothers après le rattachement à Renegade : Eric Matthews, Mike Montgomery, Tom Watson, Sean Griffiths, Rob Trevillion, Dan Malone (Assis), Richard Joseph et Steve Kelly

Au commencement était une rencontre

The Bitmap Brothers est un studio anglais créé en 1987 par Mike Montgomery, Steve Kelly et Eric Matthews. Mike Montgomery travaillait comme programmeur pour C64 en faisant des adaptations de jeux de société, Steve Kelly travaillait sur ZX Spectrum et Eric Matthews travaillait dans les jeux éducatifs. A priori, rien ne les prédestinait à se rencontrer, heureusement pour eux (et pour nous du reste), le destin fit son office et nos 3 lascars se mirent à travailler ensemble sur un premier jeu : Karaté, sortis sur Sinclair QL, Amiga et Atari ST et publié par Paradox Software et au succès anecdotique.
Forcément, l’étape suivante fut l’abandon de leur travail respectif pour fonder The Bitmap Brothers et 1988, c’est parti, ils se lancent et sortent Xenon, un shoot’em up plutôt original pour l’époque. En effet, en plus de posséder un gameplay bidirectionnel, on pouvait aussi se transformer en avion ou en char et l’on disposait d’un arsenal conséquent (lasers, missiles, tir de côté, modules de tirs additionnels).. La musique est signée David Whittaker (et comme d’hab’ elle est excellente) et en prime, on peut y voir Eric Mathhews dans une petite séquence digitalisée à chaque début de level. Bon accueil du public et succès plus que correct pour un premier jeu (Xenon est tout de même entré dans le Top 40 des meilleurs jeux Amiga en Angleterre, 100000 exemplaires vendus), nos compères ne s’arrêtent pas là et sorte dans la foulée Speedball. On avait déjà les bases, à savoir une espèce de jeu de Handball ultra-violent, ou l’on pouvait s’affronter à deux en même temps. Deuxième coup de maître, Speedball fut à son tour couronné de succès.
Et là, c’est l’arrivée de la bombe : Xenon 2 : Megablast… Ceux qui y ont joué savent de quoi je parle, car Xenon 2 est simplement exceptionnel pour l’époque. Je passe sur le scénario qui vous pousse à combattre les Xenites, une race extraterrestre qui a caché cinq bombes que vous devez bien sûr retrouver et détruire. Graphismes poussés, jouabilité soignée, quelques idées de gameplay bienvenues (comme la possibilité de faire marche arrière sur une distance limitée), technique au top et surtout….Musique d’enfer !!!! Eric Matthews avait eu comme bonne idée de contacter Rythm King Records, une jeune boîte de production musicale avec le deal suivant : intégrer la musique d’un de leur groupe dans l’un de leur jeu. Bingo ! Bomb the Bass signe la musique et là, c’est simplement une boucherie auditive. Si vous avez l’occasion de voir la video d’intro de Xenon 2, vous ne serez pas décus. Pour ma part, la première fois que j’ai Xenon 2, c’était sur ST, et j’avais eu le malheur de laisser le son de mon moniteur un peu trop fort…Autant vous dire que je suis pas près de l’oublier l’intro. D’ailleurs le jeu tenait sur deux disquettes, et l’intro continuait de tourner tant qu’on n’avait pas mis la deuxième disquette, du coup je laissais tourner rien que pour entendre la musique. D’ailleurs,les Bitmap Brothers ont pensé à nous en diffusant Xenon 2000 qui est un remake de Xenon 2 avec des nouveaux graphismes. En plus de ça, il est gratuit et toujours dispo sur le site des Bitmap Brothers.
Par contre on a toujours tendance à attribuer le mérite de Xenon 2 au Bitmap Brothers, ce qui n’est pas totalement vrai. Ce sont bien eux qui sont à l’origine du projet, mais en réalité le développement de Xenon 2 à été confié à un autre studio indépendant : The Assembly Line (on voit d’ailleurs leur logo pendant l’intro de Xenon 2). Les Bitmap Brothers ont participé aux graphismes et à quelques parties de code, mais étaient occupés en réalité à deux autres projets : SpeedBall 2 et Cadaver.
La même année donc (1990) sort le deuxième projet des Bitmap Brothers dirigé par Mike Montgomery et Steve Kelly, Cadaver. La représentation de ce jeu d’aventure était en 3D isométrique, ce qui faisait beaucoup à l’époque, on y incarnait le nain Karadoc (Sisi) , voleur dans ses heures creuses , charger d’infiltrer le château Wulf en y résolvant des énigmes. Le peu de temps que j’y ai passé ne me permet pas d’en parler vraiment, mais le jeu reçut un très bon accueil du public.

