Vous avez peut-être raté… Black (PS2)

Si on vous parle de Criterion Games, vous penserez probablement à Burnout, le studio s’étant particulièrement illustré à travers ce jeu de course arcade explosif. Mais vous avez peut-être raté le FPS façon Burnout ! C’est ce que Criterion Games a souhaité proposer avec Black. Il s’agit d’un FPS ultra nerveux, sorti en 2006 sur PS2 et XBOX, même s’il a eu la mauvaise idée d’être un peu court.

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Étonnamment, c’est à peu près le seul reproche qui lui ait été fait à sa sortie… Mais ça a suffit à plomber ses ventes et Criterion Games a du s’en retourner jouer aux petites voitures. Et c’est bien dommage !

Pourtant, Black reste l’un des meilleurs FPS auquel j’ai joué. Alors commençons par enfoncer les portes faciles de la critique niaise : oui il est un peu court, oui, il est méchamment bourrin et dépourvu d’IA (ou presque) et non il n’a pas de multijoueurs. Mais nous allons voir que les développeurs ont su intelligemment tirer partie de ces faiblesses.

Une réalisation exceptionnelle

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Les effets de particules étaient saisissants

Tout d’abord, Black est beau, fichtrement beau. Même sur PS2, le titre était capable de rivaliser sans peine avec les premiers jeux PS3 ou XBOX 360. Ces derniers n’ayant pour eux que leur résolution pseudo HD et un effet de brillance à outrance qui donnaient un étrange aspect verni aux décors.

Dans Black, tout est destructible ou presque. On pulvérise les murs avec des effets de particules impressionnants, les classiques bidons rouges et les véhicules explosent dans des gerbes de flammes du plus bel effet.

Enfin, la colorisation sature les tons dorés, atténuant tout le reste, donnant l’impression d’évoluer au cours d’une aube hivernale perpétuelle. Ce choix esthétique permet aussi d’intensifier la présence des armes à l’écran. Surtout les milliers de douilles qui en jaillissent au cours de nos échauffourées.

Des sensations à la Burnout

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Une séquence qui alterne résistance dans un bastion et phases de snipe

Fidèle à sa réputation, Criterion réalise un FPS qui sent bon l’arcade des années 90. Les affrontements sont nerveux et explosifs mais pas forcément dénués de subtilité. Entre assauts bourrins, approche furtive ou élimination à distance, chaque mission offre une variété de situations qui en appelle à l’intelligence du joueur. Surtout dans les niveaux de difficulté élevés où la moindre erreur tactique se solde vite par le Game Over.

Les combats sont ainsi lourds de tension, ce qui renforce leur intensité et donc l’immersion. Mais l’IA basique des ennemis aurait pu gâcher rapidement l’ambiance. Heureusement, le level design, extrêmement bien pensé, parvient à en atténuer les effets. Entre la pression énorme en espace clos qui ne nous laisse pas le temps de mettre les vagues de mobs en défaut et les situations plus ouvertes qui nous demandent de jouer plus discrètement, de surprendre l’adversaire dans ses routines, la faible capacité de l’ennemi de s’adapter à nos mouvements n’a guère le temps de s’exprimer.

Des armes percutantes

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Enfin, Black est le seul FPS jamais sorti qui offre des sensations armes au point aussi puissantes. Les développeurs ont énormément travaillé le rendu visuel et sonore des armes à feu. Effet de flou de l’arrière plan lors du rechargement, éjection des douilles devant nos yeux et flammes en sortie de canon, tout a été réalisé avec minutie. Bruit des douilles au sol, coups de feu, cliquetis des chargeurs, tout l’habillage sonore est saisissant de réalisme. Chaque arme procure un ressenti qui lui est propre. Pourtant, elles exsudent toujours cette sensation de létalité souvent au second plan dans d’autres FPS.

De même, les impacts, les explosions et les décors destructibles renforcent ce sentiment de puissance que nous procure notre armement. Toutefois, on n’a pas l’impression non plus d’avoir affaire à quelque chose de surréaliste.

Une approche narrative qui change

Le pitch du jeu n’est certes pas des plus originaux. On incarne le membre d’un groupe d’intervention secret chargé de retrouver et d’arrêter le leader d’une organisation terroriste paramilitaire en Europe de l’Est. Mais l’approche scénaristique est plutôt bien vue et sème vite le doute quant à l’aboutissement de l’aventure.

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Seul le jeu des acteurs est visible dans les cinématiques

S’inspirant fortement de Usual Suspects, chaque début de mission est présenté par une scène filmée en gros plan sur l’interrogatoire de debriefing de notre personnage. On comprend donc vite que la mission a du mal finir et que nos chefs veulent savoir à qui faire porter le chapeau. Mais petit à petit, au fil des échanges, on se pose des questions. Qui a trahi qui ? Qui est vraiment ce chef terroriste ? Et si finalement c’était l’un des nôtres… voir nous-même ?

Jusqu’au bout, les doutes nous assaillent quant à l’aboutissement du jeu alors que l’on sait depuis le début que tout est déjà écrit. Et même si l’on connaît aujourd’hui toutes les ficelles de ce type de récit, celui-ci est joliment mis en scène et suffisamment bien interprété pour que l’on s’y plonge volontiers.

De la rejouabilité

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Vous êtes souvent aidé d’un coéquipier qui ne fait pas grand chose

Il est vrai qu’un premier run ne vous prendra pas plus de 5 ou 6 heures. Toutefois, il faut préciser que Black se construit autour d’une belle replay value. Entre les objectifs secondaires, les éléments dissimulés à retrouver ou détruire, les armes spéciales cachées et le 100 % de kills à atteindre, il y a de nombreuses raisons de refaire chaque mission. L’ensemble s’apparente presque à un système de scoring qui séduira également les speed runners.

Black est vraiment un FPS que je recommande aux amateurs du genre. Si aujourd’hui ces mécaniques et ficelles ont quelque peu vieilli, il reste vraiment fun à parcourir. Tel le Burnout du FPS, shooter arcade décomplexé mais non dénué de subtilités, il demeure un exemple d’efficacité.


1 commentaire

  1. Freddy juin 18, 2017 10:46   Répondre

    Ahlàlà que je l’aime ce jeu.

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