Abzû – le Journey aquatique

Journey est dans mon top 3 des meilleurs jeux de tous les temps. Lorsque des anciens de That’s Game Company décident de sortir un jeu qu’ils désignent eux-même comme un successeur spirituel de Journey, je ne peux que me jeter dessus. Sauf qu’au fil des annonces, je découvre qu’Abzû se déroule dans les profondeurs marines et que l’on y dirige un drôle de plongeur.
Étant donné la « chiantitude » de la plupart des jeux qui se déroulent sous l’eau, j’ai autant eu peur qu’envie d’y jouer.

 

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Rarement nager s’est avéré aussi agréable

Pour le plaisir de la nage

Ce qui rend les jeux aquatiques ennuyeux, c’est souvent la lenteur excessive du personnage et son inertie maladive. Plus vicieux, il est parfois assez aisé d’avancer et subitement une lourdeur incroyable se fait sentir au moment de remonter ou plonger.
Abzû a su éviter ce piège. En effet, le personnage se déplace de manière fluide, vire facilement et plonge ou remonte avec aisance. Le jeu transmet quand même cette sensation d’évoluer dans cette semi-apesanteur caractéristique. Sauf que l’inertie et les mouvements sont vraiment réussis et ne sont plus un frein à l’exploration. Et pour ne pas trop se trainer, on peut accélérer la nage sans perdre en réalisme.

 

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Un passage techniquement stupéfiant

De la beauté des fonds marins

La direction artistique d’Abzû est magnifique. Si les décors sont relativement vides, c’est pour en faire ressortir une faune et une flore incroyables de vie. En effet, les bancs de poisson pullulent littéralement ! Et il suffit de méditer quelques instants, bien assis sur un rocher, pour avoir une vue des différentes espèces qui vivent autour de nous. On peut aussi s’accrocher à un dauphin ou une tortue pour se laisser promener à travers les algues et coraux colorés. Techniquement, c’est assez impressionnant de voir une telle quantité d’éléments en mouvement.

 

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On sent vraiment l’inspiration de Journey. Trop?

Un univers mystérieux

Mais le coeur du jeu n’est pas uniquement dans la contemplation. Dans Abzû, on remonte les traces d’une civilisation très avancée, malheureusement sans vraiment comprendre le pourquoi du comment.

C’est d’ailleurs là, qu’Abzû échoue à faire aussi bien que Journey. On accroche moins au voyage et on enchaîne la récolte d’artefacts sans vraiment vouloir en apprendre plus. Heureusement, le plaisir de la nage et de l’exploration des fonds marins sont là pour donner envie de progresser. Si la beauté des lieux et l’originalité de certains passages (comme les courants sous-marins) offrent un vrai plaisir, Abzû peine malgré tout à véhiculer de l’émotion dans son récit.

Parfois même, le jeu se révèle trop soucieux de respecter les codes instaurés par son mentor… Du coup, il n’ose pas aller assez loin dans ses mécaniques de jeu, se bridant à une simple collecte de « clefs » là où il devrait proposer des énigmes à résoudre, par exemple. Les courants marins font aussi furieusement penser aux séquences de glisse de Journey. Hélas, on n’y retrouve pas la magnificence visuelle ni la variété des déplacements de celui-ci.

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Les images ne font pas honneur à la beauté de voir tout cela en mouvement

Finalement, je pense qu’Abzû souffre de la comparaison à Journey. Il n’en a pas la magie, ni l’émotion. Et surtout, il n’a pas su se libérer de son influence pour proposer une autre expérience. Une expérience qui lui soit plus personnelle et adaptée au magnifique écrin qu’il nous propose. Dommage, le jeu est sympa, mais pas inoubliable…

 

 


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