The Chaos Engine, Xenon 2 et Cadaver

The Chaos Engine, Xenon 2 et Cadaver

Nouveau départ…

En 1991, les Bitmap Brothers se séparent de Mirrorsoft et rejoignent le label indépendant Renegade. Créé par Martin Heath, président du label musical anglais Rhythm King Records (Nous y revoilà donc), cette société née en 1990 tend à protéger les développeurs de jeux vidéo et leur donner plus de crédits aux yeux des professionnels de l’informatique. Cette société a d’ailleurs un joli palmarès, car outre les jeux des Bitmap Brothers, elle recupère les jeux de la société Graftgold (Uridium 2, Fire and Ice), Sensible Software (Sensible Soccer, Cannon Fodder),Factor 5 (Turrican 3) et encore d’autre…Renegade fut racheté en 1995 par Time Warner Interactive et disparaît sous ce nom définitivement l’année suivante.
Cette même année 1991 sort Gods, un beat’em all superbe située dans la Grèce antique. Une intro musicale sublime, comme c’est devenu la coutume, des graphismes fins et colorés. Un scrolling sacadé mais qui n’enlève rien au plaisir du jeu qui dispose d’un gameplay impeccable. Dans la foulée, le studio sort Magic Pocket, qui tourne avec le même moteur que Gods (Scrolling saccadé aussi donc…). Ce dernier ne rencontrera pas le même succès que Gods malgré une réalisation qui tient la route. Il y a 5 niveaux différents : la jungle, les cavernes, le lac, la montagne et l’espace. On peut interagir avec le décor (geler le lac, faire des boules de neige, provoquer des intempéries pour augmenter la flore…). Le jeu est ponctué d’interludes constitués de petits jeux.
En 1992, nouveau coup de semonce avec The Chaos Engine, un beat’em all vu de dessus qui présente l’originalité de jouer à deux en permanence (soit avec l’ordinateur, soit avec un joueur). La réalisation est irréprochable, les graphismes signés encore Dan Malone sont absolument superbes. Cette même année sort l’add-on de Cadaver : The Pay Off
Sa suite intitulée The Chaos Engine 2 sort en 1996 sur Amiga, mais victime du déclin de Commodore, subira un cuisant échec commercial. Le jeu n’étant pas assez innovant pour susciter un réel engouement.
En 1996 toujours, Les Bitmap brothers effectuent un virage, en sortant Z sur PC. Humour décalé pour ce jeu de stratégie qui, à défaut de présenter un gameplay réellement novateur aura eu le mérite de bien marcher d’un point de vue commercial, et c’est tant mieux car la situation économique du Studio à souffert du déclin de l’Amiga et de l’Atari ST. Le studio recrute John Philips (Eliminator et Nebulus) afin de confectionnner un moteur 3D, preuve que le changement est en marche.
Arrive l’année 2000 où les choses on commencé à se dégrader, tout d’abord avec la sortie de Speedball 2100 sur Playstation, qui techniquement se situe tout juste au niveau des productions Playstation du moment. Comble du comble, le jeu n’est pas particulièrement bon et sonne un premier faux pas…
Z2 : Steel Soldiers vient enfoncer le clou. Malgré toute leur bonne volonté et un moteur 3D flambant neuf, les Bitmap Brothers ont du mal à tenir la comparaison avec des studios comme Westwood qui maîtrise beaucoup mieux le genre et le PC.
World War 2 : Frontline sonnera le champ du signe et clôturera bien tristement l’histoire d’un studio pourtant mythique.
On n’a pas beaucoup de nouvelles depuis, leur site Web est toujours en ligne et certains membres de l’équipe ont rejoint Tower Studio (Dirigé par Jon Hare, ancien de Sensible Software) pour la sortie de Speedball 2 : Evolution.

Speedball 2, un de leur plus grand succès!

« Ice cream!!! » Speedball 2, un de leur plus grand succès!

Les jeux :


• 1988 – Xenon

• 1988 – Speedball

• 1989 – Xenon 2: Megablast

• 1990 – Cadaver

• 1990 – Speedball 2: Brutal Deluxe

• 1991 – Gods

• 1991 – Cadaver: The Pay Off

• 1991 – Magic Pockets

• 1993 – The Chaos Engine

• 1996 – The Chaos Engine 2

• 1996 – Z

• 2000 – Xenon 20001

• 2000 – Speedball 2100

• 2000 – Z: Steel Soldiers

• 2003 – World War II: Frontline Command 

8 commentaires

  1. Laurent février 19, 2014 9:15   Répondre

    2 petits commentaires personnels sur ces jeux mythiques.
    Je n’ai jamais compris l’engouement pour Magic Pockets. Le scrolling est non seulement saccadé, mais il est surtout lent, très très lent. Les bruitages sont sympas, mais il n’y a pas de musique, et pas beaucoup d’action… L’intérêt est à 10 années-lumières derrière Gods.

    Chaos Engine était fabuleux, particulièrement au niveau des graphismes (SteamPunk avant l’heure), de l’action parfaitement dosé, et surtout au niveau de la musique. Le volume sonore et le thème variait en temps réel en fonction de l’action, ca donnait un effet immersif exceptionnel.

    C’est triste de voir les créateurs les plus originaux des années 80 qui n’ont pas réussi le passage vers les PC et les Consoles 🙁

    Enfin, la séparation Bitmap Brothers/Mirrorsoft a été imposé par cette dernière qui a fermé subitement. A l’époque, Mirrorsoft appartenait au groupe d’un magnat de la presse, Robert Maxwell, qui avait été connu pour avoir aidé Bouygues à acheter TF1. Robert Maxwell est mort subitement dans des conditions qui restent mystérieuse, et on s’est aperçu que sa gestion était douteuse. Le groupe Maxwell est tombé en quelques semaines.

  2. Blaze avril 30, 2014 7:25   Répondre

    Un petit message juste pour parler de Cadaver.
    Ce jeu est d’une richesse extraordinaire le scénario est succulent et la profondeur de jeu magique Avec Speedball 2 et Maupiti Island il se hisse dans le top 3 de mes jeux préférés sur Atari St

  3. Nicolas mai 1, 2014 8:57   Répondre

    Ahhh, Maupiti Island!!! Vraiment sublime ce jeu…Un de ces quatres je ferais un article sur Lankhor, cet éditeur a vraiment fait de super jeux!!!

    • Blaze mai 1, 2014 9:07   Répondre

      @Nicolas je joue en ce moment à Maupiti et je me mate en parallèle un longplay commenté sur le Manoir de Mortevielle Lankhor nous a vraiment gaté

  4. Nicolas mai 1, 2014 9:13   Répondre

    @Blaze : Sans oublier Vroom!!!
    Le Manoir de Mortevielle, j’ai eu plus de mal. Certes, il y avait la voix, mais je trouvais le jeu moche (Cela n’engage que moi). Je trouvais la palette de couleur vraiment mal choisie. Bien entendu, ce ne fut pas le cas avec Maupiti Island qui était franchement réussi graphiquement^^

  5. Nicolas mai 1, 2014 9:15   Répondre

    Et quel dommage que Sukiya (La suite de Maupiti) ne soit jamais sortis!!!

    • Blaze mai 1, 2014 10:12   Répondre

      Ah oui Sukiya qui aurait finalisé l’arc narratif entamé à la fin de Mortevielle je me souviens encore des images de la preview

      • Nicolas mai 2, 2014 6:36   Répondre

        Bon, c’est décidé, je vais faire un article sur Lankhor^^

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